Version testée : Nintendo Switch 2
Plates-formes disponibles : PC, Xbox Series, PS5 et Nintendo Switch 2
Genre : Survival-Horror / Action
Prix conseillé : 29,99€ pour Resident Evil 3, 39,99€ pour Resident Evil 2 et 49,99€ pour Resident Evil 4
Date de sortie : 15 octobre 2026
Studio / Editeur : Capcom
Clé fournie par l'éditeur, merci à eux !
Capcom semble bien décidé à faire de la Nintendo Switch 2 une terre d'accueil pour sa licence horrifique phare. Après plusieurs années durant lesquelles les joueurs Nintendo ont dû se contenter de versions Cloud pour découvrir certains épisodes modernes de la saga, l'éditeur japonais passe enfin à la vitesse supérieure avec l'arrivée de Resident Evil 2, Resident Evil 3 et Resident Evil 4, tous trois dans leurs versions remakes. Et autant vous le dire d'entrée de jeu, ces portages sont une franche réussite !
J'avais déjà eu l'occasion de parcourir ces trois aventures sur d'autres machines, mais la perspective de retourner à Raccoon City et de traverser les villages espagnols infestés de créatures en mode nomade avait quelque chose de particulièrement séduisant. Après tout, quoi de mieux que de se faire quelques frayeurs, bien installé sous la couette, avec un casque sur les oreilles et une console entre les mains ? Bonne nouvelle, Capcom a particulièrement bien travaillé ses adaptations, qui n'ont pas à rougir de leurs homologues sur consoles de salon, malgré quelques sacrifices visuels inévitables.
Avant de parler technique, revenons rapidement sur les trois jeux proposés, car même s'ils partagent un moteur graphique et quelques mécaniques, ils offrent des expériences assez différentes, comme nous l'a décrit Sodzounet à l'époque.
Resident Evil 2, sorti initialement dans sa version remake en 2019 (dont l'aperçu est disponible ici), reste à mes yeux l'une des plus belles réussites de Capcom. On y incarne Leon S. Kennedy et Claire Redfield, deux personnages plongés malgré eux dans le chaos de Raccoon City, une ville ravagée par une épidémie transformant ses habitants en zombies. Le commissariat, véritable personnage à part entière, demeure un terrain de jeu absolument formidable, avec ses couloirs inquiétants, ses énigmes et ses raccourcis que l'on débloque progressivement.
Ce second épisode excelle dans sa gestion de la tension. Les munitions sont limitées (même dans sa difficulté la plus simple), les ennemis résistants et chaque rencontre peut rapidement tourner au cauchemar. Ajoutez à cela un certain Mr. X qui prend un malin plaisir à vous poursuivre et vous obtenez un survival horror particulièrement efficace. La réalisation n'a d'ailleurs pas beaucoup vieilli et l'atmosphère est toujours aussi pesante, même lorsqu'on connaît déjà les lieux sur le bout des doigts. Le remake conserve cet équilibre presque parfait entre exploration, affrontements et gestion des ressources. Un incontournable du genre, tout simplement.

Resident Evil 3 prend une direction sensiblement différente . On retrouve Jill Valentine, toujours à Raccoon City, mais cette fois dans une aventure beaucoup plus directe, nerveuse et orientée vers l'action. Le Nemesis, gigantesque créature chargée de traquer les membres des S.T.A.R.S., constitue évidemment la principale menace de cet épisode.
Si j'apprécie toujours autant son ambiance et son rythme effréné, difficile de ne pas regretter certaines décisions prises lors de sa conception (évoqué également par Sodz). Le jeu est assez court, beaucoup plus linéaire que son prédécesseur et plusieurs passages de l'original ont été purement et simplement supprimés (n'ayant jamais fait l'original, je ne fais que rapporter cette information). Le Nemesis, qui aurait pu devenir une menace permanente et imprévisible, se retrouve également trop souvent cantonné à des séquences scriptées. On reste face à une aventure plaisante, portée par une excellente réalisation et des personnages attachants, mais c'est clairement le moins convaincant des trois remakes. Son format relativement condensé se prête toutefois très bien aux sessions nomades (2-3 petites séquences dans le lit avant de dodo et c'était plié).
Enfin, Resident Evil 4 représente une nouvelle évolution de la formule. Cette fois, Leon quitte les rues de Raccoon City pour une région rurale espagnole, où il doit retrouver la fille du président américain, rien que ça. Le jeu délaisse une bonne partie de l'horreur traditionnelle pour proposer une aventure beaucoup plus orientée vers l'action, sans pour autant abandonner les moments de tension.

