Il n'y a pas que des jeux à la Gamescom : des technologies sont également présentées. J'ai donc eu la curiosité d'aller voir ce qu'était BASH, une technologie de manette pas comme les autres présentée pour la première fois au public pendant cette gamescom 2026…
Et j'ai donc pu discuter avec Grayson Zeng, le créateur de BASH et PDG de l'entreprise Axisray Lab qu'il a fondée pour mettre ce matériel sur le marché.
Mais avant de parler de BASH, parlons d'abord du pourquoi. Joueur essentiellement sur PC, Grayson était plutôt clavier et souris avant que Steam ne lance la compatibilité manette dans son environnement. Il l'a essayée et n'était vraiment pas convaincu du feeling ni de sa précision par rapport à une souris. Sans compter les problèmes de drift des joysticks qui l'ont rapidement gêné ! Il a donc essayé de développer une manette capable de proposer de quoi combler toutes ces lacunes et, après des années de R&D, BASH est né.
Pendant que nous parlons, Grayson me fait essayer un des modèles ayant, ma foi, une bonne prise en main. Mais c'est l'absence de joystick qui marque le plus. À la place, une sorte de gomme souple noire qui contraste pas mal avec le beige kaki de la manette, plutôt ergonomique. La première démo technique demande de pincer l'excroissance droite comme on le souhaite, ce qui retranscrit le pincement sur le canard en plastique presque parfaitement de la manière où je pince la gomme. Mais l'absence de perfection semble venir de la modélisation du canard en plastique. On passe à une démo FPS où le personnage se trouve sur un stand de tir et doit tirer sur des balles qui vont se déplacer une fois touchées. Les gestes sur la gomme gauche comme droite me perturbent quelques secondes avant de prendre le coup de main et… c'est que c'est vraiment mieux qu'un joystick, dites donc ! J'ai eu un peu l'impression de manipuler une souris, mais avec une manette, rendant mes mouvements plus réactifs et ma visée plus précise, plus rapidement et je me voyais déjà être encore plus performant sur des jeux comme Marvel Rivals.
Le créateur déplore cependant que bien qu'ils aient essayé de la rendre résistante, et elle l'est à un certain degré, la gomme des manettes en démo a fini par se déchirer alors qu'elle était neuve avant le salon et que les mouvements délicats et légers sont tout autant efficaces que les violents mouvements que peuvent asséner les gens sur leurs joysticks. Ils cherchent donc actuellement à la rendre plus durable sans perdre de sa qualité et en attendant il profite de me montrer le deuxième effet kiss kool de la manette : les modules de gomme peuvent s'enlever, partie droite comme gauche pour changer de gomme ou mettre un accessoire. Ils ont prévu plusieurs accessoires à imprimer avec une imprimante 3D et dont les patrons et gabarits seront mis à disposition gratuitement. Rien n'empêchera donc, par exemple, de créer ses propres accessoires ou d'améliorer ceux existants. Il en profite pour me montrer un des accessoires : un volant de voiture qu'il a placé sur une des manettes branchée sur une machine qui faisait tourner un jeu de voiture. Le volant est bizarre à utiliser, mais répond bien. Perso, j'ai trouvé la maniabilité idéale avec les doigts au-dessus du volant (placé face à moi comme un volant de voiture) et de faire comme si on vissait ou dévissait. Le véhicule répond très bien, mais de cette manière, la prise en main globale est compliquée à cause de la manière de tenir la manette. Lui, l'utilise comme une molette avec de la résistance et c'est pas trop mal, mais moins précis que ma méthode. Il va falloir que quelqu'un trouve un juste milieu.
Mais comment ça fonctionne et pourquoi cela fonctionne avec une efficacité et précision similaire à une souris ?
Comme les manettes sont pensées avec une approche modulable, les modules sont donc démontables. Il en enlève un et le retourne pour me montrer le secret et… le secret n'est pas dans la gomme ! En effet, lorsqu'un module est installé, un faisceau laser va être dirigé sous le module qui est équipé de capteurs (j'ai cru en compter 7), permettant ainsi de décoder le mouvement de la surface souple sous la gomme par logiciel. En gros, pensez un peu à une souris inversée : sur une souris, vous déplacez un faisceau laser sur une surface, ce qui provoque le mouvement du curseur alors qu'avec le BASH, vous déplacez et/ou modifiez la gomme qui sert ainsi de support au laser, ce qui retranscrit via le firmware, un mouvement quasi similaire à celui provoqué par une souris.

Du coup, après avoir montré comment cela fonctionne, une question évidente en tant que joueur console me vient en tête : quid de la détection anti-cheat des jeux et des consoles avec ce genre de manette ?
Le signal envoyé est un signal de manette et non de souris et l'accessoire reste bien évidemment une manette, rassure Grayson. Le créateur de la technologie conçoit cependant que sa technologie pourrait pas mal déséquilibrer les parties entre gens qui utilisent une BASH de ceux qui ont des manettes traditionnelles. Il est d'ailleurs en conversation avec les constructeurs de consoles pour gérer ce genre de choses, mais ne donne pas de détails car les discussions n'en sont qu'au début. Serait-ce une technologie envisageable pour les futures manettes officielles constructeurs ou est-ce que ces manettes seront bien homologuées sur consoles ?
Seul l'avenir nous le dira, mais en attendant, les premiers exemplaires devraient être mis sur le marché pour PC d'ici la fin de l'année à un prix d'entrée de gamme aux alentours de 200$. Il existera plusieurs modèles de manettes dont une programmable avec 4 boutons/gâchettes sur le dos, un peu à l'instar des manettes dites pros. La sortie des manettes BASH sur console arrivera par la suite, mais aucune date n'est encore fixée. Cela dépendra de la manière dont vont évoluer les échanges avec les constructeurs de machines.

