Gamescom 2026 – Alice Goes to Wonderland
High-Tech

Gamescom 2026 – Alice Goes to Wonderland

Alice Goes to Wonderland veut offrir les sensations d’un vrai flipper mécanique dans un format plus adapté à la maison.

À la gamescom 2026, Wonderland Amusements présentait Alice Goes to Wonderland, un flipper mécanique conçu pour le marché domestique. L'idée est assez simple à résumer. Conserver une vraie bille en acier, des batteurs, des bumpers, des rampes et du multiball, mais dans une machine plus petite et moins chère qu'un flipper commercial.

J'ai pu l'essayer, puis regarder sous le plateau, ce qui a permis d'aller un peu plus loin que la simple démonstration.

Plusieurs membres de Wonderland Amusements ont participé à la création d'Arcade1Up, même si mon interlocuteur à Cologne ne faisait pas lui-même partie de cette équipe. Il a donc préféré ne pas répondre aux questions qui portaient sur cette période plutôt que de parler au nom des personnes concernées. En revanche, il connaissait bien Alice Goes to Wonderland puisqu'il avait déjà monté la machine, joué dessus et travaillé sur sa présentation.

Le format est l'un des premiers éléments qui surprend. Wonderland a retenu une échelle d'environ 80 % par rapport à un flipper commercial et une bille en acier de 22 mm. Les mécanismes ont été réduits avec elle afin de conserver les proportions du plateau. À ma question sur la façon dont ce chiffre de 80 % avait été déterminé, mon interlocuteur n'avait pas la réponse. Il ne savait pas si Wonderland avait testé plusieurs tailles avant de trouver le bon compromis.

À l'essai, ce format m'a paru bien choisi. La machine reste assez grande pour retrouver la position de jeu d'un flipper debout sans occuper autant de place qu'un modèle commercial.

Le point central reste que l'on joue sur un vrai plateau. La bille ne flotte pas sur un écran et les réactions ne sont pas simulées par un moteur de physique. Elle frappe des éléments mécaniques, descend les rampes et repart sous l'action des batteurs. Le numérique sert à gérer les règles, les scores, les animations, l'éclairage et les mises à jour, mais il ne remplace pas la mécanique. C'est cette différence que Wonderland cherche à mettre en avant face aux tables de flipper virtuelles destinées au salon.

Le jeu lui-même reprend l'univers d'Alice au pays des merveilles. Il faut progresser à travers des défis confiés par des personnages comme le Chapelier fou, le Chat du Cheshire ou le Lapin blanc, déclencher des missions, viser les rampes et ouvrir les séquences de multiball. Le plateau est dense sans abandonner les codes classiques du flipper. On retrouve les slingshots au-dessus des batteurs, les bumpers dans la partie haute, plusieurs trajectoires guidées par des rails et un petit écran qui accompagne les scores et les séquences de jeu.

À ma question sur l'endroit où Wonderland avait réduit les coûts, la réponse portait surtout sur la fabrication. Mon interlocuteur évoquait une production en Chine tout en insistant sur une construction qui reste basée sur du bois et de l'acier. La fiche actuelle du modèle précise un plateau en contreplaqué, une caisse et un fronton en MDF ainsi que des pieds en acier. L'approche reste donc celle d'un véritable flipper mécanique réduit à environ 80 %, avec une fabrication pensée pour maintenir le tarif bien en dessous de celui d'une machine commerciale.

C'est devenu beaucoup plus concret lorsque la machine a été ouverte. Sous le plateau, les mécanismes des batteurs et des bumpers sont faciles à repérer. La carte principale peut être déposée en retirant quelques vis et connecteurs. Plusieurs éléments sont conçus pour être remplacés sans devoir démonter tout le flipper. Lors du montage, quelques prises relient les batteurs à une petite carte, puis l'alimentation et les nappes remontent vers le reste de l'électronique.

