Aether & Iron – Une ambiance au top mais mal rythmée
Version testée :
Plates-formes disponibles : PC et Mac
Genre : RPG Tactique
Prix conseillé : 24,50€
Date de sortie : 31 mars 2026
Studio / Editeur : Seismic Squirrel
Clé fournie par l'éditeur, merci à eux !
Avant sa sortie fin mars dernier, je confesse que je n'avais jamais entendu parler d'Aether & Iron. Il s'agit d'un RPG narratif qui plonge le joueur dans un New York alternatif des années 1930, transformé par la technologie antigravité de l'Aether en une ville d'îles flottantes stratifiées par les différentes classes sociales. On y incarne Gia, une contrebandière endurcie, devant résoudre différentes affaires. Si les premières heures annoncent un univers sacrément intéressant, il se rate un peu à cause d'un facteur d'aléatoires frustrants et de son interface très perfectible.

L'atmosphère film noir qui se dégage du jeu de Seismic Squirrel est pour ainsi dire inattaquable : des gratte-ciels suspendus dans les nuages avec les élites perchées au sommet, contrastant avec les bas-fonds infestés de gangs et de trafics. Notre héroïne, Gia, cynique et rusée, s'allie à Nellie, une rebelle en fuite, dans une intrigue criminelle qui nous demandera à plusieurs reprises d'effectuer des choix moraux assez lourds. En sus de l'univers, Aether & Iron bénéficie d'un doublage anglais fort réussi et de dialogues superbement écrits, rappelant un certain Disco Elysium. Malheureusement pour nous, joueurs francophones, on devra parfois composer avec une traduction qui contient quelques erreurs et autres approximations de langue. Rien qui ne nuise à la compréhension globale de l'œuvre, mais ça peut parfois surprendre.
Malheureusement, en dépit de son univers riche, le rythme pêche : on se retrouve face à beaucoup d'écrans fixes, certains dialogues (et textes explicatifs) sont interminables et aucune animation ne vient dynamiser l'ensemble.

Le cœur du gameplay repose sur des jets de dés 2D6 combinés à des modificateurs de compétences, Hustle pour la débrouillardise, Smarts pour l'intellect, Brass pour l'intimidation, qui décident du succès ou de l'échec lors des interactions et actions narratives. On progresse via des arbres de talents qui déverrouillent des capacités utiles en combat ou en dialogue, promettant une belle profondeur de personnalisation. Mais on se fait vite rattraper par l'aléatoire qui se révèle impitoyable et peut vite nous faire basculer dans la défaite pure et simple. Il suffit parfois d'un peu de malchance sur une série de jets et paf, c'est le game over. Je suis d'un naturel assez patient, j'ai pu composer avec, mais pour les joueurs qui n'aiment pas trop la RNG, ça peut vite être particulièrement décourageant.

Les bastons sont elles assez funs. On se bat avec nos véhicules antigravité, qu'on peut personnaliser : on upgrade les moteurs pour la vitesse, le blindage pour encaisser, nos armes directionnelles comme lance-flammes ou grenades ainsi que d'autres gadgets divers pour coller au mieux à notre style de jeu. Les affrontements se font au tour par tour en plein trafic routier aérien et constituent le clou du spectacle : on se positionne sur des voies divisées, tout en devant anticiper les crashes, pour éviter les civils ou pour pousser nos ennemis à se décaler… ou se prendre une voiture de plein front. L'aspect stratégie est intéressant et amène pas mal de fun à l'ensemble. En revanche, une fois n'est pas coutume, l'interface viendra jouer les troubles fêtes, proposant des menus surchargés et mal fichus.
Si Aether & Iron captive sans problème grâce à son univers riche et ses combats tactiques malins, il se rate malheureusement sur son côté aléatoire bien trop punitif et sur son interface franchement perfectible. Si cela ne vous rebute pas et que vous souhaitez découvrir une histoire noire passionnante, c'est pour vous. Pour les autres, jaugez bien votre patience avant de succomber aux charmes de Gia et de ce New-York des années 30.






