Version testée : Nintendo Switch 2
Plates-formes disponibles : Nintendo Switch 2
Genre : Aventure / Puzzle
Prix conseillé : 39,99€
Date de sortie : 03/09/2026
Studio / Editeur : Shapefarm / Kepler Interactive
Clé fournie par l'éditeur, merci à eux !
Depuis l'arrivée de la Nintendo Switch 2, j'attendais un jeu qui pourrait me faire passer du temps avec ma moitié et succéder dignement aux pépites de la coopération comme It Takes Two ou, plus niche, Snipperclips. Quand Orbitals a pointé le bout de son nez comme exclusivité Switch 2, la curiosité était forcément de mise. Enfilez vos casques : nous voilà propulsés aux côtés de Maki et Omura, deux jeunes explorateurs spatiaux improvisés bien décidés à sauver leur station orbitale prisonnière d'une tempête cosmique destructrice. Manette en main, la magie opère immédiatement... même si l'aventure aurait mérité de prolonger son escale.

Comme souvent avec ce type de jeu, sa force réside dans ce qu'il permet en terme de gameplay coopératif. Plutôt que d'enfermer chaque joueur dans un rôle rigide tout au long de l'aventure, le titre mise sur des outils interchangeables que l'on sélectionne directement avant chaque virée depuis notre fidèle vaisseau spatial, qui sert à la fois de moyen de transport et de hub central.
Ici, la complémentarité est reine. Quand l'un s'équipe d'un rayon tracteur pour stabiliser une passerelle en ruine ou déplacer des débris, l'autre manie un canon thermique ou un outil de propulsion pour ouvrir la voie. La répartition des tâches n'est jamais figée et force les deux complices à communiquer en continu pour résoudre les puzzles environnementaux. De temps à autre, le cockpit du vaisseau devient lui-même le théâtre de manœuvres d'urgence où il faut se coordonner entre le pilotage, l'activation des boucliers et les tirs de défense, offrant une respiration bienvenue entre deux énigmes.


Point assez important, le jeu s'adresse d'ailleurs à tous les profils grâce à une prise en main immédiate et des réapparitions généreuses qui évitent toute frustration. Ma compagne doit jouer 15-20 heures par an aux jeux vidéo (ce qui est ma moyenne hebdomadaire au bas mot) et pour autant, elle s'en sortait sans trop de difficulté, même si elle a plusieurs fois froncé les sourcils devant ma propension à la backseat (c'est mal, je le sais et je m'en excuse platement) pour lui indiquer quoi faire et avancer plus vite. Pour passer le temps et détendre un peu l'atmosphère, on pourra débloquer divers mini-jeux lors de nos phases d'exploration, pour en profiter une fois de retour dans notre vaisseau.
Le deuxième point fort du jeu, vous l'aurez deviné avec les captures d'écran, c'est sa patte artistique. Shapefarm a fait le choix audacieux d'un style anime rétro fin années 80/ début 90, évoquant immédiatement diverses références de l'animation japonaise, comme Cowboy Bebop ou encore certaines créations des studios Ghibli. Les cinématiques réalisées avec le Studio Massket sont un véritable régal pour les yeux, et les passages vers les phases d'action en cel-shading 3D se font avec une fluidité désarmante.

Techniquement, la Nintendo Switch 2 assure le spectacle sans sourciller. Que ce soit sur le téléviseur ou en mode portable (j'ai essayé 15-20 minutes dans ce mode pour la forme), en local, le jeu conserve une fluidité constante à 60 images par seconde qui rend l'exploration et les phases d'action du jeu très agréable. La bande-son vient parfaire le tableau, oscillant entre un générique d'ouverture digne d'une série animée culte et des nappes planantes qui accompagnent les dérives dans l'espace avec beaucoup de classe. Cerise sur le gâteau, on a le droit à un doublage français intégral de haute volée, avec la présence de la légendaire Brigitte Lecordier, accompagnée des non moins talentueux Amandine Barbier et Victor Niverd.
On pourrait penser qu'on a face à nous un titre à ne manquer sous aucun prétexte, mais il souffre toutefois d'un mal que je n'ai pas vu venir... sa brièveté. En à peine une demi-douzaine d'heures, le générique de fin défilait déjà. Et c'est assez abrupt, puisque c'est aussi le temps où l'on commence à maîtriser les différentes outils à notre disposition et où les énigmes devenaient enfin intéressantes et plus complexes.

On remarque également que les quelques combats de boss et les séquences de tir en vaisseau restent assez basiques et manquent du grain de folie présent dans les phases de plateforme et de réflexion comme on a pu l'avoir avec le récent Split Fiction. Comme la plupart des jeux du genre, la rejouabilité est quasi nulle une fois l'histoire bouclée, et l'addition de 39,99€ peut paraître un peu élevée au regard du temps de jeu.
Orbitals est une vraie bouffée d'air frais dans le catalogue de la Switch 2. Doté d'une direction artistique phénoménale qui fera fondre les nostalgiques de l'animation japonaise à l'ancienne, le titre de Shapefarm réussit brillamment sa formule coopérative grâce à des énigmes malines et une flexibilité d'outils particulièrement rafraîchissante. Reste cette durée de vie un peu trop timide et ses puzzles trop simples qui nous laissent sur notre faim... mais le voyage aux côtés de Maki et Omura vaut le détour si vous avez un camarade sous la main pour partager la banquette.
