Monster Fantasy – Chasse aux monstres & cozy
J’ai récemment pu assister à une présentation de Monster Fantasy en compagnie de membres de Jotoyo Games. L’occasion de découvrir plus en détail ce projet encore en développement, porté par un studio indépendant basé à Chengdu, en Chine.
Le studio compte actuellement près de trente personnes. Durant la présentation, Jotoyo Games a notamment mis en avant son CEO, Alan, ainsi que Fei, producteur du jeu. Ce dernier est présenté comme un joueur console de longue date, fan de Monster Hunter mais aussi de jeux plus tranquilles comme Animal Crossing ou Story of Seasons. Une double influence qui se ressent dans Monster Fantasy, puisque le jeu cherche justement à faire cohabiter la chasse aux monstres et la simulation de vie.
Dès les premières images, Monster Fantasy affiche une identité visuelle assez particulière. Le jeu mélange des personnages au style cartoon avec des environnements, des matières et des lumières plus réalistes. Ce contraste est assumé par les développeurs, qui souhaitent à la fois se démarquer des autres jeux de chasse aux monstres et donner une impression plus chaleureuse, moins intimidante. L’idée n’est pas de gommer la profondeur du combat, mais d’éviter que le jeu paraisse immédiatement réservé à un public hardcore.
Au cœur de Monster Fantasy, il y a cette volonté de proposer deux axes de jeu parallèles. D’un côté, un système de combat exigeant, fondé sur la maîtrise, l’équipement, la stratégie et la lecture des monstres. De l’autre, une expérience plus calme centrée sur la vie de village, la production, la récolte, la cuisine, l’alchimie, la pêche, le minage, l’agriculture ou encore les relations avec les habitants.
L’équipe insiste sur un point important : les joueurs ne devraient pas être forcés de tout faire. Quelqu’un qui préfère éviter le combat pourra se concentrer sur la partie simulation de vie et confier certaines tâches à des PNJ spécialisés. À l’inverse, un joueur plus intéressé par la chasse pourra passer davantage de temps sur le combat, pendant que d’autres PNJ l’aideront pour les activités de production ou de récolte.
Sur le papier, cette approche est intéressante, car elle tente de réconcilier deux rythmes de jeu très différents sans les mettre en concurrence. Dans les faits... j'attends de voir !
L’aventure prendra place dans le royaume d’Eldoras, un monde de fantasy dans lequel le joueur incarne un héros amnésique. Monster Fantasy ne se basera pas sur une histoire linéaire, mais il ne faudra pas non plus s’attendre à un open world.
Le monde sera composé de plusieurs régions distinctes, chacune avec son écosystème, son village, ses ressources, ses habitants et ses monstres. Parmi les zones présentées, on retrouve notamment Giant Crown Rainforest, une forêt tropicale entourée de cascades et d’arbres anciens, Frost Rift Valley, une région froide et mystérieuse, Cloudstep Highlands, des hautes terres qui s’élèvent vers les nuages, ainsi qu’Ashlands, une région plus brûlante et dangereuse, marquée par la lave.
Le combat repose sur quatre classes : Warrior, Swordsman, Archer et Mage. Chaque classe propose une façon différente d’aborder les affrontements. Un point important a été précisé pendant la session de questions-réponses : les classes ne sont pas liées de manière définitive au personnage, mais aux armes utilisées. Changer d’arme revient donc à changer de classe.
Les monstres sont évidemment au centre de l’expérience. Plusieurs créatures ont été montrées, dont un griffon, une créature inspirée d’un mélange entre scarabée et tortue, une autre entre écureuil et ours, mais aussi des monstres plus légendaires comme un renard à neuf queues inspiré de la culture chinoise ou encore un dragon occidental.


Le cycle jour-nuit et la météo devraient influencer le comportement des monstres. Les développeurs ont confirmé qu’il serait possible de briser certaines zones des monstres pendant les combats, par exemple la carapace du Beetle Turtle. Les parties détruites pourront donner accès à des matériaux différents, avec leurs propres propriétés.
