Resonance – A Plague Tale Legacy : Une revisite du mythe crétois qui invite à l’aventure
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Resonance – A Plague Tale Legacy : Une revisite du mythe crétois qui invite à l’aventure

Asobo Studio offre un préquel à sa série A Plague Tale, où l'on suit les aventures de la pillarde Sophia, en quête de trésors et de vérités !

Version testée : Playstation 5 Pro
Plates-formes disponibles : PC, PlayStation 5, Xbox Series S|X
Genre : Action-Aventure
Prix conseillé : 49,99€
Date de sortie : 27 août 2026
Studio / Editeur : Asobo Studio / Focus Entertainment
Clé fournie par l'éditeur, merci à eux !

Après avoir exploré la noirceur poisseuse de la Guyenne médiévale et suivi jusqu'à l'épuisement émotionnel le calvaire de la fratrie de Rune, pouvait-on imaginer un jour la licence A Plague Tale délaisser ses hordes de rongeurs affamés pour les rivages ensoleillés de la mer Égée ? C'est pourtant le virage osé qu'emprunte Asobo Studio avec Resonance: A Plague Tale Legacy. Loin de n'être qu'un simple dérivé opportuniste, ce préquel choisit de braquer ses projecteurs sur Sophia, la contrebandière au grand cœur introduite dans Requiem. Une escapade insulaire d'une douzaine de chapitres qui troque la fuite désespérée contre une véritable quête au trésor aux accents mythologiques. Manette en mains, le voyage tient-il toutes ses promesses ?


A écouter pour accompagner la lecture !

Bien avant de croiser la route d'Amicia et Hugo, Sophia se traînait déjà avec un lourd fardeau. Marquée au fer rouge durant sa jeunesse par la mort brutale de son père, la jeune femme s'est endurcie au fil des abordages et des coups durs, développant un cynisme de façade pour masquer son grand cœur. Sa tribu de pillards est en quête d'un trésor inestimable enfoui dans les entrailles de la Crète depuis des années, ce qui a coûté la vie à de nombreux hommes, dont Alec, son père. C'est Faro qui éduque donc la pillarde mais qui prend la quête du trésor trop à cœur, forçant sans succès Sophia à lui révéler le contenu de ses visions qu'elle a depuis toute petite. Après un pillage raté, elle n'hésite pas une seule seconde et part avec sa grande amie en quête du Trésor si convoité. Mais ce qui devait être une fructueuse expédition archéologique vire rapidement au cauchemar ésotérique.

Le scénario prend une tournure inattendue en reliant le passé de Sophia aux sombres expérimentations de l'Église. Victime dans son enfance d'injections clandestines imposées par des dignitaires religieux fanatiques, l'héroïne est intimement liée à la figure tragique de Thésée. Cette connexion mystique lui permet d'entrer en résonance avec certains artefacts crétois pour revivre des souvenirs enfouis du passé.

Ces projections spectrales ne constituent pas un simple artifice narratif : elles deviennent le moteur de notre progression. En observant les gestes des héros d'autrefois, on débloque des passages scellés, on comprend l'architecture antique et on glane de précieux indices sur la bête sanguinaire qui rôde sur l'île. Ce que Resonance perd en détresse viscérale des épisodes canoniques, il le gagne en souffle épique, transformant la traque en un jeu de piste captivant où l'histoire antique se heurte aux dérives occultes de l'Inquisition.

Disons-le sans détour : le saut graphique franchi par Asobo saute aux yeux dès les premières minutes de jeu. Il y avait un gap avec Requiem déjà, c'est encore plus fragrant ici. Fini les ruelles boueuses et les charniers putrides de Provence. Resonance déploie une Crète lumineuse, bordée d'eaux turquoise et de falaises calcaires vertigineuses. La direction artistique frappe fort, offrant des panoramas à couper le souffle, baignés par une lumière rasante d'un réalisme saisissant.

Le nombre de particules affichées à l'écran force le respect. Qu'il s'agisse de la poussière bleutée qui nous suit, des flammèches virevoltantes des brasiers ou de la miasme noire mystique dans les intérieurs, la densité visuelle est tout simplement bluffante.

Sur PlayStation 5 Pro, le mode Performance se montre convaincant dans la majorité des situations, garantissant un confort de jeu très appréciable lors des séquences d'exploration. En revanche, le moteur accuse encore quelques baisses de fluidité notables lorsque trop d'éléments, de particules et d'ennemis s'accumulent simultanément à certains moments, ou lors de quelques courses-poursuites.

La technologie PSSR (PlayStation Spectral Super Resolution) vient affiner l'image de manière impressionnante, conférant un niveau de détail saisissant aux textures minérales et aux vêtements. Toutefois, tout n'est pas parfait : un curieux effet de flou vient parfois parasiter l'action lors des mouvements brusques de caméra. Plus agaçant encore, un petit bug réinitialise l'option à chaque redémarrage du jeu, obligeant à repasser par le menu des paramètres pour la réactiver. Nul doute que ce sera corrigé d'ici la sortie... en tout cas, ça permet de bien voir la différence entre le mode classique TAA et ce fameux PSSR.

En abandonnant la fronde d'Amicia pour les armes de Sophia, le titre gagne instantanément en dynamisme. Fini la jeune fille sans défense contrainte de fuir (en tout cas, contre les soldats !) : Sophia sait se battre, et le système de combat a été intégralement repensé pour refléter ses talents de pillarde aguerrie.

