Tides of Tomorrow – Une aventure narrative ET coopérative
Version testée : PC
Plates-formes disponibles : PC, PS5 et Xbox Series
Genre : Aventure narrative / Coopération
Prix conseillé : 29,99€
Date de sortie : 22 avril 2026
Studio / Editeur : Digixart / THQ Nordiq
Clé fournie par l'éditeur, merci à eux !
Si je vous dis "Digixart", le nom ne vous dit peut-être rien, et pourtant, ce studio montpelliérain s'est fait un petit nom dès 2016 avec l'étonnant jeu mobile Lost in Harmony. Deux ans plus tard, c'est sur consoles et PC qu'on les retrouve, avec 11-11: Memories Retold, un jeu narrant la vie de deux soldats de la première guerre mondiale et qui m'avait surpris par sa direction visuelle très originale. Difficile enfin de ne pas évoquer Road 96, qui s'est révélé être un succès commercial, en plus d'être un succès critique avec plus de 2 millions de joueurs s'y étant essayés. Bien que trouvant l'écriture parfois grossière, j'étais tombé sous le charme de ces personnages et avais eu envie de renverser ce gouvernement autoritaire en place. Place maintenant à Tides of Tomorrow, qui reprend certains points de Road 96, tout en ajoutant beaucoup d'éléments, dont un très original et réussi, et en suivant le parcours des joueurs ayant déjà foulé les eaux de cet univers bien amoché.

Tides of Tomorrow impose son ambiance dès les premiers instants : un monde océanique à la dérive, où les vestiges d’une civilisation passée flottent tant bien que mal entre deux tempêtes qui amèneront des tonnes de plastique. Artistiquement, Digixart continue de proposer une identité marquée, avec des couleurs vives contrastant avec la mélancolie générale des lieux visités. On sent une vraie maîtrise et cohérence dans ce monde, capable de raconter une histoire rien qu’avec un décor ou un simple panorama.
Mais là où le jeu cherche à se démarquer par rapport aux précédents titres du studio, c’est dans son concept central : vous suivez les traces d’autres joueurs, des Tidewalkers. Concrètement, certaines décisions, chemins empruntés ou ressources utilisées par d’autres, influencent votre propre partie. Une idée brillante dans la théorie, renforçant cette sensation d’un monde vivant, traversé par d’autres survivants invisibles, et créant parfois de vrais moments de surprise, qui peut être un passage rendu accessible par quelqu’un avant vous, ou au contraire une série de mauvais choix qui généreront de la méfiance des PNJ rencontrés.

En pratique, ça fait son petit effet au début, mais on se rend compte que les effets ne sont pas si impactants que ça. Après quelques heures à peine, je ne prenais presque plus la peine de regarder les souvenirs des joueurs que j'avais eu plaisir de suivre durant mes sessions de jeu. Une très chouette note d'intention donc, mais qui manque de profondeur et se révèle plus mécanique qu'autre chose.
Côté gameplay, on reste en terrain connu pour Digixart : exploration, choix narratifs, interactions avec des personnages encore plus hauts en couleur que sur Road 96. La formule fonctionne toujours, notamment grâce à un rythme bien maîtrisé et des séquences variées. Certaines rencontres marquent réellement, portées par une écriture qui gagne en finesse, même si on tombe une fois encore sur quelques répliques un brin cliché.
Le jeu brille particulièrement dans sa capacité à créer de l’attachement. Les personnages, bien que parfois caricaturaux, sont pour la plupart tous attachants. On a envie d’en apprendre plus, de comprendre leurs motivations, de les aider parfois, et surtout de voir comment nos décisions vont impacter leur trajectoire.

Sur l'aspect technique, pas grand-chose à signaler. Sur mon PC, ça tourne comme un charme, même si je déplore quelques animations très rigides, et des raccords parfois totalement absents. Côté sonore, la musique fonctionne bien en accompagnant chaque moment très justement, et les comédiens de doublage réalisent un très bon travail, même s'il faudra, une fois n'est pas coutume, se contenter d'une version anglaise sous-titrée français.
Enfin, Road 96 excellait dans son côté redite, où l'on incarnait un jeune différent à chaque fois pour l'accompagner jusqu'à la frontière. C'est très différent dans Tides of Tomorrow, mais l'aspect rejouabilité est présent. Il suffit de suivre un autre joueur pour voir des choses un peu différentes d'une session à l'autre et, enfin, on peut être amené à faire des choix distincts pour connaître les divers embranchements de l'histoire.
J'ai passé un bon moment sur Tides of Tomorrow, qui s’inscrit parfaitement dans la continuité du studio : livrer une expérience narrative ambitieuse, avec un véritable message derrière. C'est parfois maladroit, mais terriblement sincère. Il me marquera toutefois un peu moins que Road 96 qui avait mis la barre très (trop ?) haut.






