Publicité

Pioneers of Pagonia : Meadowsong – Retour au village

Version testée : PC (Steam)
Plates-formes disponibles : PC
Genre : simulation de ville
Prix conseillé : 14,99€ (DLC)
Date de sortie : 27 mai 2026
Studio / Editeur : Envision Entertainment
Clé fournie par l'éditeur, merci à eux !

Entre des parties assez prenantes sur Clair Obscur: Expedition 33, j’avais envie de retourner sur Pioneers of Pagonia parce que c’est typiquement le genre de jeu relaxant.

On commence par poser quelques routes, deux ou trois bâtiments, une chaîne de production assez simple, puis on se retrouve à suivre du regard un petit Pagonien qui traverse toute la colonie avec trois planches sous le bras pendant qu’un autre attend désespérément qu’on lui livre de quoi finir une maison.

C’est toujours ce que j’aime le plus dans le jeu : cette impression de fourmilière où tout est visible, tout circule, tout a une raison d’exister.

Pioneers of Pagonia ne cherche pas à cacher sa mécanique derrière de grands effets. Il laisse au contraire le plaisir venir du détail. Voir les marchandises passer d’un bâtiment à l’autre, comprendre pourquoi une production bloque, ajuster un chemin ou une priorité, et regarder la colonie repartir comme si elle avait soudain retrouvé son souffle.

Avec Meadowsong, le premier DLC du jeu, je m’attendais à retrouver cette sensation. Et effectivement, au début, l’île a tout du petit coin parfait pour relancer une partie en douceur.

On arrive sur une terre agricole, presque trop accueillante, avec cette promesse de champs, de vergers, d’animaux et de nouvelles productions qui donnent tout de suite envie d’installer un village propre, efficace, presque paisible.

Sauf que Meadowsong porte assez mal son nom, ou en tout cas pas longtemps.

Très vite, quelque chose cloche.

Les champs ne sont pas seulement là pour produire. Ils deviennent le cœur du problème. Le Withering, ce mystérieux flétrissement qui ronge l’île, transforme peu à peu ce qui devrait être la base la plus rassurante d’une colonie en source d’inquiétude. Les sols fertiles deviennent inutilisables, les plantes meurent, les animaux et les habitants peuvent tomber malades, et les Pagoniens infectés finissent trop faibles pour travailler correctement.

Au début, j’ai abordé ça comme un problème de production classique. Dans Pagonia, quand quelque chose bloque, on commence toujours par se demander ce qui manque. Un bâtiment ? Une route ? Une ressource ? Un ouvrier disponible ? Sauf qu’ici, le souci ne vient pas seulement de l’organisation. C’est l’île elle-même qui résiste, ou plutôt qui dépérit, et ça change doucement la façon de jouer.

Les nouvelles chaînes de production autour des fruits, de l’élevage et des boissons s’intègrent bien à l’ambiance du jeu. On plante des pommiers, on développe la vigne, on produit du jus, du vin, des tartes, des gâteaux, des œufs… Sur le papier, ça pourrait sembler très tranquille, presque gourmand. En jeu, ça devient surtout une nouvelle manière de faire vivre la colonie, avec des ressources qui circulent, des bâtiments à alimenter et des besoins qui se croisent.

J’ai bien aimé cette contradiction entre le charme très pastoral de ce que l’on construit et la menace qui plane derrière. On a des cochons, des poules, des chats, des chiens de garde, des vergers, des vignes… et en même temps, des rats et des loups flétris peuvent venir s’en prendre aux champs ou aux villages.

Ça donne à Meadowsong une identité assez marquée : une extension de campagne, très agricole en apparence, mais avec un fond plus sombre que ce que son décor laisse d’abord imaginer.

Les animaux jouent d’ailleurs un rôle plus important que je ne l’aurais cru. Les chiens de garde et les chats ne sont pas juste là pour faire joli, même si, soyons honnêtes, ils participent beaucoup au charme de l’ensemble. Ils donnent aussi l’impression que la colonie se défend avec ses propres moyens, sans basculer dans quelque chose de trop militaire ou trop nerveux.

C’est probablement ce que j’apprécie le plus dans cette extension. Elle ne trahit pas le rythme du jeu de base. Le Withering oblige à surveiller davantage son territoire, à penser aux remèdes, à protéger les zones sensibles, à éviter de laisser traîner un problème trop longtemps. Mais on reste dans ce plaisir de planification tranquille, où chaque correction donne l’impression d’avoir remis une petite pièce dans la machine.

Le Cornucopia apporte aussi une petite couche intéressante. Ce monument fonctionne avec des offrandes en échange de capacités utiles. J’aime bien l’idée, parce qu’elle donne un côté presque rituel à la gestion. Ce n’est pas une révolution, mais ça colle très bien à l’ambiance de Meadowsong, surtout avec le Coven des sorcières qui plane au-dessus de l’île.

Les sorcières, justement, donnent au DLC son vrai fil rouge. Le Withering n’est pas juste une catastrophe abstraite. Il y a une présence derrière, des rituels à empêcher, un coven à affronter, et chaque sorcière possède sa propre capacité.

Je comprends malgré tout que l’accueil puisse être partagé. Meadowsong reste dans l’ADN de Pioneers of Pagonia. Si on aime regarder une colonie grandir, optimiser ses flux et régler patiemment les petits blocages, l’extension a quelque chose de très agréable. Si on attendait un vrai bouleversement, quelque chose de plus spectaculaire ou de plus radical, c'est décevant.

Points forts Points faibles
Ambiance champêtre & maudite Peu de prise de risque
Ajouts bien intégrés Nouveautés discrètes
Colonie vivante

Meadowsong ne va sans doute pas convertir celles et ceux qui n’accrochaient pas déjà au jeu de base. Mais pour moi, il réussit ce qu’un bon premier DLC devrait faire : donner une nouvelle saveur à une formule familière.

On retrouve le plaisir de voir sa colonie s’animer, mais avec une inquiétude supplémentaire dans les champs, des animaux qui prennent leur place dans l’organisation, des offrandes à gérer, et cette impression de devoir soigner l’île autant que la développer.



Découvrez nos derniers aperçus :




Jeux du moment

>> Liste complète <<