We Were Here Tomorrow – Un duo face aux mystères de Norcek
PC

We Were Here Tomorrow – Un duo face aux mystères de Norcek

We Were Here Tomorrow est un jeu uniquement à deux joueurs où vous vous retrouvez coincé dans un laboratoire et où vous devrez progresser à travers des énigmes pour avancer dans l'histoire.

Version testée : PC
Plates-formes disponibles : PC / Xbox / Playstation
Genre : Aventure / Casse-têtes
Prix conseillé : 20 Euros
Date de sortie : 20 Octobre 2026
Studio / Editeur : Total Mayhem Games
Clé fournie par l'éditeur, merci à eux !

Si vous suivez un tant soit peu la scène du jeu d’énigmes coopératif, le nom de Total Mayhem Games ne vous est forcément pas inconnu. Depuis leurs débuts modestes en 2017 avec le tout premier We Were Here, les développeurs du studio ont su instaurer une originalité assez unique de mécaniques asymétriques et de communication aveugle entre les joueurs.

Il ne s'agit ni d'un remake ni d'un spin-off anecdotique, mais bel et bien d'un épisode canonique inédit qui marque une rupture thématique radicale. Adieu les donjons humides, les bougies vacillantes et le froid polaire de l'Antarctique : place à la science-fiction rétrofuturiste des années 80 !

Réveil cryogénique et faille dimensionnelle

L’aventure s'ouvre sur un réveil glacial. Les joueurs émérgent de caissons de stase cryogénique au cœur d'un gigantesque complexe scientifique appartenant à la mystérieuse entreprise Norcek Industries. Amnésiques et désorientés, les joueurs constatent rapidement que les lieux sont en état d'alerte maximale : des expériences scientifiques ont visiblement dégénéré, ouvrant une instabilité spatio-temporelle majeure sous la forme d'une faille dimensionnelle.

L'histoire se dévoile progressivement par touches environnementales, journaux de bord et transmissions radio. Rapidement, une scientifique entre en contact avec le duo et fait office de guide à distance. C’est par son intermédiaire que l’on mesure l’ampleur du désastre : il ne s'agit pas seulement de fuir un laboratoire désert, mais de réparer l'anomalie pour empêcher une catastrophe à l'échelle planétaire qui menace la Terre elle-même.

Par rapport aux précédents épisodes dont le lore restait parfois très mystique et cryptique, l’écriture de We Were Here Tomorrow gagne en clarté sans perdre de son suspense. La narration s’intègre naturellement aux décors sans jamais couper le rythme par de longues cinématiques bavardes. Les dialogues restent percutants et distillent les indices nécessaires au bon moment, ce qui permet de maintenir une tension constante sur le sort de notre duo et de la planète.

Une asymétrie encore plus présente

Pour les habitués de la licence, le principe fondateur reste inchangé : deux joueurs, chacun devant son écran, doivent progresser en s'appuyant sur l'observation et la déduction. La règle d'or demeure stricte : vous ne voyez généralement pas ce que voit votre partenaire. L'un détient la serrure, l'autre le plan du mécanisme. Vous évoluez parfois ensemble dans une même grande pièce, mais le plus souvent séparés dans des salles isolées, connectés uniquement par le biais de vos talkies-walkies.

La grande nouveauté réside dans l'intégration d'outils technologiques asymétriques. Dès les premières salles, chaque explorateur hérite d'un gadget propre. L'un pourra créer deux cubes ou plateformes pour grimper dans des zones inaccessibles ou l'utiliser comme boulet sur un bouton. L'autre recevra un pistolet pouvant attraper des éléments à distances. Là où cela est fantastique, c'est que ces armes comme les joueurs vont évoluer au fil de la partie, débloquant de nouvelles capacités aux joueurs et de ce fait complexifier le jeu.

