The Blood of Dawnwalker – Un vampire déjà incontournable
Console

The Blood of Dawnwalker – Un vampire déjà incontournable

Aidez Coen à sauver sa famille des griffes tranchantes du vampire Brencis dans The Blood of Dawnwalker !

Version testée : PS5 Pro
Plates-formes disponibles : PC, PS5 et Xbox Series
Genre : Action-RPG
Prix conseillé : 69,99€
Date de sortie : 03/09/2026
Studio / Editeur : Rebel Wolves / Bandai Namco Entertainment
Clé fournie par l'éditeur, merci à eux !

Quand The Blood of Dawnwalker a été dévoilé, j'ai d'abord été emballé, avant de prendre un peu de recul en voyant que c''était l'ancien directeur de The Witcher 3 à l’œuvre. Véritable chef d’œuvre pour beaucoup, je dois admettre que le Sorceleur n'a pas réussi à m'emporter dans ses aventures vidéoludiques (alors que j'adore la saga littéraire !), en grande partie à cause de ses combats que je trouve peu passionnants. J'y retournerai un jour (sans doute dès la fin du mois avec le Remaster !), c'est promis, mais en attendant, je dois composer avec le vespéral Coen, un être mi-humain, mi-vrakhir (plus couramment appelé vampire) qui doit sauver sa famille capturée par le vampire auto-proclamé seigneur du coin.

Développé par le studio Rebel Wolves sous la houlette de Konrad Tomaszkiewicz et édité par Bandai Namco, le titre promettait une dark fantasy viscérale et sans compromis au cœur d'une Europe du XIVe siècle ravagée par la peste. Alors, simple redite vampirique de Geralt de Riv ou véritable coup de maître ? Après avoir arpenté la vallée de Sangora une trentaine d'heures, voici mon verdict.


Dès les premières heures, The Blood of Dawnwalker pose une ambiance particulièrement soignée. Vous n'êtes pas un héros invulnérable, mais un jeune homme maudit, coincé entre deux mondes : humain le jour, créature de la nuit une fois le crépuscule tombé. Votre créateur, le seigneur Brencis, retient vos proches en otage et vous accorde une faveur empoisonnée : un sursis de 30 jours pour tenter l'impossible.

Cette mécanique de compte à rebours me faisait un peu peur au début, mais elle s'avère être une des grandes trouvailles du jeu. Contrairement aux open-worlds traditionnels où le sauvetage d'un proche attend patiemment que vous ayez fini de ratisser la carte et effacé chaque vaurien de chaque zone, ici, chaque action consomme du temps précieux. Partir explorer des ruines oubliées ? C'est presque une journée de perdue. Aider un village de bûcherons au lieu de traquer les lieutenants de Brencis ? Quelques précieuses heures; si ce n'est jours... et les conséquences seront lourdes. Le studio a conçu son jeu comme un bac à sable narratif, et la promesse est tenue : il est impossible de tout voir ou de réussir chaque intrigue en une seule partie. Cette urgence constante donne un poids incroyable à chaque choix moral, d'autant plus que l'écriture se révèle être particulièrement soignée !

Je me suis régulièrement retrouvé à parler à des habitants de la région qui me racontaient un peu ce qu'il traversaient (la vie n'est pas toute rose dans ce monde !) et être pris par les sentiments à vouloir aider la veuve et l'orphelin alors que le temps s'écoule lentement, en échange d'un simple merci, de quelques points d'expérience et parfois de l'équipement précieux.

Étant venu avec une méfiance assumée concernant le dynamisme des affrontements, c’est sur ce terrain que j’attendais le jeu au tournant. Et je confesse avoir bien aimé ce dernier !

Le système repose sur une dualité jour/nuit qui change l'approche que l'on a des affrontements (et de certaines activités par ailleurs). Le jour, Coen est un "simple" humain et se bat l'épée à la main. Le feeling est relativement lourd, précis, axé sur la gestion de l'endurance, les parades parfaites et l'utilisation de quelques sortilèges et alchimies qu'on apprend via des manuels et notre arbre de talents. Si l'inspiration CD Projekt est bien là, la nervosité et l'impact des coups sont nettement supérieurs à ce que proposait TW3. On esquive, on dévie au millimètre près, et la moindre erreur face à plusieurs assaillants se paie cash, le jeu étant plutôt ardu dans son mode de difficulté standard.

