Demons’ Night Fever – Un jeu dans le jeu pour la réincarnation du mal
Console

Demons’ Night Fever – Un jeu dans le jeu pour la réincarnation du mal

Demons' Night Fever est un jeu tactique où, au lieu de gérer votre équipe aux petits oignons, le personnage principal peut sacrifier ses alliés pour aller détruire les personnages adverses.

Version testée : PS5
Plates-formes disponibles : PC, PS5, Switch
Genre : Tactique
Prix conseillé : 39,99 €
Date de sortie : 21 octobre 2026 (PC), 22 octobre 2026 (Switch)
Studio / Editeur : Drecom Co., Ltd. / Arc System Works
Clé fournie par l'éditeur, merci à eux !

Prenez le délire tactico-absurde d’un Tactical-RPG à la japonaise façon Nippon Ichi Software, injectez-y la gestion de calendrier au couperet popularisée par la licence Persona, et vous obtenez Demons' Night Fever. Développé par un studio indépendant qui réunit des vétérans ayant notamment fait leurs armes sur la saga culte Disgaea, le titre débarque sur PC via Steam avec une proposition hybride intrigante.

Sur le papier, le cocktail a tout pour séduire les amateurs de theorycrafting et de stratégie au tour par tour : progression non linéaire, arbres de talents gargantuesques et boucles de réincarnation des personnages pour essayer de créer les armes (sbires) parfaites.

Un jeu dans le jeu, entre déesse déchue et humour décomplexé

Le pitch de départ surprend par son approche méta : dans Demons' Night Fever, vous évoluez littéralement au sein d’un jeu dans le jeu. Votre mission n'a rien de chevaleresque : vous incarnez le champion du chaos chargé de ressusciter une divinité du mal scellée dans un corps de chat. Évidemment, les forces divines et le dieu en place ne l'entendent pas de cette oreille et dressent des ennemis contre vous et notamment des personnages de votre passé douloureux.

L'intrigue sert avant tout de prétexte à un défilé de situations parodiques et de répliques cinglantes. L'histoire globale se laisse suivre sans déplaisir grâce à un fil conducteur clair découpé en plusieurs chapitres distincts, mais le traitement des dialogues pose question. Le titre assume une écriture souvent très crue, parsemée d'allusions salaces et de sous-entendus érotiques particulièrement insistants. Même si le jeu affiche une classification PEGI 12, cette surenchère permanente de blagues grivoises finit par paraître forcée et parfois malvenue, venant alourdir des échanges qui auraient gagné en mordant en restant focalisés sur l'humour noir et l'absurde.

Entre calendrier impitoyable et massacres de sbires

Le coeur du gameplay du jeu réside surtout entre la gestion du calendrier et les actions effectués à chaque tour. Chaque chapitre du jeu fonctionne comme un compte à rebours : vous disposez d'un maximum de 30 jours pour vous préparer et remporter les batailles obligatoires qui clôturent la section. Chaque journée correspond à une seule et unique action à choisir parmi plusieurs.

Tout d'abord les méfaits sont une activité qui renforce directement votre personnage principal et fait grimper votre jauge de Points de Méfait. C'est la ressource vitale du jeu : elle sert à débloquer l'accès aux combats de boss et s'utilise comme monnaie d'échange pour acquérir de nouveaux talents. Ensuite, nous avons les pillages bien qu'ils ne soient pas disponibles tout le temps ; ils permettent de récupérer des objets consommables qu'on peut employer en combat ou pour améliorer certains effets pendant une action dans le repaire.

La troisième des actions possibles est le recrutement. Je n'en ai pas encore parlé mais, durant les combats, nos personnages ont tendance à disparaitre, il faudra de ce fait regonfler les rangs en recrutant de nouveaux sbires. Pendant certains recrutements, il est possible de doubler ses effectifs, mais avec une petite contrainte qui fait qu'en cas d'échec, vous perdez toutes les recrues accumulées pendant cette journée. La chasse aux trésors permettra d'effectuer des expéditions en combattant avec nos forces pour aller récupérer des objets bien plus rares que le pillage. Cette action aidera aussi à combattre d'autres créatures en effectuant des montées de niveaux, mais vous demandera aussi de consommer plus de jours pour être effectuée dans la plupart des cas.

Enfin, l'éveil consommera vos points de méfiance pour déverrouiller des passifs pour votre partie permettant notamment d'accroître le nombre de points d'actions par tour ou les dégâts effectués par vos sbires lors de certaines actions. Il faut toutefois faire attention car dépenser trop de vos points pourrait vous mettre en retard par rapport au calendrier du chapitre et, si vous dépassez les trente jours, c'est un game over.

