Version testée : PC
Plates-formes disponibles : PC
Genre : Survival
Prix conseillé : 24,99€
Date de sortie : 9 octobre 2026
Studio / Editeur : SpaceRocket Games / Toplitz Production
Clé fournie par l'éditeur, merci à eux !
Dans Permafrost, le froid n’est pas simplement un élément du décor : c’est une menace qui accompagne chacun de nos déplacements. Après une catastrophe naturelle qui a plongé le monde dans un hiver éternel, chaque sortie demande un minimum de préparation. Pourtant, ce qui devrait nous inciter à rester bien au chaud finit souvent par produire l’effet inverse : une curiosité difficile à calmer et cette envie d’aller voir ce qui se cache un peu plus loin. C’est précisément ce qui m’a accroché. Je pars récupérer quelques ressources, je repère un bâtiment abandonné, puis je me demande ce que je pourrais trouver derrière la prochaine colline. Le problème, c’est que mon personnage a faim, que le froid commence à se faire sentir et que ma base n’est plus vraiment à côté. Mais tant pis, je vais juste jeter un œil. Après tout, qu’est-ce qui pourrait mal tourner ?
Cette envie de pousser toujours plus loin résume assez bien mon expérience de Permafrost. Ce jeu de survie post-apocalyptique en monde ouvert associe exploration, construction et narration dans un environnement où la moindre expédition doit être réfléchie. Mon collègue Sodz a déjà eu l’occasion de tester le jeu ; je vous invite donc à découvrir également son article pour avoir un autre regard sur cette aventure glaciale. De mon côté, ce qui m'intéresse surtout, c'est cette manière de nous attirer constamment hors de notre zone de confort. Car dans un monde condamné à l'hiver éternel, rester en sécurité est une chose. Trouver une bonne raison de s'en éloigner en est une autre.
Dans Permafrost, survivre demande de garder un œil sur plusieurs paramètres : la vie, la faim, l’endurance, le repos et, bien évidemment, la température. Il ne suffit donc pas de courir droit devant soi en ramassant tout ce qui traîne. Une sortie mal préparée peut rapidement compliquer les choses, surtout lorsque l’on s’éloigne de son abri. J’apprécie particulièrement cette nécessité d’anticiper. Avant de partir, il faut réfléchir à ce que l’on emporte, aux ressources dont on pourrait avoir besoin et à la distance que l’on compte parcourir. Le froid impose une contrainte supplémentaire qui change la manière d’aborder l’exploration. Certaines zones sont particulièrement difficiles d’accès à cause des températures, tandis que d’autres nécessitent de disposer de ressources ou d’équipements adaptés. Et parfois, on cumule les deux difficultés. Parce qu’apparemment, traverser un monde gelé ne suffit pas !
Cette progression donne un intérêt réel à la préparation. On ne se contente pas de découvrir une nouvelle partie de la carte : on cherche aussi à comprendre comment s’y aventurer sans y laisser sa peau. Il faut parfois accepter de faire demi-tour, de retourner à la base ou de repousser une expédition. C’est frustrant quand on aperçoit une destination intéressante au loin, mais cela donne aussi une vraie valeur aux progrès accomplis. Le jeu ne transforme toutefois pas chaque déplacement en épreuve insurmontable. Avec un peu d’organisation, on apprend progressivement à mieux gérer ses sorties et à prendre davantage de risques. C’est cet équilibre entre prudence et curiosité qui rend les excursions intéressantes. Surtout quand on arrive à résister à l’envie de ramasser absolument tout ce que l’on croise sur son chemin.