Mon interlocuteur avait déjà possédé un flipper traditionnel. Il m'expliquait avoir été surpris par la simplicité d'Alice lorsqu'il avait découvert l'intérieur. Une machine commerciale peut accumuler beaucoup plus de mécanismes, de câbles et de pièces fragiles sous le plateau. Ici, l'ensemble est plus dépouillé. Il suggérait même à Wonderland de fournir quelques élastiques de rechange avec chaque machine. Ces pièces finiront par vieillir et se fissurer, alors que leur remplacement ne coûte presque rien et reste accessible à un propriétaire.

Ce côté démontable ne me fait pas peur. J'aime bien ouvrir et comprendre le fonctionnement de ce type de machine. Mais tout le monde n'a pas envie de mettre les mains dedans, et c'est là que l'approche modulaire prend son sens. Un propriétaire doit pouvoir remplacer une pièce sans posséder l'expérience d'un exploitant de salle d'arcade.

Cette question de l'entretien rejoint celle de la fiabilité. Au moment de la gamescom, Alice n'était pas encore entre les mains d'assez de joueurs pour tirer des conclusions sur son vieillissement à long terme. Mon interlocuteur n'avait pas connaissance d'un défaut récurrent sur les batteurs ou les bumpers. Il expliquait aussi que les prototypes avaient connu plusieurs révisions afin de corriger les problèmes identifiés avant la production.

Il connaissait en revanche un souci rencontré sur certaines premières machines. Des plateaux avaient tendance à se bomber. Wonderland avait modifié la construction et adopté un laminé plus rigide pour maintenir le plateau à plat. Mon interlocuteur pensait que le stockage en Chine, la chaleur ou le temps passé dans les caisses pouvaient avoir joué un rôle, mais il présentait bien cela comme une hypothèse. Le problème lui-même avait été identifié et une modification avait été apportée.

Le service après-vente faisait partie des autres sujets que je voulais aborder, car une machine mécanique finit par demander un minimum d'entretien. À Cologne, Wonderland travaillait encore sur sa distribution européenne. L'idée était de s'appuyer sur des partenaires qui connaissent déjà les flippers, capables de stocker des pièces et d'assurer un support local. Les discussions évoquées sur place concernaient entre autres la France, la Belgique, les Pays-Bas, le Luxembourg et l'Espagne. L'Allemagne et l'Autriche restaient à couvrir à ce moment-là.

La situation a avancé depuis la gamescom. Arcadro est devenu le distributeur officiel de Wonderland Amusements en Europe et sert de premier point de contact pour le dépannage, la garantie et les pièces de remplacement. La première précommande européenne porte sur 150 machines et concerne une version 2.0 qui intègre des améliorations apportées après le lancement américain. Elle était proposée à 1 399 euros TTC au lieu de 1 499 euros, avec une livraison annoncée pour novembre 2026. Cette première série est désormais indiquée comme épuisée.

Cette évolution répond à plusieurs questions soulevées lors du rendez-vous. L'exemplaire présenté à Cologne était déjà configuré pour le 230 V, alors que les machines vendues aux États-Unis utilisent du 120 V. Wonderland savait aussi que la garantie et les obligations réglementaires européennes ne pouvaient pas être traitées comme sur le marché américain. Le passage par un distributeur local était donc une étape importante pour vendre la machine en Europe sans demander aux acheteurs d'importer eux-mêmes un produit prévu pour un autre marché.

Le montage mérite aussi d'être pris en compte. Mon interlocuteur avait assemblé l'exemplaire de la gamescom dans un couloir du salon, avec les contraintes du montage des stands et les chariots élévateurs qui circulaient autour de lui. Il lui avait fallu environ une heure et demie. Ce n'est pas un temps à prendre comme référence pour un premier montage. Pour la version européenne, Arcadro recommande de prévoir quatre à six heures et de travailler à deux. La machine pèse autour de 57 kg une fois assemblée.