Et quel plaisir de retrouver cet épisode ! Le remake de 2023 avait déjà réussi à moderniser brillamment un monument du jeu vidéo, avec des combats plus dynamiques, une mise en scène soignée et des environnements particulièrement travaillés. Entre la gestion de l'inventaire, l'amélioration des armes, les affrontements contre des hordes d'ennemis et les passages plus oppressants, l'aventure ne connaît pratiquement aucun temps mort. C'est assurément le plus généreux des trois titres, d'autant que cette Gold Edition comprend notamment l'excellente extension Separate Ways, qui permet de découvrir une autre facette de l'histoire avec Ada Wong. Encore une fois, les aperçus plus complets de Sodz sont disponibles ici et là.
Une Switch 2 qui montre ce qu'elle a dans le ventre
Venons-en maintenant au morceau qui nous intéresse particulièrement : la qualité des portages. Et sur ce point, je dois reconnaître que j'ai été agréablement surpris. Les trois jeux profitent d'un solide 60 images par seconde, ce qui apporte une fluidité particulièrement appréciable, notamment lors des affrontements les plus mouvementés.
Resident Evil 2 et 3 s'en sortent admirablement bien. Le RE Engine, moteur maison de Capcom, démontre une nouvelle fois toute sa souplesse en proposant une réalisation convaincante sur une machine portable. Les personnages conservent une belle modélisation, les environnements restent détaillés et les effets de lumière participent toujours autant à l'ambiance horrifique. Certes, les joueurs habitués aux versions PS5 ou Xbox Series remarqueront quelques différences, notamment sur la finesse des textures, la qualité des ombres ou certains effets visuels. Mais franchement, rien qui ne vienne gâcher le plaisir.

Resident Evil 4 est logiquement celui qui demande le plus de concessions. Plus récent et nettement plus ambitieux techniquement, il pousse davantage la console dans ses retranchements. Les textures se montrent parfois moins précises, certains décors perdent en finesse et quelques effets visuels sont revus à la baisse. On remarque également un rendu un peu moins net sur certains éléments éloignés, particulièrement lorsque l'on joue en mode docké.
Pour autant, le résultat reste impressionnant compte tenu du matériel embarqué. La fluidité demeure au rendez-vous et, surtout, le jeu conserve ce qui fait sa force : une direction artistique remarquable, des combats nerveux et une atmosphère particulièrement réussie. Les concessions graphiques deviennent rapidement secondaires une fois la manette en main, tant le plaisir de jeu reste intact.
Docké ou nomade, chacun y trouve son compte
C'est d'ailleurs l'autre excellente surprise de ces portages : les trois jeux sont parfaitement jouables, aussi bien en mode docké qu'en mode portable. Sur téléviseur, les limites techniques deviennent évidemment plus visibles, surtout si l'on a déjà parcouru ces aventures sur une machine plus puissante. Il ne faut pas espérer retrouver exactement la même finesse d'affichage que sur PS5 ou Xbox Series, mais cela reste tout à fait honorable.
En nomade, en revanche, la magie opère immédiatement. Le format de l'écran contribue à atténuer certaines concessions graphiques et les trois titres conservent une excellente lisibilité. Les commandes répondent parfaitement, les déplacements restent agréables et la fluidité permet de profiter des affrontements sans frustration particulière.

Il faut bien reconnaître que Resident Evil se prête admirablement à ce format, même si la magie opère pleinement une fois qu'on a casque vissé sur les oreilles pour profiter complètement du travail sonore. Entendre les pas d'un zombie dans un couloir sombre, percevoir les bruits inquiétants d'une créature à proximité ou sentir la tension monter grâce aux nappes musicales, tout cela fonctionne merveilleusement bien.
Et puis, il y a ce petit plaisir assez unique de pouvoir lancer Resident Evil 2 tranquillement dans son lit, enchaîner quelques séquences de Resident Evil 3 pendant une pause, ou avancer dans la campagne de Resident Evil 4 sans monopoliser la télé du salon qui peut être utilisé par Madame qui fait un marathon Yellowstone. C'est précisément ce genre de liberté qui fait que je m'éclate sur ces versions Switch 2.
Une excellente porte d'entrée dans l'univers Resident Evil
Avec ces trois portages, Capcom propose une formidable occasion de découvrir ou redécouvrir des épisodes essentiels de sa saga. Resident Evil 2 reste le maître de l'horreur et de l'exploration, Resident Evil 3 offre une parenthèse plus explosive malgré sa durée de vie limitée, tandis que Resident Evil 4 s'impose comme une aventure particulièrement généreuse, aussi spectaculaire que maîtrisée.
Les puristes préféreront probablement conserver leurs versions PC, PS5 ou Xbox Series pour profiter du meilleur rendu possible. Mais pour les joueurs Nintendo, difficile de ne pas se réjouir devant la qualité du travail accompli. Ces portages ne cherchent pas à rivaliser frontalement avec les machines les plus puissantes, mais à préserver l'expérience originale dans un format beaucoup plus flexible. Et sur ce point, c'est une réussite.

Petite précision pour les collectionneurs : les trois titres sont proposés en version dématérialisée à partir du 16 octobre 2026, tandis que les versions physiques arriveront le 29 janvier 2027. Il faudra donc faire preuve d'un peu de patience pour ajouter ces remakes à sa collection en boîte. Un choix discutable, qui devient malheureusement assez récurrent (n'est-ce pas Control Resonant...).
Au final, je ressors particulièrement satisfait de cette trilogie sur Nintendo Switch 2. Malgré quelques compromis techniques, plus visibles sur le quatrième épisode, Capcom livre trois adaptations de très haute volée qui permettent de profiter pleinement de ces excellents jeux en toutes circonstances. Et rien que pour la possibilité de retourner affronter le Nemesis ou Mr. X bien au chaud sous la couette, j'ai envie de dire que le pari est largement réussi !