Car oui, ce qui est le plus percutant dans le jeu après l'avoir terminé est l'intelligence de la courbe de difficulté et cette montée en puissance qui se fait. Au départ, on arbore le premier tiers du jeu dans une phase d'apprentissage où les énigmes sont relativement simples et où tout est assez fluide. Le second palier se complexifie un peu plus, car les joueurs doivent y faire preuve de beaucoup plus de cohésion et ajouter des mécaniques de manipulation entre les deux joueurs. Enfin, et on le voit surtout dans le dernier tiers du jeu, le jeu devient beaucoup plus complexe et les énigmes y ont des mécaniques bien précises qu'il faut comprendre avant de pouvoir se lancer dans sa résolution.

L'un des exemples qui nous a frappés est possiblement l'énigme liée au générateur électrique qui se passe au deux tiers de l'histoire. Nous étions chacun dans notre espace même si il était assez simple de se voir. Au départ, on allumait un peu au hasard les générateurs et on arrivait à avancer, mais on s'est retrouvé plusieurs fois à être bloqués sans plus pouvoir avancer. Après de nombreux resets de l'énigme, on a commencé à se poser et surtout à écrire toutes les connexions des générateurs sur un whiteboard à coté du jeu. C'est un peu de la triche certes, mais ca nous a bien aidés à voir l'ampleur de l'énigme et à comprendre toutes les imbrications possibles liées à cette énigme.

Ambiance et durée de vie

Techniquement, le jeu s'appuie sur les acquis solides du studio. Le moteur graphique n'a pas subi de refonte bouleversante, mais on retrouve instantanément cette patte stylisée reconnaissable entre mille, mi-réaliste mi-cartoon, qui vieillit très bien. Les textures du laboratoire sont nettes, les jeux d'éclairage soulignent parfaitement l'atmosphère claustrophobique du complexe en ruine, et la lisibilité des cadrans et mécanismes primordiale dans un jeu d'énigmes

La partie sonore mérite également sa part de gloire, car elle s'adapte vraiment bien au virage qu'a pris le jeu avec un style plus rétro futuriste et synthétique. On a trouvé aussi que la mécanique de talkie-walkie / communication entre les joueurs était beaucoup plus simple et précise que dans les jeux précédents. On a rarement eu de cas par exemple où la musique du jeu ou un effet sonore venaient déranger notre communication.

Sur la durée de vie, on a mis une quinzaine d'heures pour boucler le titre en prenant vraiment notre temps et en butant sur certaines énigmes quand même. Ca peut sembler court d'un aspect extérieur, mais je pense que si on part sur une durée de vie plus longue pour ce genre de titre on lasserait tout simplement les joueurs et, au niveau énigme, on serait possiblement moins original, ce qui casserait l'effet waouh.

Conclusion

En transportant sa célèbre recette dans un univers de science-fiction rétro, Total Mayhem Games prouve une nouvelle fois sa capacité à renouveler son univers et son inventivité en matière de puzzle-design. We Were Here Tomorrow offre un challenge stimulant, une montée en puissance gratifiante et une complicité à deux que l'on adore. Même si quelques énigmes du dernier acte demanderont une certaine patience pour décortiquer leurs mécaniques, l'expérience que l'on a pu avoir en valait vraiment le coup.

Points forts Points faibles
Une progression intelligente avec des énigmes qui montent crescendo en difficulté Quelques énigmes de fin de jeu au fonctionnement cryptique qui peuvent bloquer le rythme
L'originalité du nouveau cadre de science-fiction rétro et des outils asymétriques Aucune aide contextuelle pour les binômes en situation de blocage total
Un système de communication vocal au talkie-walkie plus net et agréable que jamais

Même si on avait déjà joué au précédent We Are Here, on a beaucoup aimé l'expérience de ce nouveau titre. Tout d'abord le changement d'univers est vraiment rafraichissant pour la licence et, encore une fois, le studio bluffe vraiment bien sur l'originalité et l'intelligence des énigmes qu'il peut proposer dans son titre.