Will: Follow the Light – Imparfait, mais pas dénué d’intérêt
Version testée : PS5
Plates-formes disponibles : PC, PS5, Xbox Series
Genre : Aventure narrative
Prix conseillé : 24,99€
Date de sortie : 7 mai 2026
Studio / Editeur : TomorrowHead Studio
Clé fournie par l'éditeur, merci à eux !
Après la découverte du trailer il y a quelques mois, j'avais ajouté WILL: Follow the Light à ma liste de souhaits, espérant trouver en lui un bon candidat pour une aventure originale et intéressante. Après plusieurs heures passées en compagnie, force est de constater que le titre de TomorrowHead a des arguments pour lui, l'ambiance est au rendez-vous, l'ambition aussi, mais en contrepartie, on doit composer avec un rythme très inégal et une écriture parfois grossière. Les intentions sont clairement là, mais tout ne suit pas.

Si l'on doit reconnaître une chose au jeu, c'est son univers qu'on croise relativement peu dans les aventures narratives. Le cadre des mers nordiques, le métier de gardien de phare, les traversées en bateau et les tempêtes donnent au voyage une identité unique, donnant envie d'en voir plus, aidé par des effets sonores et des effets météo réussis. Visuellement, tout ne suit pas forcément (les décors en ruine montrent que le jeu n'a pas toujours les moyens de ses ambitions) mais pour le reste, c'est du tout bon (mention spéciale aux effets sur la mer).

Le scénario repose quant à lui sur une quête personnelle: Will part à la recherche de son fils disparu après un drame qui bouleverse sa routine solitaire. Derrière cette base assez classique, le jeu explore des thèmes qu'on voit assez souvent pour le genre, mais qui s'avèrent assez efficaces... le deuil, l’éloignement familial, la culpabilité et les souvenirs... Si l'écriture n'est pas toujours des plus fines, elle parvient quand même à dépeindre les ruminements de notre héros de manière sincère, parvenant même à amener la larme à l’œil sur certains de ses passages. Quand le jeu se concentre sur la relation entre pères et fils, il trouve une vraie résonance émotionnelle.

Sur le plan du gameplay, le titre mélange exploration à la première personne, énigmes environnementales et traversée "réaliste". La navigation en mer, véritable gros morceau du jeu, donne une impression de navigation tangible. Je m'y croyais presque en tout cas. Plus qu'à tester avec un vrai bateau pour voir si je me trompais. Le jeu varie aussi ses approches avec d’autres moyens de déplacement (à pied, en "escalade", en bateau...) pour casser un peu la monotonie de l'ensemble. Cette diversité aide à maintenir l’intérêt, même si elle n’efface pas tous les problèmes, notamment sur son rythme global.
Les énigmes sont aussi de la partie même si, la plupart du temps, leur intégration semble trop forcée pour que ce soit crédible. L'interface n'aide pas non plus, se révélant assez peu lisible et cassant l'immersion. On se retrouve assez frustré car certains puzzles ont un vrai potentiel, mais leur implémentation parfois trop rigide dessert un peu le tout.

Là où WILL: Follow the Light risque de vous perdre, c'est en effet sur son rythme. Le titre met une bonne heure à démarrer, et on se retrouve assez régulièrement dans des temps morts et la structure "par zone" du jeu casse un peu toute la construction visant à nous émouvoir sur le temps long. Si je soulignais quelques beaux moments plus haut, il convient également d'indiquer que l'écriture est aussi maladroite. On passe de certains instants forts à d'autres qui semblent totalement forcés, comme s'il fallait suivre scrupuleusement un cahier des charges de "comment je fais évoluer une histoire dramatique". Le jeu semble osciller entre moments de poésie, instants de réalisme et pointe de mystère, sans forcément réussir à fusionner ces diverses intentions efficacement.
Au final, WILL: Follow the Light s'avère être une aventure intéressante à suivre, mais devant composer avec quelques défauts. Ce n’est pas un jeu qui séduira tout le monde, assumant une forme de lenteur contemplative qui plaira surtout aux joueurs attirés par les récits intimistes. Malgré ses défauts, il réussit certaines choses : l'impression de solitude est palpable, le sentiment de perte et de recherche intérieure aussi, même au moment de voir défiler le générique de fin. Un jeu imparfait, mais habité, ce qui le rend de fait intéressant.






