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Mouse P.I. for Here — Quand le noir et blanc devient une arme !

Version testée : Xbox Series X
Plates-formes disponibles : Xbox Series, Xbox One, Ps5, Ps4, Nintendo Switch et PC
Genre : FPS
Prix conseillé : 29,99€
Date de sortie : 16 avril 2026
Studio / Editeur : Fumi Games / Playside
Clé fournie par l'éditeur, merci à eux !

Il y a des jeux qui te prennent par la main. Et puis il y a ceux qui te tirent par le col, te poussent dans une ruelle sombre… et te disent “débrouille-toi”. Dès les premières minutes de Mouse P.I. for Here, on comprend dans quelle catégorie on est. Jack Pepper n’a rien du détective lisse et brillant qu’on imagine dans les affiches. C’est un ancien héros de guerre, cabossé, plongé dans un monde où les souris ont remplacé les humains et où chaque coin de rue ressemble à une scène arrachée à un vieux film oublié. Un monde qui claque en noir et blanc, comme si quelqu’un avait figé un dessin animé des années 30 dans de l’encre et de la fumée. Et franchement… ça a de la gueule.

Visuellement, le jeu joue une carte très précise : celle du cartoon vintage à la Steamboat Willie, mais en version film noir sous caféine. C’est élégant, mais jamais sage. Derrière les silhouettes rondes et les animations presque “mignonnes”, il y a une vraie tension permanente. On a parfois cette impression étrange : comme si Mickey Mouse avait glissé dans un polar de détective privé, une cigarette au bec et un flingue sous le manteau. Le noir et blanc n’est pas juste un style. C’est une ambiance. Une direction artistique qui écrase tout le reste et impose un ton. Et quand la bande-son jazz débarque, enregistrée avec un orchestre, le mélange devient presque hypnotique. Ça groove, ça flotte, puis ça se tend d’un coup, comme un piège qui se referme.

Sur le papier, Mouse P.I. for Here est un FPS assez classique… mais nerveux. Très nerveux.
Les combats demandent du rythme, de la mobilité, une vraie lecture de l’espace. Et ça fonctionne plutôt bien, surtout quand le jeu commence à te lâcher un peu la main avec ses capacités de déplacement qui s’ouvrent progressivement : double saut, planage… petit à petit, on arrête de subir les niveaux pour commencer à les traverser comme un vrai détective de l’ombre. Il y a aussi un arsenal étonnamment solide, avec des armes améliorables via des plans à collecter. Et là, le jeu devient presque gourmand : il te pousse à fouiller, à casser le rythme, à revenir en arrière pour optimiser ton équipement. C’est un bon point… mais aussi un piège. Parce que parfois, Mouse P.I. veut trop en faire. Trop de collectibles, trop d’angles à explorer, et ce côté “je te récompense si tu nettoies la carte” finit par casser un peu le flow du FPS nerveux qu’il essaie d’être.

Là où le jeu surprend vraiment, c’est sur son écriture. On aurait pu s’attendre à un prétexte vaguement noir pour enchaîner les niveaux. Mais non. L’histoire de Jack Pepper est cohérente, rythmée, et surtout portée par un humour qui tombe souvent juste. Pas lourd, pas forcé. Un humour un peu fatigué parfois, presque cynique, qui colle parfaitement à ce monde en noir et blanc. Chaque niveau devient une petite pièce de théâtre : un opéra délirant, un marais inquiétant, un décor de film en train de s’effondrer, une maison hantée… On n’a jamais vraiment l’impression de revisiter la même recette. C’est là que le jeu marque des points : il sait varier ses ambiances sans perdre son identité.

Mais tout n’est pas aussi fluide que le jazz de sa bande-son. Par moments, Mouse P.I. for Here donne l’impression d’être un peu tiraillé entre plusieurs envies : exploration, FPS nerveux, jeu à collectibles, plateforme légère… Et toutes ces idées ne s’imbriquent pas toujours parfaitement. Il y a des moments où l’on sent clairement le potentiel… puis une friction. Un petit accroc dans le rythme. Une mécanique qui ralentit là où on voulait accélérer. Rien de catastrophique. Mais suffisamment présent pour rappeler que le jeu aurait gagné à être un peu plus tranché dans ses choix.

Mouse P.I. for Here n’est pas un FPS comme les autres. C’est un jeu qui assume une vraie identité visuelle, une ambiance forte, presque obsessionnelle, et une envie constante de mélanger les genres. Quand tout s’aligne (l’action, le jazz, les décors, la fluidité du mouvement) on a presque l’impression de jouer dans un vieux film d’animation devenu dangereux. Mais cette ambition a un prix : un rythme parfois irrégulier, et une structure qui aurait gagné à être un peu plus resserrée. Reste une chose difficile à ignorer : le jeu a du style. Du vrai. Celui qui ne s’invente pas. Et rien que pour ça, on a envie d’y retourner… même si parfois, il nous pousse un peu trop fort dans le noir.

Points forts Points faibles
Direction artistique absolument marquante Rythme parfois cassé par la surcharge de collectibles
Ambiance sonore réussie Certaines phases ralentissent inutilement l’élan du gameplay
Level design varié
Gameplay FPS nerveux

Mouse P.I. for Here, c’est typiquement le genre de jeu qui te happe d’abord par son identité visuelle… et qui te garde ensuite parce qu’il en a plus sous le capot qu’il n’en a l’air. Il y a un vrai plaisir à évoluer dans cet univers en noir et blanc, presque comme si on jouait dans un vieux dessin animé devenu un polar dangereux. Et quand le gameplay s’emballe, quand les déplacements s’enchaînent et que le jazz monte derrière l’action, ça fonctionne vraiment très bien. Mais je ne peux pas ignorer les moments où le jeu se disperse un peu trop. Où il ralentit son propre élan pour te rappeler qu’il veut aussi être un jeu à collectibles et à exploration poussée. C’est là que le charme prend parfois une petite fissure. Au final, j’en ressors avec une impression claire : c’est un jeu avec une identité forte, parfois un peu bancale, mais jamais fade. Et rien que pour ça, il mérite qu’on s’y attarde.



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