Le panel de coups est bien plus varié qu'auparavant. On esquive, on pare avec notre lame, on tranche à la dague et l'on doit même parfois combiner nos attaques avec une sphère multitâche dont je tairai les secrets pour ne pas trop divulgâcher. La progression abandonne également les établis classiques au profit d'artefacts antiques à dénicher aux quatre coins de l'île.

Ces artefacts ont le mérite d'apparaître directement sur notre héroïne : perles ouvragées tressées dans sa chevelure, anneaux gravés ou bracelets ornant ses poignets. Voir Sophia s'équiper physiquement de ses trouvailles au fil de l'aventure apporte une satisfaction visuelle indéniable et motive à s'écarter du chemin "balisé" pour obtenir tous ces éléments, et autres collectables dont nombre de jeux d'aventures a le secret.

Malheureusement, tout n'est pas encore irréprochable manette en mains. Le système de combat manque par moments de précision. Les fenêtres de blocage et de contre s'avèrent parfois capricieuses en raison d'animations ennemies difficiles à anticiper. Cette rigidité devient particulièrement frustrante lors de certains combats de boss : la lisibilité des attaques adverses y est compromise, transformant des duels épiques en séances d'essais-erreurs un brin crispantes. Si cela vous agace trop, vous pourrez ajuster la difficulté, voire même opter pour certains paramètres d'accessibilité qui vont jusqu'à rendre invincible Sophia.

Avec une durée de vie d'environ 11 heures réparties sur 12 chapitres, Resonance adopte un rythme resserré qui ne laisse que très peu de place à l'ennui. Le titre assume pleinement son héritage de grand jeu d'aventure à la troisième personne, lorgnant à présent avec des références du genre comme Uncharted ou les récents Tomb Raider.

L'exploration fait la part belle aux escalades vertigineuses le long des falaises côtières, aux traversées de ponts suspendus menaçant de s'effondrer et à la visite de sanctuaires oubliés. Les énigmes environnementales sont nombreuses, demandant souvent de jongler entre jeux d'ombres, miroirs réfléchissants et résonances du passé pour faire pivoter d'immenses mécanismes minoens.

Si ces puzzles s'intègrent admirablement à l'univers, ils restent dans l'ensemble assez simples. Les habitués des casse-têtes retors n'y trouveront pas de grand défi intellectuel, la solution sautant généralement aux yeux en quelques secondes (et si vous galérez, vos compagnons d'aventure pourront d'une simple pression vous donner une piste à suivre). Ce choix privilégie l'avancée fluide de l'histoire, mais empêche le titre d'atteindre le génie de certains grands maîtres de l'énigme archéologique.

Si je devais émettre un petit reproche, c'est peut-être le nombre de courses poursuites avec l'une des créatures du jeu qui sont un poil trop nombreuses et parfois un peu longuettes, ternissant un peu l'aura folle qui émane du monstre. Car oui, même si je ne vous divulguerai pas la nature de ce dernier, sachez qu'Asobo a réussi avec brio à remplacer la menace des hordes de rats.

Enfin, impossible d'évoquer Resonance sans consacrer un paragraphe à son enrobage musical. Une fois de plus aux commandes, le compositeur français Olivier Derivière livre une prestation magistrale, se hissant sans difficulté parmi les meilleures bandes-son de l'année.

Laissant de côté une partie des violoncelles stridents qui caractérisaient l'oppression de la peste, Derivière incorpore des sonorités traditionnelles méditerranéennes faites de cordes pincées, de flûtes anciennes et de percussions organiques lourdes. Dès qu'un affrontement éclate ou qu'une vision mémorielle s'enclenche, les cuivres et les tambours montent en puissance avec une intensité folle. Et quand les voix s'en mêlent, nos oreilles vibrent de plaisir. J'attends avec une impatience dévorante l'arrivée de la bande-son sur les plateformes musicales.

Points forts Points faibles
Des panoramas sublimes Des énigmes très simples
Un gap technique de franchi (ces particules boudiou !) Quelques chutes de framerate, en mode perf comme qualité
Sophia, une héroïne forte et charismatique Effet flou curieux (et temporaire) avec le PSSR actif
Cette bande-son... l'une des meilleures de l'année, assurément !

J'étais légèrement craintif à l'idée de lancer Resonance: A Plague Tale Legacy , craignant que le préquel ne parvienne pas au niveau des deux autres jeux. Pourtant, il y parvient avec brio. En envoyant Sophia arpenter les ruines antiques de Crète, Asobo Studio montre une fois encore qu'il excelle pour créer des personnages féminins forts et attachants. Le changement géographique est aussi salutaire, offrant une parenthèse lumineuse et palpitante qui insuffle un vent de fraîcheur salutaire à la franchise, tout en offrant des paysages de désolations travaillés et angoissants. Visuellement somptueux, rythmé comme un grand film d'aventure et sublimé par la partition impériale d'Olivier Derivière, le jeu compense ses quelques imprécisions de combat et sa technique perfectible par un sens du spectacle omniprésent, tout en étoffant un peu l'univers de la licence. Une belle réussite de 11 heures qui prouve que l'univers d'A Plague Tale a encore de superbes légendes à nous conter.

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