Le prix explique une bonne partie du positionnement de Wonderland. Aux États-Unis, Alice Goes to Wonderland est actuellement affiché à 999 dollars dans sa finition Silver, avec un tarif habituel de 1 099 dollars. Un flipper commercial neuf se situe dans une autre catégorie de prix et même le marché de l'occasion peut vite représenter plusieurs milliers d'euros. Pendant notre discussion, je faisais remarquer qu'à ce niveau de prix, je pouvais envisager plusieurs petites machines à la maison plutôt qu'un seul modèle commercial. C'est l'espace que Wonderland cherche à occuper entre le flipper numérique et la machine traditionnelle.

Le constructeur ne s'arrête pas au matériel de base. Alice dispose d'une connexion Wi-Fi qui permet de recevoir des mises à jour logicielles et de gérer les scores locaux et globaux. Wonderland a continué à faire évoluer le code après les premières livraisons, avec des ajustements sur les règles, l'audio, l'interface et certaines séquences. Pendant le rendez-vous, mon interlocuteur insistait surtout sur le fait qu'une mise à jour pouvait être installée sans rapporter la machine chez un distributeur.

Des accessoires permettent aussi de faire évoluer la présentation. La machine de base utilise certaines décorations plates qui peuvent être remplacées par des sculptures en trois dimensions. Le Chat du Cheshire, le Chapelier fou et d'autres éléments du plateau disposent de variantes, avec aussi des toppers et des kits d'éclairage. Le modèle bleu exposé à la gamescom était lui-même une finition que mon interlocuteur découvrait sur place.

Un autre retour inattendu était apparu pendant le salon. Mon interlocuteur me racontait qu'un journaliste ayant une mobilité très limitée des mains avait pu jouer à Alice en utilisant les commandes d'une autre manière, alors qu'il doit recourir à un contrôleur adapté pour jouer aux jeux vidéo. Cette accessibilité n'avait pas été pensée comme une fonction du produit. Mon interlocuteur m'expliquait avoir transmis ce retour à l'équipe de Wonderland, sans présenter pour autant cette expérience comme une fonctionnalité annoncée. Un contrôle reposant sur deux boutons latéraux peut donc se prêter à des usages qui n'avaient pas été anticipés lors de la conception.

Wonderland prépare déjà une seconde machine avec Teenage Mutant Ninja Turtles: Battle in the Sewer. J'ai demandé si elle allait plus loin qu'un changement de thème par rapport à Alice. Mon interlocuteur a préféré ne pas répondre. Il n'avait joué au prototype qu'une dizaine de minutes et ne connaissait pas assez son plateau pour détailler les différences. À la gamescom, il s'agissait encore d'un prototype. Depuis, Wonderland a ouvert les précommandes de Teenage Mutant Ninja Turtles: Battle in the Sewer, tout en indiquant que la machine reste en développement. Le constructeur précise que l'illustration, le gameplay, les fonctions, l'emballage et les caractéristiques peuvent encore évoluer avant la version finale.

Le concept d'Alice Goes to Wonderland est donc assez facile à comprendre une fois devant la machine. Wonderland ne cherche ni à miniaturiser le flipper jusqu'au jouet de table, ni à remplacer la mécanique par un grand écran. Le choix d'une échelle proche de 80 % permet de conserver une vraie position de jeu, une bille en acier et des mécanismes physiques, tout en abaissant le prix et l'encombrement. La contrepartie reste celle de tout produit mécanique. Il faudra voir comment les machines vieillissent et comment le support européen se comporte lorsque davantage d'unités seront en circulation.

Si vous envisagez la version européenne, quelques précautions ressortent de cette présentation. Prévoyez deux personnes et plusieurs heures pour le montage. Prenez le temps de régler les pieds afin de mettre le plateau de niveau. Les mécanismes utilisent des pièces adaptées à cette échelle, il vaut donc mieux vérifier leur compatibilité avant d'installer un élément provenant d'un flipper commercial. Connecter la machine au Wi-Fi permet aussi de récupérer les mises à jour du code de jeu et de profiter du suivi des scores. Enfin, garder quelques pièces d'usure simples sous la main, comme des élastiques adaptés, évitera de devoir attendre une commande pour une intervention mineure.

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