The Merlies – À la recherche des oiseaux perdus
Console

The Merlies – À la recherche des oiseaux perdus

The Merlies nous embarque dans une aventure d’exploration aussi douce qu’addictive, où chaque Merlie retrouvé et chaque nouvelle capacité donnent une bonne excuse pour repartir fouiller la carte.

Version testée : PC
Plates-formes disponibles : Nintendo Switch et PC
Genre : Aventure, Indépendant
Prix conseillé : 19,99€
Date de sortie : 29 septembre 2026
Studio / Editeur : ARTE France, Darjeeling, Blue Ramen / ARTE France, GCORES
Clé fournie par l'éditeur, merci à eux !

« Je vais juste regarder ce qu’il y a derrière ce passage. »

C’est probablement la phrase que je me suis le plus répété en jouant à The Merlies. Et comme souvent dans ce genre de situation, « juste regarder » s’est transformé en vingt bonnes minutes d’exploration supplémentaires. Puis j’ai trouvé un autre chemin. Puis un Merlie perdu. Puis un passage que je ne pouvais pas encore franchir. Alors forcément, il fallait aller voir ailleurs. The Merlies a ce petit défaut terriblement efficace : il donne constamment envie de vérifier ce qu’il y a un peu plus loin.

Et pourtant, au départ, l’aventure paraît presque toute simple. Une immense tempête a dispersé une communauté d’oiseaux aux quatre coins du monde et nous voilà partis à leur recherche. Il faut retrouver les Merlies perdus, reconstruire leur nid et reformer progressivement cette petite communauté. The Merlies mise en effet presque entièrement sur l’exploration, dans un univers en 2D coloré qui prend rapidement des airs de grand labyrinthe. Plus on avance, plus la carte se ramifie et plus les endroits inaccessibles s’accumulent dans un coin de notre tête. Et c’est précisément cette envie de revenir voir ce qu’on avait laissé derrière nous qui m’a accroché.

Visuellement, le jeu adopte une direction artistique en 2D très colorée, avec un univers qui donne immédiatement envie de partir fouiller chaque recoin. Il n’y a pas ici de grandes séquences de combat pour venir casser le rythme. Pas d’ennemis à massacrer, pas de boss à affronter : le principal adversaire des Merlies, c’est leur environnement. Un mauvais déplacement, une chute ou un obstacle mal négocié peuvent donc suffire à nous envoyer au tapis. Cela peut sembler beaucoup plus tranquille qu’un metroidvania classique, et ça l’est effectivement. Mais cela ne veut pas dire que l’exploration manque de challenge. Bien au contraire. The Merlies nous pousse constamment à observer notre environnement et à mémoriser les endroits que nous ne pouvons pas encore atteindre. Car la carte fonctionne véritablement comme un grand labyrinthe qui se dévoile progressivement. On avance, on trouve un passage bloqué, on repart ailleurs, puis quelques temps plus tard, une nouvelle capacité nous permet de revenir à cet endroit. C’est un fonctionnement que j’apprécie énormément dans ce genre de jeu, parce qu’il donne une vraie sensation de progression. On ne se contente pas de débloquer une porte parce que le scénario nous dit qu’il faut le faire : on se souvient réellement d’avoir été bloqué à cet endroit et on revient avec la solution.

Le problème, c’est que la carte peut parfois devenir franchement difficile à lire. Avec toutes les ramifications, les passages qui se croisent et les zones que l’on découvre progressivement, il m’est arrivé de ne plus très bien savoir où je devais retourner pour retrouver un endroit qui m’avait résisté quelques dizaines de minutes auparavant. Et lorsque l’on a une mémoire aussi fiable qu’un poisson rouge sous caféine, autant dire que certaines séances de recherche peuvent rapidement se transformer en véritable chasse au trésor. Mais même cette petite frustration participe finalement au charme de l’aventure. Parce que The Merlies donne constamment cette impression qu’il reste quelque chose à découvrir.

Et surtout, notre progression ne dépend pas uniquement de ce que l’on trouve dans les décors. À mesure que l’on sauve les Merlies, notre petite communauté s’agrandit et certains oiseaux disposent de capacités particulières qui vont ouvrir de nouvelles possibilités d’exploration. Le planage permet par exemple de profiter des colonnes de vent pour atteindre des endroits auparavant inaccessibles. Le grappin permet de se balancer de liane en liane, tandis que la pioche permet de détruire certains rochers qui nous barraient la route. À cela s’ajoute une mécanique que j’ai trouvée particulièrement sympathique : les Merlies peuvent monter les uns sur les autres. Plus notre groupe grandit, plus notre petite colonne d’oiseaux devient haute et permet d’atteindre des endroits toujours plus élevés. C’est à la fois mignon et particulièrement malin, parce que la taille de notre communauté devient littéralement un outil d’exploration.

