J'avais joué au premier AION lors de sa sortie, pendant quelques mois, avant de finir par passer à autre chose. Autant dire que je connaissais les bases, mais que mes souvenirs commençaient tout de même à dater un peu au moment de découvrir AION 2 à la gamescom.
J’ai découvert cette nouvelle version en compagnie de Merv Lee Kwai, Executive Publishing Producer, Andrew Long, Senior Producer, et Seung-Uk Baek, Chief Business Officer, qui ont ensuite répondu à nos questions.
AION 2 se déroule 200 ans après le premier jeu, dans un Atréia toujours marqué par la destruction de la Tour de l’Éternité, tandis que les Élyséens et les Asmodiens doivent désormais composer avec des Balaurs devenus plus puissants.
L'idée derrière cette suite est de reprendre la vision que les développeurs avaient à l'époque, mais que la technologie ne leur permettait pas de concrétiser. Avec Unreal Engine et les possibilités actuelles, ils veulent enfin donner vie à l'Atréia qu'ils avaient imaginée.
Cela passe déjà par les graphismes, avec un gros travail sur les environnements, les créatures et les personnages. Mais surtout par la liberté d'exploration. Le monde d'AION 2 est annoncé comme 36 fois plus grand que celui du premier jeu, sans écran de chargement, et tout ce que l'on aperçoit au loin doit pouvoir être atteint.

Les ailes jouent évidemment un rôle central. Un double saut permet de décoller presque de n'importe où, puis de voler librement à travers le monde. Il est même possible de combattre dans les airs, mais aussi sur terre et sous l'eau. Et oui, désormais, les personnages savent nager ! Les développeurs résument assez bien l'objectif : donner l'impression de ce que ce serait d'avoir réellement des ailes.
Huit classes seront disponibles au lancement : le Gladiateur pour les gros dégâts au corps à corps, le Templier en tank, l'Assassin spécialisé dans la discrétion, le Rôdeur avec son arc et ses pièges, le Sorcier avec ses sorts de glace et de feu, le Spiritualiste accompagné de ses esprits élémentaires, le Clerc en support et l'Aède, à mi-chemin entre dégâts et soins.
Le combat a lui beaucoup évolué. Là où le premier AION suivait les codes du MMO traditionnel, AION 2 cherche une approche orientée action. Les développeurs citent Elden Ring lorsqu'ils parlent de leurs combats de boss, avec davantage de mouvements, d'esquives et de mécaniques auxquelles réagir.

La personnalisation du personnage va assez loin avec plus de 200 paramètres différents. Maquillage, morphologie, coiffure... il est même possible de modifier la taille des pupilles ! Je me souviens, à l'époque, que des Daevas monstrueux étaient nés, et ça risque d'être encore le cas ! Les cheveux disposent de deux teintes dont on peut ajuster la répartition, le contraste ou encore la brillance. Pour les indécis, des presets peuvent être créés et sauvegardés afin de revenir dessus plus tard.
Même chose pour les tenues. Les ensembles complets sont disponibles, mais chaque pièce peut être utilisée séparément pour mélanger les styles. La majorité des cosmétiques montrés pendant la présentation peuvent être obtenus en jouant, via les quêtes ou les donjons, même si certains seront aussi vendus dans la boutique.
Cela concerne également les apparences des armes. Et il y a de tout, depuis les designs très fantasy jusqu'à des choses franchement beaucoup plus ridicules. J'ai notamment vu passer un adorable petit nounours qui ne faisait pas vraiment très guerrier...
Les ailes deviennent elles aussi un véritable objet de collection. Plus on explore, réalise des quêtes ou termine certains contenus, plus on peut en récupérer. Certaines demandent même de refaire plusieurs fois un donjon afin de réunir les matériaux nécessaires à leur fabrication. L'un des développeurs présents a dû terminer plus de cinquante fois un donjon pour récupérer de magnifiques ailes.
Cette collection n'est pas uniquement esthétique : certaines ailes disposent aussi d'une compétence de vol, qui détermine notamment combien de temps on peut rester en l'air. En revanche, les apparences d'ailes vendues dans la boutique n'apportent pas de puissance supplémentaire.
Et puisqu'on parle de collections, le système de familiers m'a beaucoup fait rire. Pratiquement n'importe quelle créature combattue dans le monde peut voir son âme récupérée et devenir ensuite un pet... mais aussi une monture. Une énorme créature peut nous transporter sur son épaule, une autre nous fait voyager accroché à ses serres... J'ai aussi aperçu un petit personnage en forme de lune, un animal en ballon qui couine en marchant... Il y en a pour tous les goûts.

