Durant la gamescom, fin août, j’ai eu l’occasion d’en apprendre davantage sur le nouveau projet de Digital Lighthouse, une société italienne plutôt connue jusqu’ici pour ses activités dans le cinéma, la télévision, les effets visuels, la réalité virtuelle, la photogrammétrie ou encore les reconstructions 3D que pour le jeu vidéo.
Leur nouveau projet, Encryption, est un thriller psychologique à la première personne se déroulant dans une Matera ravagée par les incendies. Un père recherche sa fille disparue dans des environnements photoréalistes, avec exploration, énigmes, infiltration et une bonne dose d’angoisse.
Déjà… pourquoi Matera ? Cette ville, pas forcément très connue hors des frontières de l’Italie, est très utilisée comme décor par Hollywood. De nombreux films y ont été tournés, dont le James Bond Mourir peut attendre.
Mais ce choix est aussi lié à l’histoire de Digital Lighthouse. Depuis 2018, l’entreprise travaille autour de la numérisation et de l’étude de Matera, notamment dans le cadre d’un projet mené avec des chercheurs de l’Université de Basilicate, du CNR et du comité jeunesse de l’UNESCO. Elle disposait donc déjà d’une importante base de données consacrée à cette ville atypique avant même de se lancer dans Encryption.
Photogrammétrie et laser scanning sont aujourd’hui réutilisés dans l’Unreal Engine 5 afin de reproduire Matera et ses environs avec un rendu photoréaliste. La ville sera ainsi très similaire à la réalité, avec ses habitations accrochées à la colline et toute une cité en dessous… à part pour les créatures et les quelques gens morts ! Jusqu’à preuve du contraire, ils ne sont pas là en réalité !

L’intro nous embarque justement dans un souterrain bien flippant, ou plutôt les ruines d’un étrange complexe. Notre personnage avance, en combinaison et scaphandre. Un artefact n’attend qu’à être emporté… et brûle la main du personnage lorsqu’il tente de s’en emparer.
La scène s’arrête très vite, et la suite se déroule ensuite à la surface. L’histoire se situe dans un futur proche, quelques années devant nous, qui ne paraît malheureusement plus si loin du nôtre après les canicules et les incendies de ces derniers étés, car la ville est entourée de flammes.

Matera ne sera d’ailleurs pas uniquement explorée en surface. Certains de ses souterrains, cryptes et églises rupestres serviront aussi de décors à l’aventure. D’autres sections nous emmèneront dans des parcs ou encore dans la campagne environnante.
Leonardo, notre personnage, a une montre donnant le nombre de pas, la charge de la torche et le niveau d’oxygène, ce qui est primordial pour survivre au milieu du brasier. Il y a donc un petit côté « survie », ajouté au fait qu’il faut aussi récupérer des batteries pour continuer à s’éclairer.
La mécanique puzzle reste très importante. Une mallette demande par exemple un code pour être ouverte. On triche pendant la présentation en entrant directement 354 mais, normalement, il faudra récupérer des informations, lire des documents et observer les environs pour s’en sortir. Plus tard, ce sera une énigme basée sur les éléments (feu, air…) et la lumière, ou encore un labyrinthe. Les niveaux seront assez linéaires, on n’est clairement pas dans un monde ouvert, mais il y aura malgré tout pas mal d’endroits à fouiller.

L’artefact, ce fameux objet découvert dans l’introduction, donne accès à des pouvoirs spéciaux contre les ennemis surnaturels. Il est notamment possible de vaporiser certaines de ces créatures, qui ressemblent à des sortes d’ombres. Plutôt pratique ! Sauf que l’artefact demande de l’énergie pour être utilisé et n’est donc pas toujours disponible. Il n’y a alors parfois pas d’autre solution que de trouver un autre moyen de survivre et, le mieux, sera généralement de juste se cacher ! Le développeur m’a parlé de combats de boss ou encore d’anciens golems qui nous pourchassent dans une bibliothèque. Flippant !
L'aspect horrifique justement, m’inquiétait, car je ne suis pas du tout fan des jeux avec des scènes gores. Ce ne sera pas le cas dans Encryption.
Le projet était jusqu’ici décrit comme un jeu d’horreur, Digital Lighthouse souhaite revoir son positionnement pour le présenter davantage comme un thriller psychologique, ce qui correspond assez bien à ce que j’ai vu : le côté inquiétant vient surtout de l’atmosphère, du suspense et de cette sensation de vulnérabilité face aux différentes créatures plutôt que d’une accumulation de scènes gore.


Il existe également un autre élément assez mystérieux dont nous n’avons pas parlé durant la présentation. Digital Lighthouse développe un petit univers transmédia autour d’Encryption, avec notamment Nautilus: Into the Depths of History, une fausse émission télévisée consacrée aux mystères historiques et archéologiques. Le site présente notamment un épisode consacré à Matera et à de mystérieuses inscriptions qui pourraient bouleverser l’histoire de Pythagore.
Je n’ai donc aucune idée pour l’instant de la manière dont tout cela s’intégrera à l’histoire de Leonardo, mais entre les ruines, l’artefact et les différents mystères rencontrés, voilà qui ajoute encore une piste plutôt intrigante.
En guise de conclusion, je me demandais justement pourquoi ce titre d’Encryption. Je n’ai pas vraiment eu de réponse, mais il y aura bien une explication dans le jeu ! C’est lié à une partie de l’histoire… J’avoue, ça m’intrigue ! Mais il faudra attendre début 2027, sur PC et consoles, pour découvrir cette inquiétante version de Matera.