Counterplay Games, déjà connu pour des titres comme Godfall, revient cette fois avec Armatus, une proposition nettement plus sombre et exigeante dans son déroulement. Le jeu s'inscrit sur un marché déjà encombré, en misant sur des mécaniques d'action-roguelite à la troisième personne dans un univers gothique ténébreux (un Paris démoniaque et ravagé).


L'histoire d' Armatus fait le choix du pragmatisme. Vous vous réveillez dans la peau d'un guerrier lié à une armure ancienne au sein d'un monde en pleine décomposition, rongé par des entités corrompues et des monstruosités mécaniques. Votre objectif est limpide : vous frayer un chemin à travers des secteurs hostiles pour remonter jusqu'à la source du mal et comprendre la raison de votre résurrection.
Le scénario ne vient jamais alourdir le rythme de l'aventure. L'intrigue s'articule principalement autour de la narration environnementale et de bribes de dialogues débloquées auprès des PNJ résidant dans votre sanctuaire (le hub principal) entre deux échecs. Les échanges sont courts, le ton est grave et l'ensemble évite intelligemment les tunnels de texte explicatifs qui viendraient casser l'élan de l'action. On apprécie cette sobriété : le lore est suffisamment intrigant pour donner envie d'en savoir plus sur cet univers déchu, mais il s'efface toujours au profit du cœur de l'expérience, à savoir le gameplay pur.


Armatus adopte une caméra dynamique à la troisième personne, offrant la possibilité d'être placé du côté droit ou gauche de votre personnage. Ce détail est particulièrement important, notamment pour exploiter le décor comme système de couverture afin de voir sans être vu. Le personnage possède une arme à distance ainsi qu'une arme de corps-à-corps pour éliminer les monstres adverses. Concernant l'attaque au corps-à-corps, il faudra prendre en compte qu'un temps de recharge est nécessaire avant de pouvoir réutiliser l'arme. En outre, au fil de la run, votre personnage pourra débloquer des pouvoirs célestes pour l'aider dans son périple.
La préparation d'une tentative commence par la sélection de votre arme principale. Ce choix modifie radicalement votre manière d'aborder les arènes. L'une des grandes réussites du jeu réside dans son exigence défensive. Les ennemis ne restent pas passifs : ils vous encerclent, utilisent le décor et lancent des attaques à distance pendant que les unités de mêlée vous mettent la pression. L'esquive consomme de l'endurance et ne peut pas être répétée sans réfléchir, sous peine de vous retrouver immobilisé au pire moment.


Contrairement à d'autres titres du genre qui distribuent généreusement de la santé après chaque arène, Armatus traite la vie comme une ressource extrêmement rare. Les opportunités de soin sont très limitées et imposent souvent de renoncer à des bonus d'attaque ou à des compétences célestes lors du choix des portes entre les salles.
L'apprentissage se fait par la punition. Vous ne savez pas à l'avance quelle composition d'ennemis vous attend dans la zone suivante. Chaque type de créature possède ses propres animations d'attaque qu'il faut apprendre à décoder. Une erreur d'anticipation face à un monstre peut vider la moitié de votre barre de vie en une fraction de seconde. Toutefois, à chaque fin de salle, le joueur peut choisir une porte parmi une sélection : s'il ne connaît pas le bonus exact qu'il va obtenir, il en connaît au moins la nature (pouvoirs, armes, etc.).
Au fil de vos pérégrinations, la run pourra se solder par un échec ; mais comme dans tout roguelite, ce n'est pas une fin en soi et cela fait pleinement partie de la boucle de gameplay. La défaite permettra de débloquer des armes et des bonus permanents pour vos tentatives futures, et constituera un passage obligé pour découvrir la vraie fin du jeu.
À l'inverse de certains jeux du genre où éliminer le dernier monstre de la dernière salle mène directement au terme de la partie, Armatus voit les choses différemment en proposant des salles supplémentaires (niveaux d'ascension) bien plus difficiles, mais assorties de récompenses accrues.


Armatus possède de bons arguments en combinant un système de combat exigeant à une gestion stricte de la santé. Les composantes roguelites sont également bien ficelées, forçant le joueur à s'adapter continuellement tout en évitant une certaine redondance dans le gameplay.
Le jeu s'adresse en priorité aux amateurs de roguelites d'action exigeants, de combats techniques et de défis à la troisième personne (Returnal, Hades, Remnant) qui aiment apprendre par l'échec et optimiser leurs choix d'équipement. Si vous cherchez une aventure narrative accessible et sans résistance, la sévérité du titre risque de vous freiner rapidement. Pour tous les autres, l'expérience mérite amplement sa place dans votre liste de souhaits.
Le jeu sera disponible sur PC et consoles le 7 janvier 2027.