Kalanoro – Des lémuriens, des concerts et des savates en guise d’armes
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Kalanoro – Des lémuriens, des concerts et des savates en guise d’armes

Entre combats déjantés, concerts endiablés et gestion d'un tour-bus rempli de lémuriens exigeants, Kalanoro nous embarque dans une aventure colorée.

Version testée : Xbox Series X
Plates-formes disponibles : Xbox Series, Ps5, Nintendo Switch et PC
Genre : Action, Aventure
Prix conseillé : 19,99 €
Date de sortie : 24 septembre 2026
Studio / Editeur : Red Raketa Studio / New Tales
Clé fournie par l'éditeur, merci à eux !

Sur Lémuria, une révolution se prépare, et elle risque de faire pas mal de bruit. Entre des musiciens à sauver, une sorcière à renverser et un groupe à faire tourner, Kalanoro nous confie une mission qui sort franchement de l'ordinaire. Ici, pas question de devenir un héros solitaire armé jusqu'aux dents : il va falloir recruter des lémuriens, distribuer quelques coups de poêle et prouver que la musique peut faire bien plus que remplir les oreilles. Le tout sans oublier de nourrir les artistes, de satisfaire leurs petites exigences et, détail qui a son importance, de nettoyer les toilettes du tour-bus. Une aventure qui ne manque décidément pas de ressources pour nous surprendre !

L'action nous emmène sur Lémuria, une île inspirée du folklore malgache qui a malheureusement perdu une bonne partie de sa tranquillité. La faute à Raneny, une sorcière qui exploite son peuple et nourrit désormais de grandes ambitions musicales. Son projet ? Organiser un gigantesque concert avec les artistes les plus célèbres de l'île. Forcément, quand une mégalomane décide de monopoliser la scène, il faut bien que quelqu'un vienne lui rappeler que la musique appartient à tout le monde. Notre mission consiste donc à libérer les habitants, retrouver des musiciens talentueux et monter un groupe capable de rivaliser avec celui de la sorcière. Le scénario ne cherche pas à réinventer le genre, mais il sert de prétexte à une aventure pleine de personnalité. Et petit détail pour briller en société : Kalanoro se prononce « Kalanour ». Voilà, vous êtes prêts à partir sauver Lémuria.

Manette en main, Kalanoro revient aux fondamentaux du jeu de plateforme. On avance, on saute, on explore les différents environnements et on règle quelques différends à coups d'attaques bien placées. La formule est connue, mais elle a le mérite d'être immédiatement accessible. Pas besoin de passer trois heures à comprendre les commandes avant de commencer à s'amuser. On prend rapidement ses marques, les affrontements s'enchaînent avec un bon rythme et l'ensemble conserve une légèreté agréable. Ce qui donne du caractère aux combats, c'est notamment l'arsenal utilisé. Oubliez les épées légendaires et les armes forgées par des dieux oubliés : ici, les objets du quotidien peuvent devenir de redoutables instruments de vengeance. Les savates et les poêles rejoignent ainsi la panoplie du parfait libérateur de lémuriens. Le décalage fonctionne, d'autant que les affrontements ne se limitent pas à distribuer des coups au hasard. Il faut aussi apprendre à exploiter les capacités disponibles. Notre chevelure joue d'ailleurs un rôle assez particulier dans l'aventure. Des shampoings achetés dans les différentes échoppes permettent de débloquer des coups spéciaux. Oui, vous avez bien lu : entre deux combats, il est possible de faire progresser ses capacités grâce à des produits capillaires. C'est absurde, c'est amusant et cela colle parfaitement à l'identité du jeu. Pour une fois, prendre soin de ses cheveux ne relève pas uniquement de la coquetterie !

La progression repose également sur le sauvetage des musiciens dispersés dans les différentes zones. Chacun apporte sa pierre à l'édifice, notamment grâce à son instrument, et chaque libération nous rapproche de notre objectif. Cette structure donne une raison concrète de poursuivre l'exploration : on ne traverse pas simplement les niveaux pour atteindre la sortie, on cherche aussi à reconstituer un groupe capable de faire trembler les scènes de Lémuria. Visuellement, c'est une vraie réussite. La direction artistique mise sur des couleurs éclatantes et des environnements qui donnent envie de poursuivre la découverte. L'univers possède une identité immédiatement reconnaissable, sans tomber dans l'impression de parcourir un catalogue de décors interchangeables. Cette énergie se retrouve aussi dans la bande-son, qui accompagne parfaitement l'ambiance générale. Les morceaux donnent envie de bouger la tête, et la musique ne se contente pas de remplir les silences : elle participe pleinement à l'identité de l'aventure.

Et puisqu'on parle de musique, impossible de passer à côté des concerts qui ponctuent la progression. À la fin des zones, lorsque les musiciens et leurs instruments ont été récupérés, vient le moment de monter sur scène. Ces séquences prennent la forme de mini-jeux où il faut appuyer sur les bonnes touches au bon moment, tout en repoussant les sbires de Raneny qui tentent de saboter la représentation. Le principe apporte une variation bienvenue après les phases de plateforme et de combat. On passe du rôle de bagarreur à celui de chef d'orchestre improvisé, avec cette petite pression supplémentaire de devoir défendre son spectacle. Ces concerts donnent aussi une dimension plus concrète aux efforts accomplis pendant l'exploration : on ne libère pas des musiciens simplement pour remplir une collection, on les rassemble pour faire vivre quelque chose. C'est probablement l'une des idées les plus sympathiques du jeu.