Champ de bataille et réincarnation

Une fois propulsé sur la grille de combat, le tour de jeu se décompose invariablement en quatre temps bien distincts. La phase des alliés où vos sbires déployés se déplacent et agissent de manière totalement autonome. L'intelligence artificielle gère leurs assauts, leurs soins et leurs postures sans que vous ne puissiez leur donner d'ordre direct. Vous pourrez changer leur posture par un méfait spécifique, mais vous ne pourrez pas leur demander par exemple de cibler un personnage bien précis.

La seconde phase est celle du Personnage Principal (MC) où vous pouvez effectuer plusieurs actions (déplacement, attaque, ...) en fonction de votre jauge de Points d'Action (PA). C'est le moment d'activer vos fameuses compétences de Méfait, qui constituent votre véritable force de frappe. Votre héros ne se contente pas de frapper : il manipule ses propres troupes comme des armes jetables. Vous pouvez intervertir votre position avec un allié pour vous sortir d'un guêpier, drainer sa vie pour vous soigner, ou déclencher son explosion pure et simple. Chaque type de sbire possède son propre patron de déflagration (en croix, en ligne droite, en cône).

La troisième phase est celle des ennemis où les troupes envoyées par le dieu vont attaquer vos troupes ou votre personnage principal. Dans la plupart des affrontements, si le personnage principal meurt, la partie est perdue. Les troupes qui meurent pendant un combat ne sont plus disponibles dans votre équipe et il faudra aussi repasser par la case recrutement.

Pour clôturer un tour, la dernière phase permet au joueur principal de rejouer avec vos points d'actions restant de votre phase précédente. Au fil de l'aventure, vous pourrez gagner quelques points d'actions supplémentaires pendant cette phase permettant encore d'effectuer plus de perfidies.

Comme je l'expliquais précédemment, votre personnage peut effectuer des méfaits et notamment tuer vos alliés pour infliger de gros dommages à votre adversaire. Ce suicide forcé n'est pas une punition, bien au contraire : c'est le socle de votre montée en puissance. Dans Demons' Night Fever, les sbires morts au combat par cette mécanique partent dans un vivier de réincarnation. À chaque décès, leur compteur de réincarnations augmente (signalé par un pictogramme sur leur fiche). Lorsque vous retournerez à l'étape du Recrutement lors d'une prochaine journée, les créatures réincarnées réapparaissent avec des statistiques de base très supérieures à celles d'un sbire novice.

Conclusion

Arriver au bout de l'ensemble des chapitres de la trame principale vous demandera entre 25 et 30 heures de jeu en ligne droite, en supposant que vous ne subissiez pas trop de blocages calendaires ou que vous ne rejouiez pas certains chapitres pour améliorer votre aventure grâce aux succès. Sur le plan purement visuel, Demons' Night Fever assume une direction artistique 2D rétro très typée anime des années 90/2000, rappelant immédiatement les grandes heures des productions Nippon Ichi.

Demons' Night Fever ne plaira pas à tout le monde, mais il possède quand même pas mal d'atouts notamment sur la mécanique de méfaits et de réincarnation. Il faudra néanmoins composer avec une narration aux plaisanteries grivoises parfois indigestes, une traduction française en Day One qui manque d'une bonne localisation, ainsi qu'un manque d'explications qui obligera les néophytes à tâtonner dans la douleur durant leurs premiers runs (il n'y a pas d'aide en jeu si une mécanique a été expliquée).

Points forts Points faibles
Le mélange réussi entre la gestion de calendrier sur 30 jours et le Tactical-RPG. Un gros déficit d'explications sur les mécaniques clés (notamment le système de réincarnation).
La mécanique d'explosion et de réincarnation des sbires, ultra gratifiante tactiquement. Des dialogues crus et sexualisés souvent lourds et malvenus.
Une excellente rejouabilité soutenue par un vaste arbre de compétences commun.

Mécaniquement je me suis bien amusé entre les différents chapitres du jeu et la narration, même si certains dialogues ne sont pas folichons, est tout de même agréable à suivre. J'ai beaucoup aimé joué à Demons' Night Fever qui, de loin, semble un jeu accessible, mais qui est quand même exigeant au fur et à mesure de son avancée, car on doit composer avec la gestion de calendrier et sa progression pour améliorer son personnage ou ses troupes.