Version testée : Nintendo Switch
Plates-formes disponibles : PC et Nintendo Switch
Genre : Aventure narrative
Prix conseillé : 9,99€
Date de sortie : 29 octobre 2026
Studio / Editeur : Oopsie Daisies / Arte France
Clé fournie par l'éditeur, merci à eux !
Quand l'équipe de choc Game-Guide s'est rendu à la Gamescom cet été, ils ont essayé, comme chaque année, plusieurs dizaines de titres. N'y étant pas, je me suis délecté des articles qui sont parus ensuite, et j'ai pu enrichir ma wishlist de plusieurs œuvres à venir, dont Tom the Postgirl (que Sodz a eu le plaisir d'essayer), qui vient de débarquer sur Nintendo Switch et PC. Un univers un peu bizarre, une esthétique léchée et un humour absurde... il n'en faut guère plus pour me motiver à mettre les mains sur pareille curiosité. Après environ 2h de jeu (oui, c'est court, on y reviendra), il est maintenant temps de vous dire ce que j'en ai pensé !


Dans la peau de Tom, jeune recrue des services postaux, notre mission paraît sur le papier d’une simplicité enfantine : arpenter les ruelles d’un petit village et déposer des colis sur le pas des portes ou en sonnant. Sauf que Tom traîne un penchant pour le moins envahissant : une curiosité maladive doublée d’un don inné pour le voyeurisme décomplexé.
Plutôt que de sonner et déguerpir, Tom préfère coller son nez aux carreaux, s’infiltrer par l’entrebâillement des portes et épier l’intimité des résidents. Très vite, la petite bourgade apparemment tranquille dévoile un envers du décor savoureusement dérangé. Entre rituels improbables, manies inavouables et secrets inattendus, on bascule dans un spectacle digne d'un cartoon grinçant où l’absurde côtoie le glauque avec un naturel déconcertant, me rappelant à certains égards des titres comme Thank Goodness You're Here!.

Là où le titre surprend agréablement, c'est dans la marge de manœuvre accordée au joueur. Le colis n'est pas un simple prétexte narratif : c'est un véritable levier d’interaction. Doit-on remettre le paquet en mains propres ? L'ouvrir discrètement avant livraison pour en inspecter le contenu ? Le subtiliser, voire saboter sciemment le quotidien d'un voisin par plaisir sadique ou parce qu'il vous semble trop louche ?
Chaque choix influe directement sur les micro-drames qui se jouent sous nos yeux. Tom peut se poser en bienfaiteur invisible ou, à l'inverse, devenir le catalyseur d’un chaos sans nom. Observer les habitants avant et après notre passage fait tout le sel de l'expérience, nous incitant à relancer immédiatement une boucle pour voir « ce qui se serait passé si… ». Et il faudra tabler sur cette rejouabilité car le jeu se boucle vite une première fois. En deux heures, je voyais déjà défiler le générique de fin.
L'équipe est toutefois assez maline, puisqu'elle dépile une liste de "succès" qui permet de voir qu'on aurait pu tester d'autres combinaisons pour voir d'autres petites saynètes, ce qui m'a suffisamment motiver pour effectuer une seconde partie.


Visuellement, c'est déroutant de prime abord, mais franchement réussi. Le parti-pris graphique, déjà souligné par Sodzounet lors de son aperçu, fait mouche : des décors dessinés à la main au trait faussement naïf, dominés par un noir et blanc granuleux où seul le rouge vient souligner certains éléments clés. Ce contraste permanent entre allure de livre pour enfants et étrangeté latente confère au titre un charme comme on n'en voit pas si souvent dans ce médium, le tout soutenu par des compositions sonores décalées qui oscillent entre petits morceaux de rock et bruitages d'ambiance feutrés.
Alors oui, en ligne droite, l’aventure se boucle en à peine deux heures. Les amateurs de quêtes au long cours risquent de rester sur leur faim devant ce format court. Pourtant, réduire Tom the Postgirl à sa faible durée de vie serait passer à côté de son essence même : celle d'une fable interactive compacte, atypique qu'on peut relancer grâce à ses embranchements et ses situations croustillantes à débloquer.
