Version testée : PC
Plates-formes disponibles : PC, PS5, Xbox Series S|X
Genre : Horreur / Multijoueur asymétrique
Prix conseillé : 39,99€
Date de sortie : 08/09/2026
Studio / Editeur : Illfonic
Clé fournie par l'éditeur, merci à eux !
Après Friday the 13th: The Game, Predator: Hunting Grounds et Killer Klowns from Outer Space, IllFonic continue de creuser le sillon du multijoueur asymétrique avec une licence qui devrait parler à beaucoup. Halloween: The Game nous ramène en 1978, dans les rues de Haddonfield, avec un principe simple : incarner Michael Myers et transformer la banlieue en terrain de chasse, ou rejoindre quatre civils décidés à survivre à la nuit.

Sur le papier, la formule du multijoueur asymétrique horrifique est connue. Dans les faits, IllFonic a suffisamment travaillé son bac à sable pour éviter l’impression d'une simple skin d'un jeu déjà sorti. Dans Halloween : The Game, quand on incarne Michael Myers, on observe, on traque, on va prendre des raccourcis et profiter de la panique générale pour poursuivre notre massacre. En tant que civil, en revanche, on devra oeuvrer prudemment, en fouillant les maisons, en trouvant des armes de fortune, en allant prévenir la police et en aidant les habitants de la bourgade à s'échapper pour limiter le nombre de victimes. Cela donne un rythme de jeu un peu curieux, bien moins frénétique que ne peut l'être une partie de Dead by Daylight, pour comparer un peu avec le géant du genre. On suit au final bien plus l'approche d'un slasher, ce qui est plutôt une bonne chose !
Car c'est justement parce qu'il prend son temps qu'Halloween fonctionne bien. Se mouvoir dans les rues plongées dans l’obscurité, en frôlant les maisons typiques de la banlieue américaine, aidé par un éclairage très cinématographique qui donne à Haddonfield une vraie personnalité. Voir une silhouette immobile au bout d’une rue, entendre la musique monter, puis perdre Michael de vue, suffit à créer plus de tension que n'importe quel jumpscare. Illfonic a parfaitement compris son personnage et l'âme de la série, et a su le retranscrire avec brio, même si on ne le ressent pas toujours bien, selon la manière dont vont jouer les gens avec vous.

Avant de parler multi, il convient de parler du mode solo, un élément assez rare pour le genre. On y suit Michael Myers à travers une histoire autonome inspirée des événements du film de 1978. L’idée fonctionne bien pour découvrir tranquillement les mécaniques du tueur. En revanche, n'attendez pas grand-chose de plus de cette campagne qui fait office de tutoriel déguisé et ne vous apprendra rien que vous ne sachiez déjà sur ce vilain iconique. Que les fans soient prévenus, la somme à débourser ne vaut pas le coup si vous comptez uniquement faire le mode solo.
C'est sur le mode multijoueur que repose le cœur de l'expérience. Et c’est là que le titre peut produire ses meilleurs souvenirs : un joueur qui attire Myers pendant que les autres s’organisent, une maison transformée en piège improvisé ou une équipe entière qui s’écroule à cause d’une mauvaise décision (comme dans les films, en gros), les situations sont variées et généreront autant de stress que de rires en fonction des moments vécus. Pour motiver les joueurs à multiplier les parties, le studio propose un système de progression qui se montre plutôt généreux, avec des cartes d’avantages, des apparences, des armes et de nombreux éléments cosmétiques à débloquer. Gadget pour certains, mais la carotte est suffisamment tentante pour que beaucoup restent jusqu'à avoir tout débloqué.

Malheureusement, cette bonne base traîne encore de belles casseroles derrière elle, à commencer par l'intelligence artificielle franchement perfectible. On peut ajouter à cela beaucoup de collisions capricieuses, quelques soucis d'animations (qui ne se font pas ou sont très rigides), et d'autres bugs qui viennent un peu casser l'immersion. IllFonic a déjà déployé plusieurs correctifs depuis l’accès anticipé, mais le jeu conserve encore ce côté un peu brut de décoffrage qui fait davantage penser à une bêta qu'à un jeu terminé. Il faut dire que quand l’horreur repose sur Michael Myers et sur l’atmosphère angoissante, voir ce dernier se comporter étrangement ou buter contre des obstacles invisibles, ça prête plus au rire qu'au hurlement d'effroi.
Autre truc un peu curieux, bien que ça parte d'une bonne intention, quand on incarne un civil et qu'on arrive à s'échapper, ou qu'on passe l'arme à gauche, on est invité à aider les autres survivants en accomplissant divers mini-jeux. C'est une fausse bonne idée. Passer la plaisante découverte, on se retrouve à faire toujours la même chose et ça devient franchement agaçant.
Halloween: The Game n’est pas encore le grand jeu d’horreur que mérite Michael Myers, mais IllFonic tient une base solide. La fidélité au film, le plaisir d’incarner ce géant et les situations imprévisibles du multijoueur compensent un flagrant manque de finition. Avec quelques mises à jour et une communauté qui tient sur la durée, Haddonfield pourrait devenir une destination régulière pour les amateurs de slashers.
En l’état, le jeu est imparfait, parfois franchement bancal, mais suffisamment généreux et respectueux de sa licence pour donner envie d’y retourner… avec la lumière éteinte et le casque bien vissé sur les oreilles, ça va de soi.
