Version testée : PC (Steam)
Plates-formes disponibles : PC
Genre : aventure et construction
Prix conseillé : 19,99 €
Date de sortie : 12 septembre 2024 (accès anticipé) / 26 octobre 2026 (lancement)
Studio / Editeur : Emberstorm Entertainment / Fireshine Games, Shochiku
Clé fournie par l'éditeur, merci à eux !
Lorsque j'ai vu ce trailer, où l'on voit sa maison sur pattes qui se promène à travers un monde de sorcière, j'ai immédiatement demandé une clé pour ce jeu qui sort aujourd'hui, lundi 26 octobre !
REKA nous embarque dans un monde atypique aux graphismes très spéciaux, soutenus par une musique qui donne envie de garder son casque collé aux oreilles (alors que j'ai tendance la plupart du temps à n'écouter que quelques minutes, puis à jouer en silence).
L'univers s'inspire du folklore slave, de ses légendes et de ses créatures mystérieuses. Une ambiance de conte sombre, presque inquiétante par moments, sans pour autant tomber dans l'horreur.
Perso, j'aime beaucoup. Je sais que clamoune, qui m'a vue jouer, était moins convaincu. En tout cas, le jeu a l'avantage de posséder son style et, rien que pour ça, il mérite qu'on s'y attarde.

On se trouve dans l'Europe rurale de la fin du XIXe siècle, incarnant une jeune fille (nommée Reka, d'où le titre) qui se révèle être une sorcière. On peut la personnaliser à travers un outil de création de personnage assez basique. Puis on débarque au milieu d'une forêt sombre.
Les premières quêtes sont assez simples : ramasser des choses ou effectuer des livraisons. Des villageois murmurent à propos d'une vieille femme qui habiterait à proximité. Je me doute très vite qu'il faut que je lui fasse une petite visite.
De là débute une longue quête... aux conséquences inattendues. Je ne vous livre pas le détail, mais on se retrouve à développer de vastes pouvoirs, à se lier avec une maison sur pattes et à signer un pacte avec Baba Yaga, célèbre sorcière du folklore slave.
À partir de là, au-delà de cette zone de départ qui sert de vaste tutoriel, notre maison nous donne accès au vaste monde, avec un fil rouge narratif toujours très présent.

Ce concept de maison mobile est vraiment pratique. Dans beaucoup de jeux de construction et d'exploration, une fois qu'on s'est aventuré loin de sa base, il faut se taper tout le chemin du retour à pied. Certains titres ont trouvé des solutions originales, comme Aloft et ses îles volantes transformées en véritables vaisseaux. REKA propose une autre approche, avec une maison qui nous accompagne dans nos aventures. On peut même s'y téléporter ou la faire venir à soi (je n'avais pas remarqué au début). Plus besoin d'abandonner son petit chez-soi pour partir découvrir le monde.
Un monde qui, d'ailleurs, est généré de manière procédurale. Les forêts, marais, villages et autres lieux d'intérêt s'organisent ainsi différemment au fil de l'exploration. Cela permet de varier les régions traversées, même si je manque encore de recul pour juger de leur diversité sur la durée.

L'artisanat est très important, déjà pour créer sa maison sur les pattes d'une énorme poule, avec des blocs de construction individuels et pas mal d'options. Il est possible de créer ses pièces à l'envie (avec la seule limite de la taille de la plateforme au-dessus des pattes), d'ajouter des étages et de personnaliser l'intérieur avec une multitude de meubles et de décorations donnés en récompense de quêtes.
Le système fonctionne bien. On construit vite, les éléments se placent facilement, sans avoir à lutter contre les outils pour obtenir le résultat souhaité. Chapeau bas à avoir pensé à agrandir automatiquement la cheminée du four, qui se trouve au niveau de la plateforme. Dès que j'ai terminé l'étage, elle s'est ajustée à la nouvelle hauteur.
Les décorations sont particulières, souvent creepy, avec des bougies, des objets étranges et tout un tas de bibelots. C'est parfaitement dans l'ambiance d'Halloween du moment. En même temps, qui dit sorcière !

