Devil May Cry 5: Devil Hunter Edition – Le retour gagnant de Dante
Version testée : Switch 2
Plates-formes disponibles : Version destinée à la Switch 2
Genre : Beat Em' All, Action
Prix conseillé : 39,99€
Date de sortie : 23 juin 2026 - 28 août 2026 pour la version physique !
Studio / Editeur : Capcom
Clé fournie par l'éditeur, merci à eux !

L'anecdote est ultra-connue, mais je vais me faire un plaisir de vous la raconter. À l'origine, la saga initiée par Hideki Kamiya n'aurait même pas dû voir le jour. Alors qu'il planchait sur le quatrième volet de Resident Evil, Capcom souhaitait injecter une grosse dose d'action à sa franchise d'horreur. Seulement voilà : le réalisateur et ses équipes se sont rapidement rendu compte que le chantier s'éloignait beaucoup trop des standards de la marque.
À cette époque, le protagoniste principal, alors baptisé Tony Redgrave (Redgrave City étant la ville natale de Dante, mais aussi celle où se déroule l'action de ce 5ème opus), avait été imaginé comme un mercenaire aux capacités surhumaines boostées par la biotechnologie. Cependant, Shinji Mikami, le grand patron de la série, insistait pour que la star de cet épisode reste Leon S. Kennedy. Pour contenter tout le monde, l'équipe a fusionné les deux concepts en adaptant les traits de Redgrave pour en faire la nouvelle mouture de Leon, ce qui explique aujourd'hui encore la ressemblance physique frappante entre les deux héros. Cette filiation évidente avec le survival-horror a grandement façonné le game design du premier Devil May Cry, notamment à travers ses angles de caméra fixes si particuliers.
Devil May Cry V est donc le dernier de la série, sorti à l'origine en 2019 sur PS4, Xbox One et PC, le jeu avait déjà eu droit à une édition spéciale en 2020 sur les consoles de nouvelle génération (PS5 et Xbox Series donc).
Cette Devil Hunter Edition est une version exclusive à la Switch 2, elle comprend différents ajustements dont nous allons parler dans ce test.
Dante, Nero, V et même Vergil !
La grande spécificité de ce jeu, ce sont ses quatre protagonistes qui proposent des gameplays très différents. L'aventure principale permet d'incarner trois de ces héros, chacun à leur tour et même, en quelques occasions, de choisir son personnage préféré. Cette Devil Hunter Edition offre également la possibilité de jouer Vergil dès le début de la partie, un privilège qu'on obtenait à l'origine en finissant le titre une première fois.
L'histoire commence alors qu'un démon nommé Urizen a fait pousser le Qliphoth, une espèce d'arbre gigantesque, au centre de Redgrave City. Nous commençons alors par incarner Nero, qui souhaite se rendre au cœur des racines pour aider Dante à affronter ce nouvel ennemi. Ce premier affrontement ne se passe pas bien et le jeune homme est contraint de rebrousser chemin. Comme à mon habitude, je ne vais pas m'étendre sur l'intrigue qui reste plaisante à suivre, dans la directe lignée de ce qui a été proposé auparavant dans la série. Le scénario de ce cinquième opus me semble même l'un des plus aboutis, et réserve l'un ou l'autre twist. Certes, les plus attentifs au lore de DMC auront vu venir ces révélations de loin, tellement c'est gros, mais cela reste cohérent et bien amené.

Nous remarquons assez vite que Nero ne dispose plus de son bras droit, qui lui a été arraché avant le début de l'intrigue. Celui-ci contenait le célèbre Yamato, le katana de Vergil. Pour remplacer le membre perdu, il dispose de prothèses mécaniques appelées Devil Breakers. Chaque modèle possède ses propres compétences telles que : envoyer une décharge électrique, projeter son poing, tirer des projectiles à la manière de Mega Man, etc. Nero pourra également s'en servir comme d'un grappin, pour agripper ses adversaires ou se rapprocher d'eux, selon les situations. Enfin, il est aussi possible de briser ces Devil Breakers afin d'infliger des dégâts massifs aux monstres alentour. J'ai d'ailleurs beaucoup apprécié le personnage de Nero, que j'ai trouvé très différent de sa version de Devil May Cry IV. Le personnage affirme enfin sa propre personnalité et ne se contente plus d'être un ersatz de Dante.
Au niveau des combats, c'est ultra fluide et kiffant. Comme d'habitude dans la série, les différents affrontements seront rythmés par des points de style qui nous sont attribués (allant de D à SSS !). Cette note augmente en fonction de votre manière de jouer et demande de maîtriser toute la palette de mouvements à disposition. Attaques à distance, frappes au corps à corps, esquives, tout est bon pour faire grimper la jauge. En fin de niveau, on reçoit une évaluation finale qui déterminera la quantité d'orbes rouges reçue. Ces cristaux sont utiles pour acheter des compétences ou des consommables, ce n'est donc pas à négliger !
Les différents protagonistes ont leur propre style. Si Nero et Dante sont assez proches (grosse épée, armes à feu), ils ont des feelings assez divers manette en main. En effet, si le premier profite de ses différents bras mécaniques, Dante utilise quant à lui un panel d'armes bien plus varié (incluant une moto qui se transforme en double lame, un lance-roquettes, et j'en passe...). Il pourra également se reposer sur son Devil Trigger, sa transformation en démon.

