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Romeo is a Dead Man – Du Suda51 pur jus

Version testée : PS5
Plates-formes disponibles : PC, PS5 et Xbox Series
Genre : Action / Aventure
Prix conseillé : 49,99€
Date de sortie : 11 février 2025
Studio / Editeur : Grasshoper Manufacture
Clé fournie par l'éditeur, merci à eux !

Actif depuis plusieurs décennies dans le monde du jeu vidéo, Suda51 a laissé dans son sillage quelques jeux de renom. Je l'ai découvert sur le tard de mon côté, avec Shadows of the Damned, qui m'avait marqué par son univers aussi crasseux que dingo. Je me suis ensuite plongé dans les No More Heroes puis Lollipop Chainsaw, et j'ai passé de super moments sur chacun des titres de Grasshoper Manufacture, en dépit d'une technique parfois défaillante et de graphismes souvent d'un autre âge. Avec Romeo is a Dead Man, force est de constater qu'un soin tout particulier a été fait sur la technique (avec le renfort de Netease ?), même si graphiquement, on est encore loin des standards actuels.


L'aventure débute avec une cinématique qui pose rapidement l'ambiance sanglante et bourrine du jeu. On y voit un policier se faire bouffer par ce qui ressemble à un zombie, et notre cher Romeo, shérif de son état, subit un sort quasi similaire. Il se fait dépecer de la moitié de son visage et gît au sol, avant d'être sauvé in extremis par un type débarquant d'un autre univers qui se révèle être son grand-père, travaillant pour le FBI spatio-temporel. Affublé d'un casque lui permettant de rester "vivant", notre héros rejoint cette organisation et va passer de failles en failles pour retrouver sa petite amie, Juliet, qui s'avère en fait être la personne derrière la destruction progressive de l'Espace. Une réinterprétation totalement barrée de l'œuvre du célèbre écrivain anglais qu'on ne présente plus.

Le déroulé du jeu va ainsi être le suivant : on se retrouve dans des zones diverses (marées, bâtiments délabrés, etc...) où l'on doit tuer des monstres par dizaines, de différents types et nécessitant d'utiliser les différentes armes de notre arsenal (épée et pistolet au début, puis davantage de variété à débloquer comme la lance ou l'espadon pour le corps à corps, en passant par des fusils à pompe et autres mitraillettes à distance) en faisant différents combos, en ajustant selon l'ennemi et en exploitant les points faibles de chaque créature rencontrée. Chaque coup provoque des gerbes de sang qu'on récolte à la volée et qu'on peut utiliser pour faire des coups dévastateurs. C'est jouissif, même si tout ne se fait pas sans heurt.

C'est presque récurrent avec les jeux de Suda Goichi, la caméra fait souvent des siennes. On ne voit pas toujours très bien l'action et il faut souvent jouer avec pour se repérer et pouvoir castagner correctement sans se manger de coups venant d'un angle mort. Le jeu s'avère particulièrement punitif dès qu'on grimpe dans les niveaux de difficultés (représentés par différents types de chocolats) et on peut vite voir sa barre de vie fondre si on n'est pas un minimum prudent. Pour ceux qui veulent juste castagner sans réfléchir, le premier mode de difficulté aura votre préférence. Peu de résistance, du sang par hectolitre et des boss sur lesquels on roule sans trop avoir à réfléchir. Si on peut ronchonner face au design peu inspiré des zombies (en même temps, c'est des zombies…), on sera en revanche content de voir que certains ennemis sont bien dégueulasses et qu'un soin tout particulier est apporté au design des boss.

En marge de l'action débridée, on aura droit à des moments plus posés, faisant appel à votre jugeotte et à votre sens de l'orientation via des sous-espaces auxquels on accède dans chaque niveau pour récupérer une clé qui débloque souvent une cutscene suivi d'un combat de boss. Le studio réussit sans mal à varier ses ambiances à chacun des niveaux, et propose ainsi quelques chapitres assez mémorables, entrecoupés par de petites saynètes racontées via des comics particulièrement soignés. Les intermissions dans le vaisseau amènent un tout autre style au jeu puisqu'on se retrouve dans un environnement 2D au design old-school, tout comme les mini-jeux qui rendent hommage à l'ère 16 bits. Les dialogues ne sont pas en reste, Romeo n'est jamais seul puisque son grand-père est littéralement collé à sa veste et échange en permanence avec lui, provoquant régulièrement quelques sourires.

Enfin, j'en parlais en préambule, mais visuellement, on est face à un jeu bien loin des standards actuels. Certains argueraient même que c'est moche, et je ne saurais leur donner tort, même si je ne partage pas tout à fait ce point de vue. Si le jeu était sorti 10 ans plus tôt, je n'aurais pas été choqué, voilà tout. L'avantage, c'est que ça tourne comme un charme. Rarement un jeu de Grasshoper aura semblé aussi bien fignolé. Quasi aucun bug à signaler, et un framerate solidement attaché à ses 60 images/secondes.

Points forts Points faibles
Un défouloir très sanglant Visuellement daté
Une revisite totalement barrée de Roméo et Juliet La caméra, toujours capricieuse
Des personnages hauts en couleur
Quelques niveaux marquants

Romeo is a Dead Man est bien un jeu de Suda51, aucune erreur là-dessus. C'est barré, c'est sanglant et les personnages sont aussi délurées qu'attachants. Le créateur confiait qu'il voulait créer un héros marquant, c'est selon moi une réussite. Je me souviendrai longtemps de ce personnage ! Toutefois, la proposition ne plaira pas à tout le monde, comme chacune de ses œuvres. Gardez en tête que la caméra reste un point noir et que le jeu peut parfois être assez vilain visuellement. Si vous arrivez à faire abstraction de cela, vous pouvez foncez.



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