Et c’est justement là que le message du jeu fonctionne particulièrement bien. Dans The Merlies, être seul ne suffit pas. Chaque Merlie retrouvé vient renforcer notre groupe et nous permet d’aller un peu plus loin. Une capacité qui semblait inutile quelques minutes auparavant peut soudain devenir indispensable pour franchir un nouvel obstacle. Le jeu transforme donc assez naturellement son propos en mécanique : seul, on est limité ; ensemble, on peut aller beaucoup plus loin. On retrouve également cette idée dans la construction de la Souche, qui sert de refuge et de point central à notre communauté. En sauvant des Merlies et en récupérant différents vestiges, on peut progressivement agrandir cet espace. Des objets collectés dans le monde permettent également de débloquer différentes décorations pour personnaliser notre nid.

Ce n’est pas forcément la mécanique la plus profonde du jeu, mais elle apporte une petite récompense supplémentaire à l’exploration. On ne fouille pas uniquement pour trouver le prochain passage ou le prochain Merlie : certains détours permettent aussi de récupérer de quoi rendre notre Souche un peu plus vivante. Et justement, le monde ne se limite pas à une seule grande zone. Plusieurs régions sont accessibles, certaines étant séparées par de gigantesques obstacles nécessitant d’avoir suffisamment développé notre communauté pour pouvoir les franchir. Chaque nouvelle zone permet également de rencontrer d’autres communautés d’oiseaux, ce qui donne progressivement davantage d’ampleur à cette aventure qui aurait pu rester très intimiste.

La bande sonore accompagne parfaitement cette ambiance. Elle reste relaxante et contribue énormément au rythme particulier de The Merlies. Ici, pas besoin de musique grandiloquente toutes les trente secondes pour nous rappeler que nous sommes en train de vivre une grande aventure. Le jeu préfère nous laisser explorer tranquillement, observer les environnements et profiter de cette sensation de voyage. Et c’est finalement ce rythme qui m’a le plus accroché. The Merlies est le genre de jeu où je lançais ma partie en me disant que j’allais avancer tranquillement… avant de me retrouver à explorer « juste un dernier morceau » de la carte. Puis un autre. Puis encore un autre. C’est un peu comme ouvrir une porte dans une maison et découvrir qu’il y en a encore trois derrière : on sait très bien qu’on devrait s’arrêter, mais on veut quand même regarder.

Tout n’est évidemment pas parfait. La carte peut parfois manquer de lisibilité et transformer une simple envie de retourner quelque part en petite expédition archéologique. Certains passages demandent également un peu de patience avant de comprendre quelle capacité ou quelle combinaison de Merlies permettra de les franchir. Mais honnêtement, ce sont des défauts que j’ai assez facilement acceptés parce que le plaisir de l’exploration prend largement le dessus. Derrière ses petits oiseaux et son ambiance paisible, The Merlies raconte finalement quelque chose d’assez simple : perdre les siens peut nous laisser complètement démunis, mais retrouver les autres permet de reconstruire quelque chose. Et le jeu ne se contente pas de nous le raconter, il nous le fait ressentir dans chacune de nos progressions.

Points forts Points faibles
Des mécaniques de progression bien pensées Certains passages peuvent manquer de clarté
Une direction artistique colorée et agréable Une carte parfois difficile à lire
Un joli message autour de l’unité et de la communauté Quelques allers-retours parfois longs
Une exploration particulièrement addictive

J’ai vraiment beaucoup apprécié mon aventure avec The Merlies. Il m’a surtout surpris par sa capacité à me donner envie de continuer alors que je pensais avoir suffisamment joué. Son plus gros piège, finalement, c’est cette petite voix qui nous dit constamment : « Encore un morceau de carte et j’arrête. » Spoiler : je n’arrête jamais. The Merlies n’est peut-être pas le metroidvania le plus complexe ou le plus spectaculaire auquel j’ai joué, mais il possède quelque chose de beaucoup plus précieux : une vraie personnalité. Son exploration est agréable, sa progression donne envie de revenir sur ses pas et son message autour de l’unité fonctionne particulièrement bien avec ses mécaniques. Quelques problèmes de lisibilité sur la carte viennent parfois casser le rythme, mais rien qui ne m’ait empêché de prendre plaisir à l'explorer.

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