Control Resonant – Une suite déroutante mais intelligemment pensée
Console

Control Resonant – Une suite déroutante mais intelligemment pensée

Control Resonant nous fait explorer un Manhattan méconnaissable dans la peau de Dylan, le frère de Jesse Faden.

Version testée : PS5 Pro
Plates-formes disponibles : PC, PS5, Xbox Series
Genre : Action-RPG
Prix conseillé : 59,99€
Date de sortie : 24/09/2026 (15 octobre pour la version physique)
Studio / Editeur : Remedy Entertainment
Clé fournie par l'éditeur, merci à eux !

Il y a des suites qui se contentent de reprendre une formule éprouvée en ajoutant quelques nouveautés, et puis il y a celles qui décident de tout chambouler. CONTROL Resonant appartient à la seconde catégorie. Après un premier épisode qui m'avait marqué par son ambiance étrange, son univers fascinant et ses pouvoirs jubilatoires, j'attendais forcément beaucoup de cette suite. Pourtant, les premières heures m'ont quelque peu déstabilisé. Nouveau protagoniste, nouvelle aire de jeu, combats radicalement différents… Remedy a pris le risque de bouleverser ce qui faisait le charme de Control. Un pari audacieux qui, après un temps d'adaptation, finit par se révéler payant !


Exit Jesse Faden, héroïne du premier épisode, et place à son frère Dylan, que les joueurs connaissent déjà pour son rôle dans les événements de l'Ancienne Maison. Après plusieurs années passées dans le coma, notre nouveau protagoniste se réveille dans une situation pour le moins chaotique. Manhattan est désormais la proie de phénomènes paranaturels qui semblent avoir complètement échappé au contrôle du Bureau fédéral de Contrôle... et autant dire que les choses ont quelque peu dégénéré !

Le changement de décor constitue probablement l'une des premières surprises de cette suite. Là où Control nous enfermait dans les interminables couloirs brutalistes de l'Ancienne Maison (même s'il parvenait à ruser avec d'habiles modifications de terrain), Resonant nous propulse dans un Manhattan complètement méconnaissable. Les immeubles se retrouvent dans des positions improbables, les rues défient les lois de la physique et certains quartiers semblent tout droit sortis d'un mauvais rêve ou d'un Doctor Strange (facile à placer cette référence, mais c'est l'évidence même en parcourant le jeu).

On retrouve immédiatement cette identité si particulière de Remedy, qui parvient à rendre le quotidien absolument terrifiant en y injectant une bonne dose de surnaturel.

Un gameplay qui demande de revoir ses habitudes

La deuxième grande surprise concerne les affrontements. Si vous espériez retrouver les fusillades nerveuses de Jesse et son arme de service, il va falloir revoir vos attentes !

Dylan privilégie les combats au corps à corps avec l'Aberration, une arme capable de changer de forme selon les besoins. Lames rapides, attaques plus lourdes, on a droit à plusieurs combinaisons et l'ensemble se rapproche davantage d'un action-RPG que du jeu de tir à la troisième personne que nous connaissions.

Pour être franc, ce changement ne m'a pas immédiatement convaincu. Les premiers affrontements paraissent moins naturels et les nombreuses mécaniques demandent un certain apprentissage. Mais une fois les différents pouvoirs débloqués, la magie commence à opérer. Les combats deviennent de véritables ballets surnaturels, où il faut jongler entre attaques, esquives et capacités spéciales. L'agressivité est récompensée, puisque frapper les ennemis permet de récupérer l'énergie nécessaire à l'utilisation des pouvoirs.

La personnalisation apporte également une profondeur bienvenue, même si les affrontements peuvent parfois devenir brouillons, notamment lorsque plusieurs adversaires particulièrement résistants nous tombent dessus. A noter au passage que le studio nous ressort son mode Assistance, plus personnalisable que jamais. Vous trouvez que les ennemis frappent un peu trop fort ? Baissez les dégâts qu'ils infligent. Vous frappez un peu trop faiblement à votre goût ? Ajustez le multiplicateur. Vous voulez rouler sur le jeu et profiter uniquement de l'histoire... activez l'invincibilité. Le titre regorge d'options en ce sens pour ajuster l'expérience à votre convenance. Pour ma part, après quelques heures de jeu, j'ai opté pour un des préréglages qui permet d'accélérer un peu l'ensemble en infligeant un poil plus de dégâts et en étant un brin plus permissif sur les coups qu'on peut prendre dans la tronche.

Un level design qui défie l'imagination

S'il y a bien un domaine dans lequel CONTROL Resonant impressionne, c'est son level-design. Remedy possède un talent absolument incroyable pour imaginer des environnements qui semblent impossibles à concevoir. Et cette suite pousse le concept encore plus loin.

