Assassin’s Creed Black Flag : Resynced – Un excellent remake
Version testée : PS5 Pro
Plates-formes disponibles : PC, Xbox Series et PS5
Genre : Action-Aventure
Prix conseillé : 59,99€
Date de sortie : 09/07/2026
Studio / Editeur : Ubisoft
Clé fournie par l'éditeur, merci à eux !
Lors de sa sortie initiale en 2013, Assassin's Creed Black Flag fut mon premier jeu PS4. J'ai lancé ce dernier, excité comme jamais de voir vers où se dirigerait la licence après la fin d'Assassin's Creed 3 qui laissait pressentir un nouvel arc. Je ne vous cacherai pas que ma déception fut assez grande, la faute à une méta-histoire qui est devenue franchement ringarde et sans vraie direction (constat assez tristement valable encore aujourd'hui) et à un autre élément qui est pourtant aussi au cœur de ce remake : les combats navals. À ma grande surprise, je faisais partie d'une minorité à ne pas trop apprécier cet élément de gameplay, qui a plu à une large frange de joueurs et qui a participé à faire de Black Flag l'un des volets les plus appréciés de la licence. Bien entendu, la carte du monde magnifique, la piraterie et le charme atypique d'Edward Kenway n'y sont pas non plus étrangers ! Une douzaine d'années après la sortie de Black Flag, Ubisoft propose un remake de ce dernier, utilisant la dernière version de l'Anvil Engine, et je peux d'ores et déjà vous dire que je l'ai adoré, même si tout n'est pas parfait !

Le premier choc est évidemment visuel. En passant sur la toute dernière itération de l'Anvil Engine, Assassin's Creed Black Flag Resynced ne se contente pas d'un simple lissage de textures. C’est une réécriture graphique complète. La mer des Caraïbes, qui était déjà le point fort du jeu de 2013, se voit sublimée avec cette nouvelle mouture. Les technologies de simulation de l’eau actuelles offrent des vagues d'un réalisme saisissant, gérant l’écume, la transparence et la réfraction de la lumière d’une manière qui force le respect. Traverser une tempête à bord du Jackdaw n'est plus seulement un défi de gameplay, c'est une claque visuelle et sensorielle. Les éclairs illuminent brièvement des trombes d'eau denses, et la houle déforme l'horizon avec une puissance organique. À noter toutefois que, lors des orages, j'ai parfois eu quelques soucis avec la manière dont le jeu gère les lumières, passant d'un écran très sombre à un écran blanc, rendant les textures très « artificielles ». Ce phénomène étant surtout présent sur terre.
En parlant de terre, les environnements terrestres profitent du même traitement de faveur. La Havane, Kingston et Tulum s'extirpent de la rigidité géométrique de l'ère PS3/PS4 pour offrir une végétation luxuriante et une densité urbaine impressionnante. Le système de lumière globale change totalement la donne : les rayons du soleil traversant la canopée des îles de la jungle créent des ambiances étouffantes et magnifiques, tandis que les couchers de soleil sur l'océan poussent constamment à abuser du mode photo (j'en suis à pratiquement 2Go de captures là...). Les modèles de personnages, à commencer par Edward, ont été recréés avec un niveau de détail aligné sur les standards actuels. Les expressions faciales lors des cinématiques redonnent un coup de fouet salvateur à la narration, rendant les adieux et les trahisons de cette troupe de brigands bien plus poignants qu'autrefois, même si on peut toujours déplorer quelques expressions rigides, comme ce fut le cas avec Shadows.

Sur PS5 Pro, plusieurs modes sont proposés. Un mode qualité à 30 images par seconde qui fait la part belle aux effets visuels riches et à une résolution qui tente du mieux qu'elle peut de flirter avec la 4K. Un mode performance est lui aussi de la partie, réduisant un peu le niveau de détails et s'autorisant une résolution variable pour rester à 60 FPS. L'entre-deux, pour lequel j'ai opté durant la majeure partie de mon aventure, est le mode équilibré, à 40 FPS. Il faut disposer d'un téléviseur 120Hz et compatible VRR pour en profiter, mais c'est un très bon mix, même si j'ai passé la fin de mon périple en mode performance, qui reste le plus confortable. À noter que le PSSR 2 est de la partie, et permet d'affiner le rendu de fort belle manière. On évite aussi le côté disgracieux du flou qu'on pouvait avoir sur l'herbe avec Shadows (gommé depuis par une mise à jour). En résumé, Black Flag Resynced est tout simplement sublime !
Du côté du gameplay, c'est ici que je fondais l'essentiel de mes craintes. Comment allais-je apprécier un jeu dont la moitié du gameplay repose sur ce que je considérais comme une corvée ? En 2013, je trouvais les affrontements maritimes lourds, répétitifs et artificiellement intégrés pour rallonger la durée de vie. Eh bien, force est de constater que douze ans de recul, combinés aux ajustements de ce remake, ont partiellement changé ma perception.


