Version testée : PC (Steam)
Plates-formes disponibles : PC, iOS et Android
Genre : aventure cinématographique
Prix conseillé : 14,54€ le bundle sur Steam
Date de sortie : 9 septembre 2025 / 9 juin 2026
Studio / Editeur : New One Studio / Ariel
Clé fournie par l'éditeur, merci à eux !
Je vais être honnête : quand j'ai reçu des clés Steam pour ce jeu courant juin, elles ont abouti dans ce dossier où je mets toutes les clés non sollicitées. Je m'attendais à une mauvaise romance à l'eau de rose et je n'avais pas très envie de tester ça. Mais l'équipe de presse a su se montrer insistante et a attisé ma curiosité. Comme personne ne se motivait dans l'équipe, et que j'avais une soirée de libre, je me suis dit que je pouvais bien « perdre » une heure ou deux, et que je verrais si j'avais moyen de faire un article.
Au final, j'ai terminé le I et je suis au début du II, et j'adore !! En sachant que les deux sont une suite directe, l'histoire s'enchaîne, les mécanismes sont similaires, tout comme l'interface très similaire aussi (et les acteurs, heureusement). Pour la suite de l'article, je parlerai donc de « Road to Empress » sans différencier les opus (je reviendrai sans doute sur les spécificités du II dans un second aperçu plus tard).


Nous sommes à la frontière du jeu et du film. L'immense majorité des séquences sont tournées en prises de vues réelles, avec des acteurs, et il y a au final assez peu de gameplay. Quelques QTE. Et plein de dialogues avec des choix impossibles.
Pour vous situer l'histoire, on incarne une jeune femme nommée Wu Yuanzhao (très librement inspirée de l'impératrice Wu Zetian). Elle entre à la cour de l'empereur de Chine, Li Shimin, en tant que concubine (Cairen) en 637 après J.-C.
Elle découvre très vite qu'elle se trouve au milieu d'un véritable panier de crabes, où des dizaines de femmes sont « mariées » à l'empereur et, en tant que telles, payées pour être à sa disposition, avec rien de mieux à faire de leurs journées que comploter. Enfin, certaines ont des fêtes à organiser, et il y a au sein des cairens une hiérarchie très stricte, avec la concubine de la valeur, la concubine de l'élégance... Wu travaillera de son côté comme secrétaire pendant un moment. Mais cela leur laisse beaucoup (trop) de temps pour s'écharper les unes et les autres, à une époque où il ne fallait pas faire grand chose pour finir exécutée, assassinée ou empoisonnée.


Pour ajouter un peu de piment, on peut compter sur les deux fils de l'empereur : Li Zhi (le prince de Jin) et Li Tai (le prince de Wei), qui tous deux s'intéressent à Wu. Tout autant pour sa position politique que par amour, d'ailleurs. Ce sont, dans le I, davantage des échanges de regards et de courtes discussions volées qu'autre chose. Il faut attendre le II pour que les choses deviennent sérieuses. Vraiment pas la romance que je craignais !


Je pourrais parler de tous les personnages impliqués dans ce drame politique : les amants, les gardes, les conseillers, les ministres, l'astrologue... Ou la princesse Gaoyang, qui devient très proche de Wu, et la protégera de nombreuses années grâce à son influence. Ils sont nombreux à évoluer à proximité de Wu, et c'est d'ailleurs le seul mini reproche que je pourrais faire. Ils sont trop ! J'étais souvent paumée sur des noms qui, pour moi, se ressemblent un peu trop, et à choisir des noms au hasard dans les dialogues car je ne savais plus qui était qui. Une galerie permet de retrouver ces personnages et d'obtenir quelques informations à leur sujet (ainsi que des vidéos exclusives), ce qui m'a évité quelques quiproquos, même si ça ne sauve pas au milieu de l'action.
Mais le gros avantage du jeu est qu'il y a des conséquences... sans avoir de conséquences. Je m'explique ! Tous les choix sont cruciaux, et parfois la quasi-totalité des embranchements vont mener à une fin, tragique la plupart du temps. Mais, contrairement à d'autres jeux du genre, il n'y a rien de négatif à tester, bien au contraire. Cela ouvre souvent à des dénouements inattendus et des fins anticipées heureuses. À plusieurs reprises, Wu pourra ainsi s'échapper du palais et embrasser des destinées inattendues loin des complots de la cour (je me souviens notamment d'une situation où elle termine à la tête d'une équipe féminine d'un club style football !)
Après l'appréhension initiale et la crainte d'échouer, je me suis vite prise au jeu. Bon, d'accord, je ne faisais vraiment pas la maligne quand, après genre cinq minutes de jeu, je me suis retrouvée exilée, marquée au fer rouge ou la langue arrachée. Assez vite, on s'y fait ! Le fil des intrigues résume l'intégralité des choix déjà explorés et, en un clic, je peux reprendre avant que les choses ne déraillent. Le petit pendant de ça, bien sûr, c'est que la trame est bien plus linéaire qu'elle ne le paraît de prime abord, la plupart des choix amenant à des fins, et les autres convergent plutôt vite.