L'artisanat sert aussi à la création d'objets utiles, tels que des remèdes ou des potions magiques. Les habitants croisés seront bien contents d'en profiter... même s'ils seront toujours un peu inquiets de nous voir débarquer.
Il y a également de la cuisine, que j'ai déjà commencé à explorer, ainsi que du jardinage et de la fabrication de bougies, auxquels je ne me suis pas encore intéressée. Tout un ensemble de petites activités qui participent à cette vie de sorcière, davantage tournée vers les rituels et les traditions que vers les grandes démonstrations de magie.
Petite note rapide pour parler de la façon dont la cuisine est représentée. Lorsqu'on place plusieurs recettes en file d'attente, les plats apparaissent visuellement, attendant leur tour, puis passent à la cuisson avant d'être déposés sur une étagère.
Ce sont de petits détails, mais ils donnent l'impression que notre atelier fonctionne, plutôt que de voir une bête barre de progression avancer.

Autre aspect très agréable : le sous-texte écologique. La nature occupe une place centrale et il ne s'agit pas seulement d'y prélever tout ce dont on a besoin. Si je récupère du bois dans la forêt pour construire ma maison, je dois aussi replanter des arbres. Il est question d'équilibre, de respect du vivant et de conséquences de nos actes.
REKA ne propose pas de combat. Pas de monstres à affronter à coups de sorts, ni de pression particulière pour progresser. On prend son temps, on explore, on ramasse des ingrédients et on vient en aide aux habitants.

Cela ne signifie pas pour autant que le jeu évite les sujets difficiles. Au contraire, il aborde des thèmes parfois assez forts : la mort, aussi bien celle des hommes que des animaux, la maladie, la destruction de la nature ou encore les arbres arrachés. La magie permet d'aider, mais aussi de détruire certaines choses, avec les conséquences que cela implique. Derrière son apparence de jeu tranquille se cachent donc des situations beaucoup moins légères qu'on pourrait l'imaginer.
Que serait une sorcière sans son familier ? J'ai trouvé un chat dans une maison. Pendant un bon moment, il m'a suivie. J'ai aussi des corbeaux qui se chargent de ramasser pour moi. Un côté magique très sympa. Une sorcière ne va pas utiliser un couteau ou s'agenouiller dans la boue, hein ?

Les choix paraissent importants. Difficile de jauger leurs véritables conséquences, mais j'ai eu plusieurs quêtes aux issues différentes.
Sur la fin de la première zone, une femme cherche son ami et me demande de l'aider à le retrouver. Je peux décider de lui mentir, en assurant qu'il est parti au loin, heureux et prêt pour de nouveaux défis. Ou lui avouer la vérité : il a trouvé la mort dans la forêt à proximité.
Ce genre de situation est intéressant, car on n'est pas simplement une gentille sorcière qui accomplit toutes les demandes sans réfléchir. Il faut parfois décider ce qui semble le mieux pour les personnes croisées, quitte à leur cacher certaines choses. Reste à voir jusqu'où ces décisions influenceront réellement la suite de l'aventure.

Côté technique, tout n'est pas parfait. J'ai rencontré pas mal de ralentissements au cours de mes explorations. Il m'est aussi arrivé de me retrouver face à des comportements étranges, comme cette fois où mon personnage refusait de sauter au-dessus d'une rambarde de jardin ou cette nuit où deux PNJ étaient debout sur le lit, coincés. Rien de dramatique dans mon expérience pour le moment, mais ces problèmes nuisent parfois à l'immersion.
Un petit détail m'agace tout de même : notre personnage se met à marcher au pas dès qu'il entre dans une maison. Autant ça peut participer au côté tranquille du jeu, autant ça devient vite pénible lorsqu'on multiplie les déplacements à l'intérieur dans les villages.
Pour pondérer ça, je rappelle que j'ai joué avant la sortie, dans la version de l'accès anticipé. Le studio continue de travailler sur les performances et les corrections de bugs, et un gros patch accompagnera le lancement.
À noter que l'aventure se joue exclusivement en solo, avec une interface et des sous-titres disponibles en français. Le jeu est également vérifié pour le Steam Deck, même si je n'ai pas testé cette version.

| Superbe ambiance | Ralentissements fréquents |
| Concept original de maison mobile | Quelques bugs |
| Folklore slave et thématiques profondes | |
| Beaucoup de décorations |
Pour le moment, REKA me plaît beaucoup même si je n'ai joué que quatre heures. Il me reste encore beaucoup de choses à découvrir, notamment pour savoir si les régions et les quêtes parviennent à se renouveler au fil des heures. Mais la copie présentée est propre, très propre, pour quiconque aime l'aventure, l'artisanat et la construction.
Envie de tester ? Ça tombe bien, il y une démo gratuite sur Steam.
