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Lumberjack’s Dynasty – Une reconversion à considérer

Avez-vous déjà envisagé une reconversion, tel Dexter, en tant que bûcheron ? S'habiller uniquement avec des chemises à carreaux, faire pousser sa barbe au point de rendre jaloux l'auteur de ces lignes, ou encore devenir un larbin bienveillant qui accomplira toutes les tâches du patelin ? C'est exactement ce que propose Lumberjack's Dynasty (qui a déjà eu droit à un aperçu en accès anticipé dans nos colonnes il y a presque un an), à ceci près qu'il tente d'introduire un semblant de contexte pour justifier notre présence ici et nos actions. Vaut-il le détour ? Réponse dans les lignes qui suivent.

Une certaine vision de la liberté !

Niveau scénario, bien qu'il fasse office de fil rouge à suivre, on se contente ici du minimum syndical. Après un petit appel de son oncle et de sa tante, notre protagoniste déboule pour leur filer un petit coup de main, qui se révèlera finalement être le travail d'une vie. Devenus trop âgés pour faire le travail par eux-mêmes, nos 2 parents proches n'ont d'autres choix que d'exploiter leur neveu favori. Le mot exploiter peut paraître fort, c'est pourtant le plus juste ici, vu qu'ils ne nous paieront pas pour nos travaux, nous offrant simplement le gîte (qu'on devra réparer sous peine de se prendre la pluie sur la tronche) et de quoi apprendre à cuisiner via les recettes de tante Huguette. Quelque chose me dit que je me suis fait pigeonner dans l'histoire, et ce n'est que le début.

Le domaine de notre famille est en effet en ruines. Les bâtiments sont délabrés, plus rien ne pousse, et les comptes sont dans le rouge. Pas le temps de niaiser donc, notre oncle nous invite à le rejoindre pour effectuer notre première tâche de bûcheron, enfin ! On se rend sur le lieu à l'aide du pick-up et on doit laisser ce dernier de côté pour déplacer le tracteur. Que ce soit en pick-up, en tracteur ou avec n'importe quel véhicule, la conduite se révèle affreuse. Déjà relevé par Onidra dans son aperçu, aucun progrès notable n'a été réalisé. Chaque véhicule dispose des mêmes tares : un dénivelé d'un centimètre suffit à planter le véhicule. Sur la route, passe encore, les dénivelés n'étant pas si fréquents. Sur terre, en revanche... Je vous laisse imaginer l'enfer.

La caméra lors des cutscenes fait souvent n'importe quoi, comme ici.

Bref, je quitte ce véhicule maudit et je me munis de ma précieuse tronçonneuse, et sans offrir une prouesse de gameplay monumental (un curseur à garder sur une ligne qui avance... puis la découpe du bois à l'aide d'une touche), c'est probablement l'activité la plus réussie du titre (heureusement, vu son titre). Quelques troncs plus tard, je déplace les bûches sur le conteneur du tracteur à l'aide de la mini-grue et j'avance vers la rivière afin de jeter les troncs dedans pour qu'ils soient automatiquement acheminés à la scierie. La nature est comme qui dirait bien faite.

Nous retournons ensuite voir notre tante et notre oncle, qui nous font traverser la rue pour nous montrer notre lieu de résidence. L'habitation est certes de belle taille, mais vu les trous, même un rat ne s'y abriterait pas. Mais elle nous fournit un outil magique. A tout les bricoleurs en herbe, sachez que la cloueuse résoudra n'importe quels soucis. Je n'en savais rien, mais cet appareil relève du miracle et vous permettra d’absolument tout réparer. Pratique, au lieu de transporter sa caisse à outils de part en part de la ville. Notre personnage dispose également de quelques talents assez fous, tel que celui de sortir des échafaudages de sa chemise à carreaux. Un homme plein de surprises, qui deviendra donc l'homme à tout faire de la ville. On devra en effet voguer de tâches en tâches, pour faire de nouvelles rencontres, passer des messages, rénover des fermes, raser des buissons ou couper des arbres... Des tâches en l'état répétitives, mais qui, couplées à l'ambiance assez reposante du jeu, sont accomplies sans qu'on voit les heures défiler... et du temps, il en faudra. En effet, le métier de bûcheron que l'on accomplira quand même assez régulièrement, contient toute une seconde partie, celle de la scierie : extraction des bûches de l'eau, retrait de l'écorce, stockage ou transformation en planches, séchage, ventes des planches ou retrait pour ses besoins personnels ou pour accomplir des quêtes de constructions.

Aujourd'hui : réparation d'une grange, rasage de buissons et coupe d'arbres !

Outre la jouabilité parfois discutable et la lenteur globale du jeu, c'est sur le plan technique que le titre fait mal. S'il y a eu du progrès depuis l'accès anticipé, on ne peut pas pour autant dire que le jeu s'est embelli. Parfois, via un concours de circonstances heureux, on se retrouve avec un panorama très joli qui fait passer la lumière là où il faut, éclairant un lac avec les arbres aux alentours, et on se pose quelques secondes pour faire une capture d'écran. Le reste du temps, on pestera souvent contre le travail inachevé au niveau des décors. Textures disgracieuses, personnages aussi rigides qu'une planche desséchée, baisse de framerate... le jeu peine à convaincre sur l'aspect technique. D'autant plus inexplicable au vu de la config de test, où l'on passe d'un 60FPS solide à 15FPS qui stagne de longues secondes sans que l'on comprenne trop pourquoi. Je n'attends pas de ce style de jeu qu'il excelle en terme de finition, mais il n'y a aucune logique qui explique ces changements soudains. Côté bande-son, on se retrouve avec des bruitages plutôt réussis, au niveau de la scie ou des véhicules. Pour le doublage en revanche, il devrait vous faire rire (ou pleurer, c'est au choix) assez souvent. Le titre réussit ici un tour de force : aucune voix n'est convaincante et, surtout, aucune voix ne semble être raccord avec le personnage affiché à l'écran. Cela donne un côté assez irréel au jeu, qui m'a pour ma part bien fait marrer.

Parfois, c'est plutôt joli ! Si l'on omet la conduite totalement aux fraises...

Conseiller ou non Lumberjack's Dynasty ? D'un côté, oui. Ce n'est pas tous les jours que l'on peut s'improviser bûcheron, et le jeu a su faire défiler les heures sans que je m'en rende bien compte, probablement à  cause du contexte actuel, où la moindre sortie, même virtuelle, fait office de grand bol d'air frais. Pour autant, il faudra composer avec de nombreuses errances techniques, un gameplay pas franchement convaincant, et un titre répétitif au possible, qui demandera de longues heures avant de glaner suffisamment d'argent pour devenir indépendant financièrement.


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