S’il y a bien un aspect de Permafrost qui m’accroche, c’est son exploration. J’aime avoir une bonne raison de quitter ma base, mais aussi pouvoir me laisser distraire en chemin. Ici, il y a toujours quelque chose à vérifier, un endroit à visiter ou une ressource à récupérer. On part avec un objectif précis et l’on finit souvent par en avoir trois autres en tête. C’est une qualité importante pour un jeu de survie en monde ouvert. Une carte immense ne sert pas à grand-chose si elle ne donne aucune envie de la parcourir. Dans Permafrost, la recherche de matériaux, la découverte de lieux abandonnés et les possibilités de progression entretiennent cette curiosité. Chaque détour peut devenir utile, que ce soit pour améliorer son équipement, préparer une future construction ou simplement avancer dans l’aventure.
La faune apporte également de la variété à ces escapades. La chasse permet de se nourrir, tandis que les ressources récupérées dans l’environnement servent à fabriquer différents objets. Cette boucle entre exploration, collecte et fabrication fonctionne bien, car elle donne un objectif concret à nos déplacements. On ne ramasse pas simplement des matériaux pour remplir un inventaire : on cherche à améliorer ses chances de survie. Et c’est là que le jeu m’a particulièrement plu. Je peux facilement me laisser absorber par une expédition sans voir le temps passer. Je voulais récupérer quelques ressources, puis j’ai aperçu un endroit intéressant. En fouillant les environs, je me suis retrouvé à chercher de quoi fabriquer un nouvel équipement. Et, tant qu’à faire, autant pousser un peu plus loin pour voir ce qui se cache derrière la prochaine zone. Le froid est censé nous pousser à rentrer, mais la curiosité est parfois un adversaire encore plus difficile à gérer. Permafrost réussit à créer cette petite tension entre ce que l’on devrait faire et ce que l’on a envie de faire. Pour un jeu centré sur la survie, c’est une mécanique particulièrement efficace.


Parmi les bonnes idées du jeu, la présence d’un compagnon canin mérite d’être soulignée. On peut choisir sa race, ce qui apporte une petite touche de personnalisation bienvenue. Mais ce compagnon ne se contente pas de nous suivre pour faire joli dans le décor : il sert notamment à transporter des ressources et se révèle donc très pratique pendant les longues explorations. Dans un jeu où la place disponible et la gestion du matériel comptent, pouvoir s’appuyer sur son chien est appréciable. Cela renforce également le sentiment de ne pas être complètement seul dans ce monde désertique. Même si l’on reste avant tout responsable de sa propre survie, cette présence apporte un peu de vie à des environnements qui peuvent autrement paraître particulièrement hostiles.
Tout n’est cependant pas parfait. Le chien a tendance à bouger constamment et il faut parfois le rappeler à l’ordre. C’est le genre de petit désagrément qui ne ruine pas l’expérience, mais qui peut finir par agacer lorsqu’on cherche simplement à gérer son inventaire ou à avancer tranquillement. On apprécie donc l’idée, tout en regrettant que son comportement ne soit pas toujours aussi pratique qu’on le souhaiterait. Disons qu’il est un excellent compagnon de survie, à condition d’accepter qu’il ait parfois sa propre conception de la promenade.


Dans Permafrost, la base occupe une place importante. Et pas question de se contenter systématiquement d'un abri posé à la va-vite pour passer la nuit : les possibilités de construction permettent de créer son espace de A à Z, avec une liberté qui laisse une vraie marge de manœuvre. J’aime cette dimension, car elle donne un intérêt supplémentaire aux ressources que l’on récupère pendant les expéditions. Chaque sortie peut contribuer à améliorer notre installation. On explore pour trouver des matériaux, on les ramène pour construire, puis on repart avec de nouvelles possibilités en tête. La boucle est simple à comprendre, mais elle fonctionne parce qu’elle nourrit constamment un objectif à plus long terme.
Le système ne se limite d’ailleurs pas à notre camp principal. Il est possible de réhabiliter d’anciens abris rencontrés au cours de nos déplacements. C’est une excellente idée, puisqu’elle permet de disposer de plusieurs points de chute au lieu de dépendre d’une seule base située à l’autre bout de la carte. Cette possibilité change la manière d’aborder les régions éloignées. On peut envisager des explorations plus ambitieuses en sachant qu’un refuge pourra servir d’étape, à condition de prendre le temps de le remettre en état. Le monde devient ainsi moins intimidant, sans pour autant perdre tout son intérêt. J’y vois l’un des aspects les plus réussis de Permafrost : la construction ne sert pas uniquement à décorer un coin de terrain. Elle participe directement à notre progression et à notre capacité à nous aventurer toujours plus loin. Dans cet univers, un abri n’est pas un simple toit au-dessus de la tête. C’est la différence entre une expédition maîtrisée et une très mauvaise décision.


