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Copa City – Organiser un match, c’est parfois plus compliqué que de le gagner

Version testée : Xbox Series
Plates-formes disponibles : Xbox Series, PS5 et PC
Genre : Gestion, Simulation
Prix conseillé : 29,99 €
Date de sortie : 16 juin 2026
Studio / Editeur : Triple Espresso S.A.
Clé fournie par l'éditeur, merci à eux !

On parle souvent des joueurs, des entraîneurs ou des supporters. Mais tout ce qui se passe avant le coup d'envoi reste généralement invisible. Et si, pour une fois, le véritable match se jouait dans les rues de la ville plutôt que sur la pelouse ? C'est précisément le pari de Copa City. Ici, pas question de marquer des buts. Votre mission consiste à transformer une ville entière en une immense fête du football. Entre les transports, la sécurité, les animations, la restauration ou encore la gestion des différents groupes de supporters, chaque décision compte. Une idée originale qui change agréablement des traditionnels jeux de management sportif... même si tout n'est pas aussi maîtrisé que prévu.

Ce qui frappe dès les premières minutes, c'est l'ambition du projet. Copa City ne nous demande pas simplement de gérer un stade, mais toute la ville qui gravite autour d'un grand événement sportif. Chaque mission nous confie l'organisation d'un match pour des clubs emblématiques comme le Borussia Dortmund, le Bayern Munich, Arsenal, Flamengo, Beşiktaş ou encore l'Olympique de Marseille. Chacun possède sa propre identité, sa culture de supporters et ses attentes, ce qui donne un peu de personnalité aux différentes campagnes. Les villes ne servent pas non plus de simple décor. Berlin, Varsovie ou Rio de Janeiro connaissent leurs propres contraintes. Les quartiers, les axes de circulation ou encore la disposition des infrastructures influencent directement notre manière d'organiser la journée. Il faut installer des fan zones, prévoir suffisamment de restauration, assurer la sécurité, gérer les transports et satisfaire des publics très différents, des familles aux ultras. Sur le papier, c'est une idée brillante. On a vraiment l'impression d'être le chef d'orchestre d'un immense événement où chaque détail peut faire basculer la réussite de la journée.

Là où Copa City commence malheureusement à trébucher, c'est dès son introduction. Le tutoriel est découpé en huit modules. Huit. Et ils sont longs. Très longs. À vouloir tout expliquer dans le moindre détail, le jeu finit par faire exactement l'inverse de ce qu'un tutoriel est censé accomplir : donner envie de jouer. Lorsque j'ai enfin terminé ces différents chapitres, je ne me souvenais déjà plus des premiers mécanismes. Résultat, ma première vraie partie s'est transformée en une longue séance de tâtonnements pour retrouver des systèmes que le jeu venait pourtant de m'enseigner. C'est frustrant, d'autant plus que les mécaniques sont finalement assez intuitives une fois qu'on les découvre en situation. Heureusement, dès qu'on commence réellement à construire sa stratégie économique, le plaisir apparaît enfin. Jongler entre les fonds, les spécialistes et les bénévoles apporte une vraie réflexion. Chaque investissement oblige à faire des compromis, et voir progressivement la ville prendre vie procure une satisfaction assez particulière. Lorsque le jour du match arrive, les rues se remplissent, les chants résonnent, les fumigènes colorent les avenues et les familles envahissent les fan zones. Pendant quelques minutes, Copa City donne réellement l'impression d'avoir construit quelque chose de vivant. C'est sans doute là que le jeu montre son meilleur visage.

Malheureusement, cette bonne impression est régulièrement freinée par la technique. L'optimisation sur console laisse franchement à désirer. L'interface manque de fluidité et j'ai très souvent fini par utiliser le mode curseur pour réaliser certaines actions. Ce n'est jamais bon signe lorsqu'un jeu pensé pour la gestion donne l'impression de lutter contre sa propre interface. À plusieurs reprises, je me suis surpris à penser que Copa City aurait probablement été bien plus agréable avec une souris entre les mains. Ce n'est pas qu'une simple question de confort : certaines manipulations deviennent inutilement laborieuses sur manette. C'est vraiment dommage, car cette sensation revient régulièrement et casse le rythme. Au lieu de réfléchir à notre stratégie, on finit parfois par se battre avec les commandes.

Le plus gros défaut de Copa City apparaît finalement après plusieurs heures. Une fois les différentes mécaniques assimilées, la surprise disparaît assez vite. Les missions commencent à suivre un schéma similaire et une certaine répétition s'installe. On optimise, on ajuste quelques paramètres, puis on recommence avec une nouvelle carte. Le scénario apporte bien un fil rouge qui donne envie de continuer, mais il ne suffit pas toujours à masquer cette impression de refaire les mêmes gestes encore et encore. C'est un peu comme organiser un immense festival où l'on change simplement la couleur des banderoles. Le décor évolue, mais les automatismes prennent rapidement le dessus.

Copa City est un jeu qui ose enfin regarder le football depuis les coulisses plutôt que depuis la pelouse. Rien que pour cette idée, il mérite qu'on s'y intéresse. Lorsqu'il fonctionne, il procure une vraie satisfaction. Voir une ville entière s'animer grâce à notre préparation donne une sensation que peu de jeux de gestion offrent aujourd'hui. Mais il traîne aussi plusieurs boulets à la cheville. Son interminable tutoriel tue une bonne partie de l'enthousiasme des premières heures, l'optimisation console est clairement en retrait et la répétition finit par émousser le plaisir. Au final, Copa City ressemble à un stade flambant neuf construit sur des fondations encore fragiles. Le potentiel est immense, les idées sont là, mais il manque encore plusieurs ajustements pour que la fête soit vraiment totale. Si vous jouez sur PC et que le thème vous parle, vous avez de bonnes raisons de lui laisser sa chance. Sur console, en revanche, il est difficile de ne pas avoir le sentiment de jouer à la version qui est restée sur le banc de touche.

Points forts Points faibles
Un concept original qui nous place dans les coulisses d'un match de football Tutoriel découpé en huit modules beaucoup trop longs
Une gestion des ressources qui demande de faire de vrais choix Optimisation console perfectible
Les villes réelles apportent une vraie identité aux différentes missions Une répétition qui s'installe après plusieurs heures
Une vraie satisfaction lorsque la ville prend vie le jour du match L'expérience semble clairement pensée pour être jouée au clavier et à la souris

Copa City est une excellente démonstration qu'il reste encore des idées originales dans le jeu de gestion. Là où la plupart des titres nous mettent sur le terrain, celui-ci nous fait vivre tout ce qui se passe avant le coup d'envoi, et cette approche fonctionne vraiment. J'ai pris plaisir à voir la ville s'animer progressivement, à jongler avec les ressources et à préparer chaque rencontre comme si son succès reposait entièrement sur mes épaules. En revanche, j'ai aussi eu l'impression que le jeu se tirait une balle dans le pied. Son interminable tutoriel m'a presque fait décrocher avant même de commencer la première vraie partie, et l'optimisation console n'aide clairement pas à apprécier ses qualités. À plusieurs reprises, je me suis dit que je serais bien plus à l'aise avec une souris qu'avec une manette. Malgré ces défauts, j'ai envie de retenir son audace. Copa City ne ressemble à aucun autre jeu de gestion récent, et c'est déjà une victoire. J'espère simplement que les développeurs continueront à peaufiner l'expérience, car sous les quelques fausses notes se cache un jeu qui a largement le potentiel de devenir une référence de son genre.



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