Clair Obscur: Expedition 33 – Le JRPG à la française
Version testée : PC (Epic Games)
Plates-formes disponibles : PlayStation 5, PC, Xbox Series, GeForce Now
Genre : RPG au tour par tour
Prix conseillé : 49,99€
Date de sortie : 24 avril 2025
Studio / Editeur : Sandfall Interactive / Kepler Interactive
Clé fournie par l'éditeur, merci à eux !
Il vaut mieux tard que jamais, dit-on. Alors, je me suis enfin lancée dans l'aventure de Clair Obscur: Expedition 33. J’y avais déjà joué brièvement lors de sa sortie, mais le calendrier chargé de l’année dernière m’avait empêchée de vraiment me plonger dans cette oeuvre signée Sandfall Interactive, un studio français.
L’histoire débute dans des paysages magnifiques, aux décors influencés par le Paris du XIXe siècle. Nos héros habitent Lumière, une ville ayant survécu à un cataclysme… du moins en partie, car le chaos règne dans ses rues bordées de hauts bâtiments haussmanniens.
Gustave est le premier personnage que l’on incarne. Jeune chercheur apprécié de la ville, il appartient à l’Expédition 33. Mais avant de partir, il doit dire adieu à son ancienne petite amie, Sophie, qui a un an de plus que lui. On découvre alors, lors d’une cérémonie poignante, le mal qui frappe cette communauté : tous les ans, un décompte affiché sur une immense tour au large des côtes perd un point. Cette année, il passe de 34 à 33, et toutes les personnes âgées de 34 ans meurent… ou plutôt, pour reprendre les termes du jeu, elles sont gommées.
Celles et ceux qui ont 33 ans, et qui ne peuvent donc espérer vivre qu’une seule année de plus, partent vers cette tour où se trouve l’ennemie de ce monde, la terrible Peintresse. Leur objectif : l’arrêter, et sauver les générations futures.
Mais à peine l’Expédition arrive-t-elle sur le continent qu’elle est attaquée par un homme âgé. Gustave se retrouve séparé des autres, sous le choc, autant à cause de l’attaque qui semble avoir coûté la vie à tout le groupe, que de l’âge de l’assaillant… Comment a-t-il pu survivre alors que personne n’est censé avoir plus de 33 ans ?
L’histoire principale nous embarque dans un scénario en trois actes, très chargé émotionnellement, autour de thèmes lourds comme la perte et le deuil. Je ne peux pas vous en dire davantage sans risquer de spoiler des développements, et ce serait trop dommage… Sachez juste que personne n’est à l’abri.


On ne joue pas uniquement Gustave. D’autres personnages rejoignent l’aventure au fur et à mesure. Chacun possède son arbre de compétences, avec des points de compétences et des points de caractéristiques gagnés à chaque niveau. Tout peut être réinitialisé grâce à des composants lootables, ce qui permet de réajuster la spécialité d’un personnage en fonction de l’avancée dans l’histoire, mais aussi des armes disponibles.
Un personnage ne peut s’équiper que de six compétences, et seuls trois personnages participent aux combats. Cela oblige à réfléchir aux rôles de chacun, entre DPS et support, ce dernier point étant loin d’être négligeable dans certains affrontements. Certains ennemis infligent des débuffs très lourds à gérer si personne n’est capable de les contrer, comme celui qui baisse les points de vie maximum de 10 % à chaque charge, ou encore Inversion, qui transforme les soins en dégâts.
En parallèle, les personnages peuvent s’équiper de Luminas, des avantages très utiles en combat, aux effets parfois indispensables. Elles sont limitées à trois par défaut. Mais une fois utilisées assez longtemps, elles deviennent disponibles pour tous les personnages contre des points, obtenus naturellement ou achetables avec des Lumicolors. Dans une zone, il devenait difficile de progresser... jusqu’à ce que je récupère une Lumina me rendant immunisée au Charme. Dommage pour vous, les espèces de sirènes !


Vous l’aurez compris, l’optimisation occupe une place importante dans la progression, afin de gérer au mieux les combats. Ceux-ci se déroulent au tour par tour, dans la tradition du J-RPG. Un genre que je n’aime d’habitude pas trop… et que j’ai adoré ici.
Les personnages ont accès à leurs six compétences, à des objets, à un tir en visée libre et à une attaque simple. Chacun leur tour, ils peuvent effectuer une action, même si certains personnages se révèlent assez vite capables de jouer plusieurs fois. Les ennemis attaquent ensuite à leur tour, obligeant à réagir pour éviter les dégâts, par défaut en esquivant ou en parant. Plus difficile à réussir, la parade a l’avantage de pouvoir déclencher un contre explosif. Plus tard, le saut et le gradient, une parade très timée, se débloquent également.
Comptez environ une trentaine d’heures pour terminer la campagne principale. Je suis actuellement autour du niveau 50 avec mon équipe, un peu moins pour certains personnages que je joue peu, et je suis allée jusqu’au bout. Mais il reste ensuite une foultitude de contenu à découvrir, avec des zones exclusives, jusqu’au niveau 80 minimum, et même encore un peu d’histoire autour de l’enfance d’un personnage de l’acte 2.
Ce qui m’a surtout charmée, c’est l’univers. Les décors sont magnifiques, les paysages sont de véritables œuvres d’art, mêlant envolées picturales et bâtiments inspirés de la Belle Époque. Je me suis arrêtée un bon nombre de fois simplement pour observer. Les ennemis sont nombreux, variés et bien animés.
Et la musique… Elle est grandiose, lyrique, envoûtante, dans un style classique porté par des chants qui s’accordent parfaitement aux zones explorées. Le doublage participe aussi énormément à l’attachement aux personnages, avec des voix qui portent vraiment les moments les plus intimes comme les scènes les plus dramatiques.
Je vous invite à découvrir l'OST dans cette vidéo de 33 minutes :
Alors oui, malgré le nombre important d’ennemis différents, le jeu devient un peu répétitif au bout d’un moment. Une fois les personnages maîtrisés, avec des cycles de compétences bien rodés, j'utilisais souvent la même stratégie à chaque rencontre. Mais il y a énormément de mystères cachés un peu partout, et des boss rôdent souvent là où on ne les attend pas, venant briser la routine.
Les zones sont parfois si denses que l’absence de mini-map se fait sentir. Je me suis retrouvée plus d’une fois à errer, voire à revenir sur mes pas, avec la désagréable impression d’avoir sûrement raté des choses en route. Je comprends l’envie de conserver une interface minimaliste, plus propice à l’aventure et à l’immersion, mais j’aurais aimé avoir quelques repères supplémentaires.
Le niveau de challenge est très bien adapté. Je ne suis pas douée du tout dans ce genre de jeu, et je m’en suis très bien sortie dans la difficulté la plus basse. Honnêtement, j’aurais sans doute pu l’augmenter, mais j’ai préféré profiter de la promenade et de l’histoire.