L’autre intérêt de Permafrost réside dans son approche narrative. Le monde possède un lore intéressant, et la quête principale permet de progresser dans l’histoire plutôt que de survivre sans véritable direction. C’est un point important pour moi, car j’apprécie les jeux qui donnent une raison de s’intéresser à leur univers au-delà de la simple collecte de ressources. Les quêtes secondaires complètent cette progression. Elles permettent de découvrir davantage le monde, tout en offrant des occasions de gagner de l’expérience et de débloquer de nouveaux plans. Elles ne sont donc pas uniquement là pour rallonger artificiellement la durée de vie : elles s’intègrent à la boucle de progression et peuvent contribuer à rendre nos prochaines expéditions plus efficaces.
Cette combinaison entre récit et survie me convient bien. La quête principale fournit un fil conducteur, tandis que les activités annexes nous laissent libres de prendre notre temps. On peut avancer dans l’histoire, puis décider de consacrer une session entière à la recherche de matériaux ou à la remise en état d’un refuge. J’aurais toutefois tendance à conseiller de ne pas négliger les objectifs secondaires. Dans un jeu où les plans de fabrication et les améliorations ont une réelle importance, prendre le temps de développer son personnage peut éviter de se retrouver limité au moment où l’on souhaite explorer une région plus dangereuse.
Tout n’est pas aussi convaincant, et le comportement des ennemis constitue l’un des points qui m’ont le plus fait tiquer. Leur temps de réaction est assez long, ce qui laisse généralement une marge de manœuvre confortable pour comprendre la situation et réagir. C’est pratique pour les joueurs qui découvrent le genre ou qui préfèrent consacrer leur temps à l’exploration plutôt qu’aux affrontements. Le problème, c’est que cette lenteur réduit aussi la pression que devraient exercer certaines rencontres. Dans un monde où chaque ressource compte et où la moindre erreur peut théoriquement coûter cher, on aimerait parfois sentir que les ennemis représentent une menace plus immédiate.
Le contraste est assez étrange : le froid nous oblige à réfléchir, à surveiller notre endurance et à préparer nos déplacements, alors que les affrontements peuvent se montrer plus permissifs. La survie est exigeante dans la gestion du quotidien, mais elle perd une partie de son mordant lorsque les adversaires nous laissent autant de temps pour réagir. Ce n’est pas rédhibitoire, loin de là. Mais cela atténue la tension que le jeu parvient à installer pendant l’exploration. Un peu plus de réactivité de la part des ennemis rendrait les sorties plus imprévisibles et renforcerait cette impression d’évoluer dans un monde réellement hostile. Il faut également garder à l’esprit que Permafrost est disponible en accès anticipé. Son équilibre et certains aspects de son expérience peuvent donc encore évoluer. Cela ne dispense pas de relever ses défauts, mais invite à considérer cette aventure comme un jeu en développement plutôt que comme une expérience définitivement figée.


Je retiens donc de ce jeu surtout une aventure qui sait entretenir ma curiosité. Permafrost n’a pas besoin de me pousser constamment dans le dos pour me faire avancer : il lui suffit de placer quelque chose d’intéressant un peu plus loin pour que je sois tenté d’y aller. si vous aimez les jeux de survie qui laissent une place importante à l’exploration, à la collecte et à la construction, Permafrost mérite votre attention. Il lui reste des aspects à améliorer, notamment du côté des combats, mais son univers gelé et sa boucle de progression ont déjà de quoi accrocher les amateurs du genre. Après tout, le plus grand danger dans Permafrost, ce n’est pas seulement de mourir de froid. C’est de se dire « encore cinq minutes d’exploration » alors que la nuit tombe et que la base est beaucoup trop loin.

Permafrost est le genre de jeu dans lequel je peux facilement perdre plusieurs heures sans m'en rendre compte. Je pars chercher quelques ressources, je tombe sur un bâtiment intéressant, puis je finis par explorer une zone entière alors que j'aurais probablement dû rentrer depuis longtemps. C'est cette liberté qui me plaît : le jeu sait entretenir ma curiosité et me donner envie de découvrir ce qui se cache un peu plus loin. J'apprécie également la construction, la possibilité de réhabiliter des abris et la présence du chien, même si ce dernier pourrait se montrer un peu moins dissipé. En revanche, les ennemis manquent de réactivité et rendent les combats moins intéressants qu'ils ne pourraient l'être. C'est dommage, car le froid et la gestion des ressources installent une tension que les affrontements ne parviennent pas toujours à prolonger. Malgré ces défauts, je retiens surtout une expérience de survie prenante, portée par une exploration efficace et une vraie envie de progresser. Tout n'est pas encore parfaitement maîtrisé, mais j'ai largement de quoi avoir envie de repartir explorer ce monde gelé.