La présentation est ensuite passée au JcE ; AION 2 annonce plus de 200 donjons de différents formats. Un mode Facile sera aussi proposé, avec des tutoriels pour comprendre les mécaniques des boss et même un système permettant de remplacer un joueur en cours d'instance.
On commence par découvrir un donjon Cauchemar (Nightmare), un contenu solo qui met directement face à un boss. L'objectif est autant de gagner du butin que d'apprendre à maîtriser sa classe et les mécaniques de combat.
Les premières attaques servent de tutoriel : sauter au bon moment, comprendre le rythme des attaques, apprendre ses rotations... Ces mécaniques reviendront ensuite sous des formes plus complexes dans les autres contenus. Les récompenses obtenues ici participent à la progression globale. L'équipe veut justement permettre au joueur de progresser quel que soit son style de jeu. Quelqu'un qui n'a pas envie de rejoindre un groupe peut donc se connecter, faire quelques donjons et continuer à avancer malgré tout.

Viennent ensuite les Expéditions, des donjons prévus pour cinq joueurs. L'équipe veut conserver à l'intérieur la sensation d'exploration du monde extérieur, avec des environnements travaillés, une ambiance propre à chaque lieu et pas uniquement une succession de couloirs remplis de monstres.
C'est tellement grand qu'on peut même y utiliser ses montures. Certains passages permettent aussi de se laisser porter par des courants qui nous déplacent sans consommer notre énergie de vol, histoire de souffler un peu, regarder le paysage ou discuter de la prochaine rencontre.
La composition du groupe reste libre. La démonstration utilisait un groupe traditionnel, basé sur la trinité habituelle, mais rien n'empêche de partir avec des groupes déséquilibrés. Ce sera juste plus compliqué.
Les boss demandent en tout cas de réagir vite. Une mécanique vue durant la présentation désignait par exemple un personnage entouré d'une zone de sécurité. Les autres devaient immédiatement le rejoindre, avant qu'une nouvelle attaque oblige tout le monde à changer de position.

Au-dessus encore se trouvent les Sanctuaires, les raids à dix joueurs. Le groupe se divise alors en deux équipes de cinq, commence par affronter un premier ennemi, se sépare pour éliminer deux boss différents, puis se retrouve pour le combat final.
Face à Ludra, une sorte d'échiquier apparaît au sol. Certains joueurs doivent tester différentes cases : si elles deviennent rouges, mieux vaut déguerpir ; lorsqu'une case bleue est trouvée, tout le monde doit au contraire converger vers elle avant l'arrivée d'une énorme attaque.
Dans les instances, impossible de voler pendant les combats. Mais les ailes restent utilisables pour planer, gagner de la vitesse ou passer au-dessus de certaines mécaniques.

La version mondiale d'AION 2 profite de l'année d'exploitation déjà écoulée en Corée. Les développeurs ne veulent pas transformer le jeu pour l'Occident, afin de conserver l'identité d'AION, mais plusieurs adaptations ont été réalisées à partir des retours des joueurs.
Les Expéditions sont notamment passées de quatre à cinq joueurs, tandis que les Sanctuaires accueillent désormais dix personnes contre huit auparavant. Le grind et certains systèmes de collection, notamment autour des familiers et des ailes, ont aussi été allégés.
Ces changements ne sont d'ailleurs pas réservés à la version mondiale : l'objectif est de retenir les améliorations qui peuvent profiter à toutes les régions. Nous commencerons avec le contenu de la première saison coréenne, mais avec plusieurs équilibrages et améliorations de qualité de vie intégrés dès le départ.