La nuit, tout change, nos ongles deviennent des griffes, notre regard s'illumine et l'appel du sang prend le pas sur la retenue. Coen gagne en vélocité, peut exploiter la verticalité du décor avec de petites téléportations et la possibilité de marcher sur les murs, il peut user de magie sanguine dévastatrice et lacère ses ennemis avec une brutalité jouissive. Le temps ralentit brièvement lors des esquives parfaites, permettant d'enchaîner des contre-attaques sauvages et de siphonner l'énergie vitale adverse. En dehors des combats, on doit composer avec la faim qui tenaille parfois notre héros et qui va voir ses choix de dialogue changer brutalement à cause de la soif de sang.

Cette alternance empêche toute sensation de monotonie. Mieux encore, elle force à planifier nos assauts : est-ce que l'on préfère infiltrer une forteresse en plein jour pour éviter les gardes vampiriques (en sachant que notre condition d'humain nous fait perdre en puissance), ou lancer l'assaut à la nuit tombée au sommet de votre puissance, quitte à affronter des ennemis plus nombreux et retors ? A vous de trancher ! Je parlais plus tôt de bac à sable, et ça se vérifie via notre capacité à pouvoir tuer n'importe qui si l'envie nous en prend, même des personnages majeurs de l'aventure. Si vous souhaitez affronter le boss de fin dès le premier jour de l'aventure, c'est théoriquement faisable, même si ce sera bien plus ardu, à cause de la cour de Brencis qui est unie et très puissante.

Visuellement, le jeu flatte la rétine. Les jeux de lumière dans les forêts denses des Carpates, la boue des bourgs médiévaux et le rendu des brumes crépusculaires posent un cachet d'une noirceur sublime.

Côté technique, l'Unreal Engine 5 s'en sort plutôt bien, même si on devra composer - une fois n'est pas coutume - avec quelques bugs divers et variés. Sur PS5 Pro, on a droit à 3 modes graphiques, allant du mode Qualité (meilleur rendu avec un framerate cible à 30 FPS) au mode Performance ciblant les 60 FPS qui fait fi de certains détails et atténue sa résolution pour offrir une aventure fluide. Le mode équilibré à 40 FPS est aussi de la partie, offrant un mix des deux. J'ai opté pour ce dernier au début de l'aventure, avant de basculer sur le mode Performance, qui s'avère indispensable pour profiter pleinement des parades et des esquives millimétrées. Quelques chutes de framerate peuvent ponctuellement se faire sentir lors de lourds effets volumétriques nocturnes ou dans les places fortes très peuplées, mais rien qui ne vienne gâcher l'expérience globale et qui ne puisse être réglé par quelques patchs.

La bande-son n'est pas en reste, proposant de très chouettes musiques, de beaux bruitages et, je me dois de le mentionner, une version française qui s'en tire avec les honneurs. J'ai commencé en anglais par habitude, puis j'ai basculé sur la VF qui m'a convaincu et qui m'a accompagné jusqu'à la fin du jeu !

Points forts Points faibles
La dualité jour/nuit qui renouvelle les combats Le timer de 30 jours, qui ne plaira pas à tout le monde
Une ambiance dark fantasy et une direction artistique exemplaire Une technique correcte, mais pas irréprochable, avec des chutes régulières
Des choix narratifs ayant un impact immédiat et perceptible sur le monde Si on ne déverrouille pas les sanctuaires, on se traîne la journée...
Des affrontements percutants et réussis... ... même s'ils s'avèrent parfois un peu brouillons face à plusieurs ennemis

Rebel Wolves ne s'est pas contenté de répliquer ce qui marchait chez CD Projekt : l'équipe a su corriger le tir là où le bât blessait. En dynamisant profondément ses combats grâce à la double nature de Coen et en injectant une vraie tension narrative avec son système de 30 jours, The Blood of Dawnwalker réussit là où j'avais un peu décroché avec le Sorceleur.

Certes, la limite de temps pourra frustrer les explorateurs compulsifs qui aiment nettoyer chaque point d'interrogation sur la carte avant de progresser, mais elle apporte une rejouabilité certaine via le New Game +. Pour un premier galop d'essai, le studio frappe un très grand coup dans le paysage de l'action-RPG occidental et j'ai déjà hâte de retrouver Coen dans une prochaine aventure !

Liens sponsorisés : Gamesplanet ou Amazon