Mais Kalanoro ne s'arrête pas là. Une fois notre petite troupe réunie, il faut aussi s'occuper de sa tournée et du bus qui transporte tout ce beau monde. C'est ici que l'aventure ajoute une couche de gestion assez inattendue. Les lémuriens ont leurs exigences : certains réclament un repas particulier, d'autres veulent entendre une musique précise pendant le trajet. Il faut également s'occuper des tâches moins glorieuses, comme nettoyer les toilettes du véhicule. Parce que oui, sauver le monde, c'est bien. Mais apparemment, sauver le monde sans vider les toilettes, c'est beaucoup moins bien. Ces activités prennent la forme de mini-jeux qui cassent le rythme des phases d'action. J'apprécie cette volonté de ne pas se contenter d'enchaîner les niveaux et les boss. On apprend à connaître les membres du groupe autrement, et leur bien-être a une véritable conséquence sur le déroulement de l'aventure. Si on les néglige trop, ils peuvent finir par quitter le bus, se faire capturer de nouveau et nous obliger à repartir les sauver. Autant dire qu'un minimum d'organisation évite de transformer une tournée musicale en service après-vente permanent. Cette mécanique ajoute une petite pression sympathique, même si elle peut aussi devenir contraignante. Entre les objectifs principaux, les demandes des musiciens et les tâches annexes, on passe parfois du héros libérateur au responsable de colonie de vacances. Le décalage est drôle, mais il faut accepter que le jeu nous fasse régulièrement quitter l'action pour gérer la vie quotidienne du groupe.

Les quêtes secondaires viennent compléter l'ensemble. Certaines consistent à rendre service aux habitants, comme ramener un certain Lemursan auprès de sa famille. Ce personnage, qui présente des traits rappelant le rappeur Orelsan, est un clin d'œil particulièrement amusant, jusque dans certaines répliques doublées qui évoquent son célèbre « Ah c'est marrant ». Ce genre de détail ne changera évidemment pas votre vision du jeu vidéo, mais il témoigne d'une envie de glisser quelques références inattendues dans l'aventure. Et je préfère largement ce type de clin d'œil bien intégré à un humour qui se contente de faire des grimaces toutes les cinq minutes.

Tout n'est cependant pas parfait. Si la prise en main se révèle accessible et que la difficulté reste raisonnable, les bulles de tutoriel reviennent parfois un peu trop souvent. Expliquer une mécanique lors de sa découverte est parfaitement normal ; rappeler régulièrement des consignes déjà assimilées finit en revanche par casser le rythme. Le jeu gagnerait à faire davantage confiance au joueur une fois les bases acquises. De la même manière, les amateurs de plateforme exigeante risquent de rester un peu sur leur faim. Kalanoro privilégie le plaisir immédiat et la variété plutôt que la précision punitive ou la recherche permanente du défi. Ce n'est pas nécessairement un défaut : tout dépend de ce que l'on vient chercher. Pour ma part, j'apprécie cette accessibilité, qui permet de profiter de l'univers sans transformer chaque passage délicat en séance de frustration. En revanche, il ne faut pas s'attendre à une révolution du genre. Les fondations restent celles d'un jeu de plateforme classique, enrichi par des idées originales et un univers qui lui appartient.

Au terme de cette aventure sur Xbox Series X, Kalanoro laisse surtout l'impression d'un jeu qui sait ce qu'il veut être. Il ne cherche pas à rivaliser avec les mastodontes du genre sur la profondeur de ses mécaniques ou sur une difficulté capable de mettre les nerfs à rude épreuve. Il préfère miser sur son univers, son humour, ses combats rythmés et cette drôle d'idée de transformer une bande de musiciens en équipe de sauvetage. Tout n'est pas également convaincant, et les tutoriels un peu trop insistants rappellent que cette aventure aurait parfois gagné à faire davantage confiance à son public. Mais entre les décors colorés, les morceaux entraînants, les armes improbables et les concerts à défendre, on tient une expérience plaisante qui sait régulièrement nous décrocher un sourire. Kalanoro, c'est un peu comme un concert qui aurait dégénéré en bagarre générale avant de se terminer par une corvée de toilettes dans le tour-bus. Dit comme ça, le programme semble douteux. Manette en main, pourtant, le mélange fonctionne. Si vous cherchez un jeu de plateforme accessible, dépaysant et suffisamment original pour sortir des sentiers battus, cette aventure musicale mérite qu'on lui tende une oreille. Et gardez vos savates à portée de main : Raneny ne se laissera pas faire sans pousser la chansonnette.

Points forts Points faibles
Direction artistique colorée et pleine de personnalité Bulles de tutoriel parfois trop répétitives
Bande-son entraînante qui colle parfaitement à l'univers Un gameplay de plateforme assez classique
Combats dynamiques et arsenal déjanté Une difficulté plutôt accessible, qui pourra frustrer les amateurs de challenge
Humour décalé et références amusantes Les tâches de gestion peuvent parfois casser le rythme

Kalanoro est une bonne surprise qui mise sur son univers coloré, son humour décalé et ses combats rythmés pour proposer une aventure aussi dépaysante que divertissante. J'ai particulièrement apprécié le mélange entre plateforme, concerts et gestion du tour-bus, qui apporte une vraie personnalité à l'ensemble. Tout n'est pas parfait, notamment avec des tutoriels un peu trop insistants et un gameplay qui reste classique, mais le jeu possède suffisamment de charme pour donner envie de poursuivre l'aventure. Ce n'est peut-être pas le lémurien le plus costaud de la jungle, mais il sait clairement mettre l'ambiance !

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