FATAL FRAME II: Crimson Butterfly REMAKE – Des fantômes pénibles
Version testée : PS5
Plates-formes disponibles : PC, PS5, Xbox Series et Nintendo Switch 2
Genre : Survival-Horror
Prix conseillé : 49,99€
Date de sortie : 12 mars 2026
Studio / Editeur : Koei Tecmo
Clé fournie par l'éditeur, merci à eux !
J'ai souvent entendu parler de Fatal Frame, mais il aura fallu attendre 2026 et ce remake pour que je daigne enfin découvrir cette série d'horreur assez renommée. Ayant fait Silent Hill l'an dernier, je dois avouer que le paysage ne m'a pas vraiment dépaysé, vu qu'on se perd également dans les rues et ruelles d'un village nippon à l'abandon, en apparence. La ressemblance s'arrête toutefois là, si l'on omet le fait qu'on joue ici une héroïne, accompagnée de sa sœur.
Fatal Frame II: Crimson Butterfly REMAKE nous ramène à Minakami, un village fantôme pétrifié dans la nuit, figé comme une carte postale. La modernisation visuelle fait immédiatement son effet quand on compare aux vidéos de l'époque : les éclairages sont plus travaillés, les textures affinées, les effets de particules et de brume restreignent et ajoutent un soupçon d'angoisse à l’espace. Tout concourt à nous faire ressentir l'impression de flâner dans un décor à la fois familier pour quiconque s'est déjà intéressé aux villages japonais, tout en ajoutant une curieuse sensation malsaine. Les ruelles sont étroites, les intérieurs exigus, les lanternes vacillantes et les autels rongés par le temps composent une ambiance déroutante, faisant progressivement monter l'angoisse à mesure que les sessions de jeu se prolongent.

Koei Tecmo profite de ce remake pour enrichir le village en y ajoutant quelques chemins supplémentaires, des zones annexes et de petites histoires qui visent à ajouter un peu de consistance à un univers plutôt intéressant à découvrir. Le coeur de l'intrigue gravite toutefois autour des deux soeurs, Mio et Mayu. La relation entre elles nous happe rapidement, et le jeu tisse autour d’elles un récit où culpabilité, sacrifice et fatalité s'entremêlent. Le doublage japonais ajoute de l'âme à l'ensemble, et les nombreuses cutscenes bénéficient d'une mise en scène plus travaillée, avec des visages très expressifs qui contribuent à rendre ce lien plus palpable, moins figé, ce qui donne d’autant plus de poids aux moments où Mayu s’éloigne, ralentit, ou semble attirée par quelque chose que notre héroïne ne voit pas.
En jouant au remake, on comprend mieux pourquoi cet épisode est souvent cité dans les meilleurs survival-horror japonais. L'ambiance qui règne est intense. Parfois trop, pour mon petit cœur qui s'emballe quand un bruit survient ou, à l'inverse, quand un couloir est bien trop silencieux pour que ce soit normal.

Sur le plan du gameplay, Koei Tecmo a décidé de revoir sa copie assez profondément. Le changement le plus visible c'est la bascule vers une vue à l’épaule, comme souvent avec les jeux d'horreurs modernes. Adieu les caméras fixes, à présent, la caméra nous suit et se coince parfois dans le décor, même si c'est assez rare. Les déplacements apparaissent plus souples, la lisibilité accrue et on a une meilleure appréhension de l'espace. En revanche, notre personnage a la fâcheuse tendance à être un peu mollassonne. Même en "courant", on se déplace très lentement, et c'est encore pire quand on tient la main de notre sœur.
Ma principale frustration vient des combats. On se bat avec la Camera Obscura dans Fatal Frame. Un objet qu'on récupère au début du jeu et qui nous permet de voir et attaquer les spectres. Par rapport au jeu original, cette dernière est plus chargée en options et, de facto, plus complexe à manipuler : des jauges à gérer, des opportunités de tirs plus techniques, des timings de plus en plus exigeants pour profiter des bonus de dégâts. Sur le papier, c'est plutôt prometteur, mais dans les faits, les combats s’étirent souvent plus que de raison et finissent par lasser et casser un peu l'immersion. Si les rencontres étaient rares, ça irait, mais ici, on croise souvent des ennemis, et on se retrouve à effectuer le même schéma rébarbatif qui annihile totalement le sentiment de peur. On peste contre le système plutôt que contre les fantômes. A tel point que ça m'a fait basculer le jeu dans sa difficulté la plus simple pour éviter de me battre trop souvent et trop longtemps.

Autre incompréhension, technique cette fois-ci. Le jeu est bloqué à 30 images par seconde. L'argument pourrait peut-être s'entendre sur Switch 2, mais sur PS5 et Xbox Series, c'est incompréhensible.
Fatal Frame II: Crimson Butterfly REMAKE séduit par son lifting visuel et sonore fidèle, ses ajouts narratifs subtils et son ambiance hantée. Mais son système de combat alourdi, sa fluidité datée et sa vue épaule diluent la tension anxieuse et fragilisent l'ensemble. Rien qui ne saurait être corrigé par quelques patchs, que je vais attendre sagement pour donner une autre chance au jeu.