Les développeurs ont revu l'inertie du Jackdaw. Le navire répond mieux, les sensations de navigation sont plus organiques et, surtout, on peut se fier aux vibrations de la Dualsense et aux retours sonores (avec le casque en audio 3D, c'est bluffant) pour mieux appréhender la navigation et les batailles. Les combats navals ont gagné en dynamisme et en lisibilité, et on peut (ce que j'ai fait, je l'avoue) ajuster la difficulté des affrontements en mer pour les rendre moins complexes/plus rapides. Je suis passé en facile pour le second point, Améliorer son navire ne ressemble plus à une corvée où l'on doit en abattre d'autres à la chaîne pour obtenir des composants, c'est désormais plus varié et rapide.
De plus, l'absence totale de transition lors des abordages renforce l'immensité de la vie de pirate. On bombarde un galion espagnol, on jette les grappins, et on se lance à l'abordage à la pointe de l'épée sans la moindre seconde de chargement. C'est fluide, c'est épique, et j'avoue avoir passé des heures entières à simplement chasser les convois royaux en mer, pour améliorer mon navire et ma petite bourgade de pirates !
Côté scénario, peu de nouveautés à se mettre sous la dent si ce n'est quelques missions inédites. Edward Kenway est un assassin atypique et charismatique, qui a l'originalité de ne pas se battre parce qu'il croit au Credo, mais plutôt pour s'en mettre plein les fouilles. On est très loin d'un Ezio ou d'un Connor, c'est un mercenaire, un homme égoïste et assoiffé d'or, qui révèle peu à peu son grand cœur aux gens qu'il apprécie.

Cette quête de liberté absolue, qui se heurte progressivement à la tragédie et à la fin de l'âge d'or de la piraterie, fonctionne toujours aussi bien. Les doublages ont été retravaillés et profitent au global d'une meilleure synchronisation labiale, même si cette dernière a tendance à totalement déconner lors des combats, avec des voix qui sont décalées par rapport à l'action. Ce décalage se corrige tout seul lorsqu'une cutscene se déclenche, mais c'est assez étonnant.
L’ambiance sonore est, quant à elle, toujours portée par une chouette bande-son et surtout, par les célèbres chants de marins que l'on prend toujours autant de plaisir à collectionner (c'était d'ailleurs moins pénible à récolter avec la révision du parkour) et à écouter en mer, et qui achèvent de nous plonger dans cette époque fascinante.
Malgré tout mon enthousiasme, Assassin's Creed Black Flag Resynced n'échappe pas à certains travers, principalement parce qu'Ubisoft a choisi de rester (trop ?) fidèle à la structure de mission d’origine. Et qui dit début des années 2010 chez Ubisoft, dit… missions de filature.

C'est le gros point noir de l'aventure. Le jeu vous demande constamment de suivre des cibles à distance, que ce soit à pied dans des buissons ou, de manière encore plus aberrante, en navire dans des bayous étroits. Ces séquences, déjà pénibles à l’époque, ont très mal vieilli. L'intelligence artificielle des ennemis a été légèrement rehaussée, mais elle reste souvent binaire : soit les gardes sont complètement aveugles, soit ils vous repèrent à travers un mur de briques.
Le parkour, bien que fluidifié par rapport à l’original, conserve parfois une rigidité qui peut s'avérer frustrante. Il arrive encore qu'Edward décide de grimper sur un poteau de trois centimètres de haut, alors que vous vouliez simplement courir après une piste musicale. Enfin, pour en revenir à ma critique initiale de 2013 : la méta-histoire. Les segments dans le présent sont réduits à leur plus simple expression, à tel point que ç'aurait peut-être même été mieux de les retirer. On choppe quelques bribes du passé via des Fragments d'Animus ou via les espèces de « passe de combat » qui sont disponibles via l'animus et qui permettent de grapiller des petits textes, ou, plus généreusement, de l'équipement.

En parlant d'équipement, il convient de noter que ce dernier est toujours présent, même s'il a bien moins d'importance que dans les précédents volets « RPG » de la série. Plus de niveaux ni d'arbres de compétences ici. On va déverrouiller nos différentes aptitudes en progressant dans l'aventure et on pourra obtenir quelques objets qui disposent de statistiques, certes, mais qui peuvent demeurer les mêmes du début à la fin. J'ai passé quasiment 20h de mon aventure avec l'épée fournie dans l'édition Deluxe du jeu, avant de changer pour l'épée d'Ezio qui permet, après une parade parfaite, d'enchaîner jusqu'à 4 éliminations en appuyant sur la touche triangle. Pour les joueurs qui n'étaient pas convaincus par l'aspect RPG, ce retour aux sources est précieux, même si la difficulté en prend un petit coup, puisqu'il suffit de maîtriser la parade et l'esquive pour devenir un monstre de puissance ! Fini les barres de vie trop longues (à l'exception de certains gros ennemis, mais ça reste honnête), la rapidité et la chorégraphie sont au cœur de l'expérience dans Black Flag Resynced.
Au final, la proposition d'Ubisoft avec ce Resynced est une franche réussite. Le titre réussit le tour de force de sublimer un matériau de base déjà très solide en gommant les aspérités techniques qui commençaient à rendre l'original difficile d'accès pour les nouveaux venus. Pour les vieux sceptiques comme moi, qui étaient passés à côté de la magie de la piraterie en 2013 à cause d'une surcharge de mécaniques maritimes mal intégrées,je suis heureux de vous dire que c'est bien mieux qu'avant ! La fluidité globale de l'expérience et la beauté plastique de cet univers balayent les vieux griefs. On hisse les voiles avec un plaisir non feint, bercé par des chants de marins à la spatialisation sonore impeccable, en oubliant les errances d'Abstergo et les filatures d'un autre âge. Un grand jeu d'aventure, tout simplement.