Le lecteur est bien conçu, avec diverses options pour accélérer, zapper les passages déjà vus ou revenir en arrière. Explorer toutes les possibilités n'est donc pas rébarbatif.
Ensuite, oui. Du côté jeu pur, c'est limité... Mais tous ces choix.... Oui, bon, je me répète ! Histoire de pousser à expérimenter, différents succès sont répartis en plusieurs catégories. À la clé deux monnaies. La première donne des indices sur la façon de se sortir d'une situation. Je n'en ai pas eu vraiment besoin, je n'ai testé qu'une fois, histoire de voir comment ça fonctionnait. La seconde est liée à un vote hebdomadaire pour les meilleurs gentils et méchants, avec un classement. Des achats intégrés sont complémentaires à cette économie secondaire, rien qui ne soit vraiment utile. Je n'ai jamais ressenti le besoin de sortir la carte bancaire pour progresser.
Le jeu n'est pas sans humour avec des situations vraiment décalées. J'ai adoré quand Wu prend un poison et réagit en mode : "J'en ai marre de ce foutu jeu où je n'arrête pas de mourir !"

Finir l'histoire principale prend environ cinq à six heures. Ensuite, vous pourrez vouloir finir chaque chapitre à 100%. Regarder chaque vidéo bonus de chaque personnage. Écouter les petites interventions audio liées aux fins. Accomplir les succès. Je suis en train de m'amuser à compléter le I, j'en suis à environ une dizaine d'heures, alors qu'en moyenne mes chapitres sont terminés à 75%. Autant vous dire qu'il me faudra bien cinq heures supplémentaires. Le studio annonce environ cinq cents minutes de films sur le I, soit un peu plus de huit heures, et mille sur le II, soit presque dix-sept.
Vu le prix, je ne m'attendais pas à autant ! Comptez une quinzaine d'euros pour les deux. Oui, vous pourrez acheter le un uniquement. Mais vous voudrez le second, croyez-moi. Wu se retrouve en plein milieu d'un foutu cliffhanger, impossible de ne pas vouloir acheter la suite... Je n'envie pas les joueurs qui ont dû patienter neuf mois pour découvrir la fin de l'histoire !
Tant que j'en suis dans les chiffres, un petit dernier : le premier jeu compte 110 fins différentes. La grande majorité sont des morts ou des conclusions très rapides, mais ça donne une idée du nombre de fausses routes à explorer.


Avant de conclure, un mot sur les « graphismes », ou devrais-je plutôt parler de filmographie, de décors, d'accessoires et de costumes. J'ai noté un véritable souci du détail, idéal pour s'immerger dans cette époque de la Chine médiévale. Je ne m'y connais pas assez pour pouvoir dire si, oui ou non, c'est réaliste. En tout cas, ça en donne l'impression et c'est pour moi l'essentiel. Pour les connaisseurs, le jeu a été tourné à Hengdian World Studios, gigantesque complexe de tournage chinois spécialisé notamment dans les reconstitutions historiques, ce qui explique sans doute la qualité assez bluffante des décors. Et le tout en 4K, autant en profiter !
Les acteurs et actrices sont impliqués. Ils ont tendance à surjouer, surtout les rôles secondaires féminins, mais ça fait partie du charme de la réalisation, et ça passe très bien. Au contraire, quand cela n'est pas nécessaire, ils savent se contrôler et les sentiments passent. Les prises de vue sont soignées, avec de beaux effets. Cette scène où Wu et l'un des princes discutent sous la neige avec leurs ombrelles ouvertes est magique.

La musique, enfin, est tout à fait en accord, souvent présente, sans être omniprésente. Il y a un personnage secondaire musicien et j'ai adoré les huit minutes de contenu supplémentaire qui le concernent. Les voix sont en chinois, sous-titrées en français pour la version Steam. L'interface est, elle, entièrement traduite en français.
Par contre, parfois, certains passages n'ont pas été filmés, et se contentent d'être résumés par écrit. C'est dommage. On sent un chouia l'économie, principalement sur tout un moment vers le milieu du I, ce qui choque un peu car rien n'avait été ainsi résumé au début. Mais les choses s'améliorent assez vite, et il n'y a au final qu'assez peu de beaux moments gâchés. Je n'ai pas encore assez avancé sur le II pour statuer.
Ah, et une dernière chose (promis, c'est vraiment la dernière cette fois). J'ai testé sur Steam Deck et le jeu tourne, mais le lecteur durant les scènes ne fonctionne pas, obligeant à regarder jusqu'à la fin n'importe quelle vidéo. Ce n'est donc pas l'idéal, ce qui est un peu dommage car Road to Empress serait agréable à jouer en mode portable. D'ailleurs, il est dispo sur iOS et Android (mais je n'ai pas testé).
| Une histoire passionnante | Beaucoup de personnages |
| Une superbe ambiance | Quelques passages résumés par du texte |
| Un casting parfait | Mauvaise prise en charge du Steam Deck |
Road to Empress est la bonne surprise de cet été 2026. Le jeu que je n'attendais pas du tout et qui m'a conquise. Si vous aimez le genre, foncez. Je ne vois pas comment vous pourrez être déçus avec les aventures de Wu Yuanzhao, la concubine devenue impératrice.
À noter en note de fermeture qu'au moment où j'écris ces lignes, plusieurs joueurs reprochent au studio la présence d'illustrations qui auraient été générées à l'aide d'IA dans le second épisode. Le sujet revient assez souvent dans les évaluations Steam pour être signalé, même si cela concerne des éléments ponctuels et non les séquences filmées avec les acteurs, et que cela ne m'a pas choquée à titre personnel.
