Dicevaders s'inscrit dans la lignée directe du très remarqué Starvaders, à un détail près : cette fois, on change de camp. Développé par le studio Pengonauts et édité par Playstack, le titre tente de renouveler le genre du dice-builder et du jeu de stratégie au tour par tour axé sur les dés en proposant de prendre les commandes des envahisseurs pour aller détruire la race humaine. Sur le papier, la formule promet un savant mélange de manipulation de probabilités, de gestion de boutique et de synergies d'artefacts.
Si l'univers de Starvaders vous demandait de défendre la Terre contre une menace extraterrestre, Dicevaders inverse complètement les rôles. Vous incarnez la force d'invasion alien et votre objectif est d'écraser les lignes de défense adverses, secteur par secteur.


La narration reste sciemment en retrait pour privilégier la boucle de jeu pure. Pas de cinématiques interminables ni de dialogues à rallonge : l'histoire s'écrit à travers le design des boss de fin d'acte et l'esthétique pixel-art décalée des unités. Ce choix minimaliste fonctionne parfaitement pour un titre où l'on enchaîne les tentatives. On apprécie les petites piques d'humour visuel disséminées dans les descriptions d'unités, qui accentuent le plaisir de jouer les vilains de l'histoire sans alourdir le rythme.
C'est dans ses mécaniques de tableau et d'arithmétique que Dicevaders révèle toute son ingéniosité. La prise en main est quasi immédiate, mais la marge de progression s'avère particulièrement vaste. Chaque affrontement se déroule sur un plateau divisé en colonnes. À chaque tour, vous lancez une réserve de dés dont les valeurs correspondent directement aux différentes colonnes de votre terrain de jeu.
Le calcul de votre force, qui vous permettra de gagner le combat après quatre tours, repose sur plusieurs aspects : la valeur du dé, le nombre d'unités dans la colonne du dé et les effets d'artefact présents dans cette dernière. Gardez bien en tête que votre force s'accumule à tous les tours et que vous n'avez pas besoin de l'emporter en une seule manche. Il faudra de ce fait être stratégique dans vos choix pour éviter, par exemple, de consommer tous vos bonus de relance au premier tour et de vous retrouver désemparé par la suite.


Quand on parle de jeu de dés, on pense souvent au facteur chance. Si c'est vrai dans l'absolu, le studio a ajouté deux mécaniques limitées pour minimiser cet aspect. Tout d'abord, le reroll permet de relancer tout ou partie de vos dés en ayant la possibilité d'en verrouiller certains pour sécuriser leur valeur. La seconde fonctionnalité est le « Budge », qui permet d'appliquer directement une modification de +1 ou -1 sur un dé spécifique pour le faire basculer, par exemple, d'une colonne vide vers une zone bien plus intéressante.
Comme mentionné précédemment, ces bonus sont limités en nombre d'utilisations ; le seul moyen d'en regagner sera d'en racheter dans le magasin qui apparaît à chaque tour. Cette boutique est également une fonctionnalité clé du jeu, où il vous sera possible de dépenser trois points pour acquérir de nouvelles unités, des bonus ou des artefacts. Attention toutefois : les points non utilisés sont perdus et le choix d'achat est limité à trois objets.


Les artefacts jouent un rôle majeur dans le jeu : un peu comme vos unités, ils sont liés à une colonne et donc à un dé. Ils ont en revanche des effets beaucoup plus importants et surtout un système de niveaux. Plus leur niveau est élevé, plus leur effet est puissant. L'expérience peut se gagner de différentes façons, mais la plus importante survient lorsque vous réussissez à activer un artefact. Comme toujours, de grands pouvoirs exigent des conditions strictes. Par exemple, lors de notre session de démonstration, nous avions un artefact qui nécessitait que trois dés (sur les quatre possibles) soient affectés à sa colonne. Les probabilités que cela arrive étant assez faibles, le bonus accordé à la colonne était particulièrement conséquent.
Le but du jeu est de dépasser l'objectif de force cumulée au bout de quatre tours, mais ce n'est pas une fin en soi. Si le joueur n'atteint pas le score requis, il perdra une vie par tour, dans la limite de trois vies pour l'ensemble de la partie. Même après un game over, le jeu ne vous laisse pas les mains vides : chaque run, victorieuse ou non, permet de débloquer du contenu supplémentaire, qu'il s'agisse de nouveaux talents pour vos héros ou d'autres éléments de jeu.
Pour venir à bout d'une partie victorieuse, comptez environ 45 à 60 minutes. Cependant, la véritable durée de vie de Dicevaders réside dans sa structure roguelite. Avec la quantité d'artefacts à débloquer, la variété des héros et les différents niveaux de difficulté, il faut compter au bas mot 30 à 40 heures de jeu pour faire le tour des possibilités et maîtriser les synergies les plus poussées. La boucle de gameplay est suffisamment bien huilée pour qu'on ne sente pas la répétitivité s'installer avant un bon moment, chaque échec donnant immédiatement envie de relancer une partie pour tester une nouvelle combinaison.


J'avais déjà beaucoup apprécié Starvaders, et Dicevaders propose lui aussi une mécanique très intéressante sans être une simple copie du premier opus. Les combinaisons possibles entre les différents artefacts et unités demandent de se creuser les méninges pour atteindre des objectifs toujours plus exigeants. Le jeu s'adresse aux amateurs de dice/deck-building qui aiment optimiser leurs coups tout en composant avec le hasard des dés.
Le titre est uniquement prévu sur PC via Steam, sans date de sortie précise pour le moment.