Quant à V... Eh bien, il s'agit pour moi du moins fun à utiliser, mais aussi de celui qui offre le gameplay le plus original. Ce dernier n'a pas la mobilité de ses compagnons et ne se bat pas directement contre les monstres. À la place, il envoie ses familiers combattre pour lui : un oiseau pour les attaques à distance, une panthère pour le corps à corps, et un golem géant lorsqu'il active son Devil Trigger (qui ne le transforme donc pas en créature, contrairement à Dante). En fait, on finit par bourriner les boutons et on obtient le rang SSS sans problème, mais sans réellement comprendre ce que l'on fait. La subtilité cependant, c'est que les ombres de V ne peuvent pas achever les ennemis. Il faudra donc se rapprocher des monstres pour que V puisse les achever à l'aide de sa canne. Il n'est pas facile de gérer la caméra, les déplacements du héros et les assauts de ses invocations en même temps. Ce n'est franchement pas très agréable manette en main. On peut néanmoins saluer l'audace de Capcom, qui aura tenté quelque chose de différent ici. Mais c'est raté.
Quant à Vergil, il est en réalité plus proche de Dante que Nero. Il dispose d'un arsenal d'armes qui ressemble à celui de Dante, mais utilise bien entendu le Yamato.
Du côté des boss, c’est du lourd. Chaque affrontement majeur est un pic d'intensité qui demande de maîtriser son personnage sur le bout des doigts. Les combats ne sont jamais frustrants pour autant : si vous tombez KO, le jeu vous permet de reprendre immédiatement le combat là où vous l'avez laissé. Pour cela, il suffit de dépenser des orbes rouges ou un précieux orbe doré.
Grâce à cette béquille et à la fluidité parfaite du portage, ces duels restent de véritables chorégraphies nerveuses et gratifiantes, sans jamais casser le rythme.
Badass !

Je ne vais pas y aller par quatre chemins, ce portage de Devil May Cry 5 sur Switch 2 est une réussite. Bien qu'il soit moins joli que ce qui est proposé sur les autres plateformes, en partie parce que Capcom a choisi de ne pas intégrer le Ray Tracing, il possède un avantage non négligeable : un 60 FPS constant, que ce soit en mode docké ou en nomade. Le titre bénéficie pleinement du DLSS de NVIDIA et tourne parfaitement sur la console, sans que j'aie pu ressentir le moindre ralentissement. C'est absolument nécessaire face à une expérience où l'action est si centrale. Cette fluidité à toute épreuve permet de rendre justice aux phases de combat du soft en gardant intacte toute la nervosité de ses affrontements ! Sur ce point-là, c'est un 10/10 !
Malgré l'absence de Ray Tracing, le jeu reste joli à regarder grâce à sa direction artistique soignée. On évolue dans différents environnements de type « gothique » et urbain, dévastés par les racines purpurines du Qliphoth. Les jeux de lumière et le design des démons flattent constamment la rétine, tandis que la bande-son rock et industrielle (totalement ma came par ailleurs !) s'énerve en parfaite symbiose avec notre jauge de style, ce qui renforce d'autant plus l'immersion ! Dommage que la seconde moitié de l'aventure recycle un peu trop les mêmes décors de grottes organiques plus ternes (c'est une habitude dans la série), mais l'ambiance générale reste d'une efficacité redoutable pour nous plonger dans ce grand chaos démoniaque.
On apprécie également les cinématiques, dont la mise en scène met en valeur le côté « badass » de chacun de nos héros.
Enfin, impossible de ne pas le mentionner : si cette version Switch 2 inclut tous les DLC (Vergil ainsi que les éléments cosmétiques), elle fait en revanche l'impasse sur le mode « Turbo », qui rend le jeu 20 % plus rapide, et sur la difficulté « Legendary Dark Knight ». Un « oubli » qui chagrinera à coup sûr les plus fervents fans de la licence.






