À la gamescom, j’ai eu l'occasion de discuter avec Russell Kay, Head of GameMaker, sur le stand Opera GX. Nous avons notamment abordé l’évolution de l’outil et de sa communauté, ainsi que la façon dont il cherche aujourd’hui à accompagner aussi bien les débutants que les vétérans.

GameMaker existe depuis longtemps, mais Russell insiste surtout sur le fait qu’il a grandi avec sa communauté. L’outil a servi à créer des jeux devenus cultes comme Undertale, Hotline Miami, Nuclear Throne, Chicory ou encore UFO 50, et continue d’être utilisé dans des contextes très variés, des game jams jusqu’aux cours de game design.
À un moment, on passe en revue tous les jeux via SteamDB, et Russell Kay est très fier de cette liste : GameMaker est le troisième moteur utilisé après Unity et Unreal parmi les jeux référencés sur cette page.
L’un des grands objectifs reste de permettre à n’importe qui de créer un jeu sans avoir besoin d’un énorme bagage technique. Pour Russell, une bonne idée ne doit pas sembler hors de portée simplement parce qu’on ne sait pas coder à haut niveau.
GameMaker est d’ailleurs gratuit pour les usages non commerciaux. Pour publier sur PC et mobile, une licence à 97,50€ est demandée, tandis que le support consoles passe par un abonnement annuel à 679,99€ couvrant les différentes plateformes.
L’outil reste surtout associé à la 2D, mais GameMaker cherche désormais à élargir ses possibilités. De nouveaux outils permettent d’aller vers des rendus plus proches de la 3D, tout en gardant l’idée de rendre les choses simples à mettre en place.
Russell cite l’intégration de Spine, un outil d’animation 2D basé sur des squelettes, ainsi que des effets permettant de conserver une image propre lors des changements d’échelle, sans obtenir un rendu pixélisé.

Le support JavaScript fait aussi partie des nouveautés importantes. L’idée est de rendre les compétences plus transférables et de faciliter le passage entre GameMaker et d’autres environnements de développement.
Même logique du côté du multijoueur. GameMaker veut simplifier le travail réseau sans imposer une seule technologie. Plusieurs fournisseurs peuvent être utilisés, comme Photon, Colyseus ou Namazu Elements, afin de laisser les studios choisir l’infrastructure qui leur convient.
L’audio évolue aussi, avec davantage d’outils intégrés et la prise en charge de solutions comme FMOD (c'est le cas depuis quelques années). Le moteur peut ainsi mieux comprendre les beats, les harmoniques et la structure musicale pour créer des interactions plus poussées avec le son.
L’IA entre elle aussi dans l’écosystème, mais sans être imposée. GameMaker permet de s’appuyer sur des outils comme Codex ou Claude si on le souhaite. Russell insiste sur le caractère optionnel de ces usages.
GameMaker cherche aussi à mieux accompagner les développeurs après la création du jeu. Le but n’est plus de fournir un moteur, mais aussi de faciliter la découverte et la publication.
Cela passe par des extensions destinées à accélérer la mise en ligne sur Steam, Google Play, l’App Store ou l’Epic Games Store, ainsi que par différents outils utiles : leaderboards, publicité mobile ou présence sur les différentes plateformes.
L’écosystème profite aussi de sa proximité avec Opera GX, puisque les deux appartiennent à la même entreprise. Cela permet de mettre en avant des jeux GameMaker dans le navigateur et de créer une sorte de boucle vertueuse entre création, publication et visibilité.
GameMaker organise des game jams, soutient des showcases et met en avant certains projets sans se baser uniquement sur leurs ventes. L’idée est de donner de la visibilité à des jeux intéressants, même s’ils ne sont pas déjà des succès commerciaux.
Au fond, le discours de Russell Kay reste très simple : GameMaker veut continuer à rendre la création de jeux accessible, sans pour autant rester cantonné aux petits projets 2D. Plus de plateformes, plus d’outils, plus de réseau, plus d’audio et des workflows qui deviennent plus ambitieux, tout en gardant l’idée qu’un créateur seul peut encore lancer quelque chose de solide.
Et c’est sans doute ce qui explique que, presque trente ans après ses débuts, GameMaker continue de trouver sa place auprès de profils très différents.
Moi qui mets de côté mon concept de jeu depuis des années... je me dis que ce serait peut-être l'occasion de m'y remettre et de tester si les promesses sont tenues. Et vous, avez-vous déjà essayé GameMaker ?