L'autre gros sujet, forcément, concerne la monétisation et les craintes autour du pay-to-win.
AION 2 sera free-to-play. Un abonnement optionnel à 15 dollars par mois sera également proposé (probablement 14,99€ en Europe). Tout le contenu restera accessible sans celui-ci, à deux exceptions près : les échanges directs entre joueurs et l'accès au marché, l'équivalent de l'hôtel des ventes.
L'équipe explique ce choix par la nécessité de protéger l'économie d'un MMO free-to-play où les échanges pourraient autrement être facilement exploités.
Le reste du modèle économique repose sur des passes liés aux saisons et la vente directe de cosmétiques. L'équipe sait que le sujet inquiète la communauté et affirme vouloir ajuster les choses en fonction des retours. Un exemple récent : après les réactions autour des packs fondateurs, du temps d'abonnement y a été ajouté.

Reste le JcJ, autre composante historique d'AION... et autre sujet potentiellement délicat.
La version coréenne avait été lancée avec le JcJ activé en permanence, mais les joueurs ont demandé que cela change. Dans la version actuelle, il devient donc possible de choisir de participer ou non au JcJ lorsqu'on explore Atréia et accomplit ses quêtes.
Cela ne signifie pas que cet aspect disparaît. Des arènes, champs de bataille et surtout l'Abysse, permettent de se consacrer pleinement au JcJ. Cette dernière est une zone ouverte où les combats restent toujours activés.
L'opposition entre les Élyséens et les Amosdiens demeure donc importante, mais sans obliger les joueurs qui n'en ont aucune envie à se faire attaquer au milieu de leurs quêtes.
La gestion de l'équilibre entre ces deux factions a aussi beaucoup changé depuis le premier AION. Plutôt que de laisser un serveur devenir largement favorable à un camp, les serveurs sont désormais associés à une faction. Un matchmaking croise ensuite différents serveurs en fonction de leur population afin de mettre face à face des groupes de taille comparable. Une idée que je trouve très bonne !

Enfin, il restera un décalage entre les versions coréenne et mondiale. La Corée possède une année d'avance, soit trois saisons de contenu, avec une mise à jour majeure environ tous les trois mois. L'équipe mondiale compte suivre à peu près la même cadence. Aller trop vite obligerait les joueurs à progresser sans arrêt pour suivre, mais attendre trop risquerait au contraire de laisser les plus assidus sans rien à faire.
Il ne faut en revanche pas s'attendre à voir la version mondiale rattraper la Corée. La quantité de contenu à localiser rend une sortie systématique le même jour difficile. Certains événements ou mises à jour particulières pourraient néanmoins arriver simultanément dans toutes les régions.

Côté infrastructures, cinq grandes régions de serveurs sont prévues pour accompagner ce lancement mondial. Les prochains tests seront essentiels pour vérifier que tout tient la route avec beaucoup de joueurs connectés en même temps.
L'attente ne sera plus très longue : AION 2 sortira le 5 octobre 2026 sur PC, avec une version disponible via Steam et PURPLE. Les détenteurs d'un pack de fondateur pourront débuter cinq jours plus tôt, dès le 30 septembre. Un Launch Scale Test gratuit aura lieu les 17 et 18 septembre, avec la création de personnage et le début de l'aventure accessibles à tous.
J'étais surtout curieuse de voir ce qu'AION était devenu après toutes ces années. Cette suite semble moins chercher à tout réinventer qu'à concrétiser les espoirs du premier. Or, j'en avais beaucoup ! Je suis tout à fait prête à me relancer et à redonner à Aion une seconde chance.
Mon ticket est réservé pour fin septembre !