Ces matériaux serviront ensuite à fabriquer ou acheter de l’équipement inspiré des créatures chassées. Jotoyo Games veut que les armes et armures reflètent clairement les caractéristiques des monstres dont elles proviennent. Le jeu proposera aussi une forme de personnalisation du craft : les matériaux utilisés pourront influencer l’apparence et les propriétés de l’équipement.
La partie simulation de vie semble, elle aussi, assez intéressante. On pourra cuisiner, préparer des potions, couper du bois, pêcher, miner, cultiver et participer à différentes activités de production et de récolte. Les villageois occuperont une place importante dans cette boucle. L’équipe ne veut pas en faire de simples PNJ fonctionnels, mais des personnages avec une personnalité, des forces, des hobbies et une forme de présence quotidienne. Plusieurs métiers ont été présentés : mineur, pêcheur, forgeron, cuisinier, alchimiste, érudit, tailleur, éleveur ou encore chasseur de trésors.

Autre système important : l’apprivoisement des monstres. Dans Monster Fantasy, les créatures ne seront pas seulement des ennemis à affronter. Certaines pourront aussi devenir des compagnons. Après avoir vaincu un monstre, le joueur pourra l’apprivoiser, le nourrir et l’entraîner. Les créatures passeront par plusieurs stades de croissance, de la forme juvénile à la forme adulte.
Chaque stade aura son utilité. Les jeunes monstres pourront notamment servir de montures, tandis que les adultes pourront devenir des partenaires de combat.
La musique participe aussi à l’identité du jeu. Elle est composée par Claude Ruelle, dont le parcours mentionné pendant la présentation inclut des projets comme Monster Hunter Rise, My Time at Portia et The God Slayer. L’équipe souhaite créer une ambiance qui mélange influences orientales et occidentales, avec notamment l’utilisation de chant de gorge tuvan pour donner une couleur particulière aux thèmes de chasse.
Côté calendrier, le concept de Monster Fantasy remonte à 2020. Fei avait d’abord créé un prototype de gameplay, avant de commencer à construire l’univers fantasy avec Alan. Entre l’automne 2023 et 2024, les deux fondateurs se sont consacrés à plein temps au projet, en travaillant sur le game design, le worldbuilding, la direction artistique, le prototypage, la planification de l’équipe et la préparation du financement.
Une première démo orientée combat a été terminée fin 2024. En mai 2025, Jotoyo Games a été fondé, et l’équipe de développement principale a commencé à se former. En mars 2026, le cœur de l’équipe était en place et la production de la première version jouable a réellement commencé.
Le studio a déjà testé l’intérêt du public chinois avec une vidéo publiée sur Bilibili en mai 2025. La prochaine étape importante sera une campagne Kickstarter, prévue pour le 15 juillet 2026. La démo prévue autour de la campagne Kickstarter devrait notamment permettre de tester certaines des activités, comme la pêche, le minage ou la capture d’insectes, en plus du système de combat avec les quatre classes. L’équipe veut recueillir les retours des joueurs assez tôt afin de les intégrer au développement.
Ce qui ressort de cette présentation, c’est surtout l’ambition de Monster Fantasy. Le jeu veut mêler la tension de la chasse, le plaisir de la progression par l’équipement, la douceur d’une vie de village et l’attachement à des compagnons, humains comme monstrueux. Le tout dans un univers de fantasy composé de régions variées, chacune avec son identité propre.
Reste évidemment à voir comment tous ces systèmes s’assembleront. L’équilibre entre combat hardcore et simulation de vie sera sans doute l’un des grands défis du projet. Mais l’intention est claire : proposer un jeu où l’on peut chasser des monstres, bâtir son foyer, tisser des liens avec les villageois et transformer certaines créatures en véritables compagnons de route.
Monster Fantasy est actuellement attendu pour l’automne 2027.







