Version testée : Nintendo Switch
Plates-formes disponibles : PC, PS5, Xbox Series et Nintendo Switch
Genre : Aventure narrative
Prix conseillé : 19,99€ (39,99€ en physique)
Date de sortie : 23 juin 2026 (20 octobre pour l'édition physique)
Studio / Editeur : Lifeline Games / Dear Villagers:
Clé fournie par l'éditeur, merci à eux !
Il y a quelques mois, je vous parlais de Deer & Boy et de son charme irrésistible, tout du moins dans sa version PC. Le premier titre du studio français Lifeline Games, édité par Dear Villagers, nous avait séduits par sa sensibilité, son esthétique peinte à la main et l'évolution touchante du lien unissant un jeune fugueur à un faon devenu cerf majestueux. Empruntant les codes de pépites comme Planet of Lana ou Inside, l’aventure s’imposait comme un conte contemplatif marquant. Après quelques mois, le titre débarque en version physique sur console, et le studio nous a envoyé une clé sur Switch pour qu'on puisse l'essayer. L’arrivée d’une telle pépite sur Nintendo Switch semblait couler de source : quoi de mieux que l'écran nomade de la console pour savourer une fable intimiste au creux des draps ? En théorie, pas grand-chose. Hélas, cette version est clairement en dessous et c'est techniquement très compliqué.

Sur le fond, rien n’a changé (mon article est toujours disponible ici). On retrouve avec plaisir cette narration muette qui fait mouche, portée par des compositions épurées au piano et un sound design organique remarquable. La complicité grandissante entre le garçon et son fidèle compagnon fonctionne toujours autant, tout comme la dynamique des énigmes qui s'étoffent à mesure que l'animal prend de l'envergure.
Le bât blesse dès lors que l’on s’attarde sur la forme. Pour faire tourner le moteur sur Switch, les compromis visuels sautent immédiatement aux yeux. La résolution subit une baisse drastique, affublant les arrière-plans d'un flou constant et d'un crénelage prononcé, aussi bien en mode téléviseur qu'en portable. Les superbes jeux de lumière et la finesse des panoramas 2.5D, qui m' impressionnaient régulièrement sur PC, perdent ici l’essentiel de leur superbe et de leur éclat féerique.

Plus fâcheux encore : la fluidité. Deer & Boy souffre sur Switch de ralentissements constants et de chutes de framerate particulièrement violentes, et ce même sur la Switch 2, qui peut techniquement améliorer les jeux de la première console. Dès que la mystérieuse matière sombre envahit l’écran ou que les effets de particules s’accumulent dans les forêts, l'action devient saccadée. Ce manque criant de stabilité nuit directement au gameplay. Le titre souffrait déjà à l'origine d'une légère latence à la manette ; combinée à un taux d'images par seconde erratique, elle transforme certains sauts millimétrés et séquences d’esquive en véritables moments de frustration.
Les développeurs ont pourtant déployé plusieurs correctifs depuis le lancement pour tenter de redresser la barre. Si quelques bugs bloquants ont disparu, les soucis structurels de performance restent omniprésents. Le moteur semble tout simplement trop lourd pour la vieille console hybride de Nintendo.

Deer & Boy demeure une œuvre sincère, magnifiquement écrite et dotée d’une âme indéniable. Pourtant, cette déclinaison Switch se vautre techniquement et gâche une grande partie de la magie du voyage. Les patchs successifs ne suffisant pas à sauver les meubles, il est bien difficile de recommander cette version. Pour découvrir l'épopée de ce duo dans les conditions qu’elle mérite, je ne peux que vous conseiller vivement de vous tourner vers les versions PC, PS5 ou Xbox Series, ou d'attendre une version native Nintendo Switch 2.