Grâce à certaines capacités, notamment celle permettant de modifier notre rapport à la gravité, les déplacements prennent une dimension supplémentaire. Un mur devient un sol, un plafond se transforme en chemin et un bâtiment apparemment inaccessible révèle soudainement une nouvelle voie. Ce qui pourrait n'être qu'un simple gadget devient rapidement l'une des meilleures idées du jeu. L'exploration demande constamment de remettre en question notre perception de l'environnement. On ne regarde plus simplement devant soi pour trouver son chemin, mais également au-dessus, en dessous et parfois dans des directions totalement improbables.

Le passage à de grandes zones ouvertes fonctionne particulièrement bien. Manhattan regorge de secrets, d'activités annexes et de petits détails qui récompensent la curiosité. Tout n'est pas parfait, certains allers-retours peuvent sembler pénibles, mais difficile de ne pas admirer l'inventivité déployée.

Visuellement, la direction artistique fait également des merveilles. Certaines séquences sont tout simplement spectaculaires et rappellent pourquoi Remedy occupe une place si particulière dans l'industrie. Sur PS5 Pro, on a droit à 3 modes que vous commencez à bien connaître, le mode Qualité, le mode Équilibré (si votre écran est compatible VRR) et le mode Performance. J'ai commencé l'aventure sur le mode Équilibré avant de basculer sur le Performance. On sent une différence visuelle entre ces deux modes, pour sûr, notamment en terme de résolution et sur les détails au loin, mais les combats étant particulièrement dynamiques à certains moments, j'ai ressenti une petite gêne en 40FPS (et essuyé quelques légères baisses de fluidité) qui m'ont fait opter pour le mode Performance, qui est plutôt bien fichu au global.

Une histoire aussi étrange que captivante

Impossible de parler de CONTROL sans évoquer son scénario. Et rassurez-vous, Remedy n'a absolument pas perdu son goût pour les histoires incompréhensibles… du moins en apparence ! L'aventure de Dylan joue constamment avec nos attentes, mélangeant science-fiction, horreur et questionnements plus personnels.

Là où Jesse cherchait à comprendre les mystères du Bureau, Dylan tente également de comprendre sa propre place dans cet univers, son passé et les conséquences des événements du premier jeu. La narration conserve cette manière particulière de distiller les informations, à travers des dialogues parfois énigmatiques, des documents disséminés un peu partout et des événements franchement déroutants.

Tout n'est pas immédiatement compréhensible, et c'est justement ce qui fait le charme de l'expérience, même si ça pourra en laisser certains sur le carreau. On avance avec une multitude de questions, en essayant de reconstituer progressivement les pièces du puzzle. Sans rien dévoiler, certaines idées narratives sont particulièrement brillantes et démontrent une nouvelle fois que Remedy a le goût du risque et sait où il va, même s'il donne parfois l'impression du contraire.

Une œuvre ambitieuse, malgré quelques maladresses

CONTROL Resonant n'est pas exempt de défauts. Son démarrage peut rebuter, certains combats s'éternisent inutilement et la progression manque parfois de fluidité. L'accumulation des systèmes et des possibilités peut également donner l'impression que le jeu cherche à en faire trop (et c'est parfois le cas à mon humble avis).

Mais ces frustrations sont largement compensées par une créativité débordante. Là où beaucoup de productions préfèrent rester dans leur zone de confort, Remedy tente des choses, expérimente et accepte parfois de se tromper. C'est une approche différente du reste de l'industrie, qu'il convient de saluer tant elle se révèle rare chez les grosses productions actuelles. Dommage toutefois de devoir subir un mois de décalage pour disposer d'une édition physique. A l'heure des réseaux sociaux, c'est un véritable branlebas de combat d'esquiver les spoilers... et nul doute que la découverte de l'oeuvre sera un peu plus ténue pour ceux ayant choisi d'être patients jusqu'à l'arrivée de la précieuse galette chez eux.

Points forts Points faibles
Une direction artistique absolument incroyable Des combats parfois brouillons et répétitifs
Un level design particulièrement inventif Un début d'aventure assez déstabilisant
Des pouvoirs qui renouvellent l'exploration Quelques longueurs
Un univers toujours aussi fascinant L'édition physique décalée d'un mois...

CONTROL Resonant est une suite déroutante, ambitieuse et profondément originale. Il m'a fallu quelques heures pour accepter ses changements, notamment son système de combat mais, une fois ce cap franchi, difficile de ne pas tomber sous le charme.

Entre son Manhattan complètement déstructuré, son level design extraordinaire et son scénario toujours aussi fascinant, Remedy démontre qu'il reste l'un des studios les plus créatifs du marché.

Tout n'est pas parfaitement maîtrisé, mais CONTROL Resonant possède quelque chose que beaucoup de productions ont perdu : une véritable personnalité. Et rien que pour ça, l'aventure mérite largement qu'on s'y attarde !

Liens sponsorisés : Gamesplanet ou Amazon