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Werewolf : The Apocalypse – Earthblood – Miaou ?

Le loup-garou, également connu sous le nom scientifique de Lupus Garus Toupoilus Pleindepus Équipus, est une créature inquiétante et menaçante issue du monde fantastique au même titre que le vampire, le diable et la belle-mère. Étonnamment, cette créature mythique n'est que peu utilisée dans le jeu vidéo au profit de son collègue suceur de sang. Il y a certes eu quelques tentatives mais tout le monde désire oublier Sonic Unleashed de sa mémoire collective.
Aujourd'hui, le studio Cyanide et l'éditeur Nacon nous proposent d'incarner un lycanthrope dans Werewolf : The Apocalypse - Earthblood, un jeu qui mise résolument tout sur la subtilité d'une grosse bête poilue dans un Action-RPG d'infiltration. Va-t-il réussir son pari de rendre populaires les petits loups ?
Réponse dans ce test... tant que le loup n'y est pas.

 

Werewolf vous met dans la peau de Cahal, lieutenant du Cairn local dont le destin ainsi que celui de Gaïa (la planète) est menacé par un conglomérat qui s'est associé au Wyrm, un des éléments mystiques qui assume l'équilibre de la planète et qui est devenu corrompu au fil des siècles. Je vais vous passer les détails de l'histoire et des noms que je vous laisse découvrir par vous-même si le jeu vous tente, mais sachez qu'en tant que protecteur de Gaïa, vous allez devoir le protéger des vilains. De toutes façons il n'y a malheureusement pas grand chose d'original ni dans l'histoire, ni dans les personnages qui sont complètement stéréotypés à commencer par le protagoniste, Cahal, qu'on a vu et revu dans des dizaines de films/jeux de série B, tant le rebelle exilé au caractère trempé est présent avec un nom différent dans ce genre de productions. D'ailleurs, pour être complètement franc, c'est toute la direction artistique qu'elle soit visuelle ou scénaristique qui manque d'originalité entre le design des personnages banals, un développement des personnages au fil de l'histoire complètement à la ramasse dans lequel la mise en scène digne de jeux PS1 et ses transitions brutales n'aide pas le moins du monde.
En bref, si quelque chose est susceptible d'intéresser un joueur, plus que ces éléments de série B, c'est le gameplay qui peut faire la différence...

Hélas... loin de moi l'idée de vouloir être méchant sur ce point contre le jeu en lui-même car c'est une tendance un peu trop récurrente dans les productions modernes, mais Werewolf en abuse beaucoup : le jeu n'est pas ce qu'il prétend être ! Ce n'est pas en proposant des choix de dialogues qui n'ont que peu ou pas d'impact sur la suite du déroulement, qu'on peut se vanter avoir un aspect RPG. Ce n'est pas en offrant un petit arbre de compétences et des points d'expérience (qu'on ne gagne même pas dans les combats) pour faire apprendre de nouvelles choses à son personnage, qu'on peut se targuer être un RPG.
Et bien évidemment, il en est de même pour l'aspect infiltration, même si la raison est un peu différente, mais nous y reviendrons plus loin dans ce test.
Avant cela, parlons de l'aspect technique du jeu. Ne vous attendez pas à un résultat de toute beauté, le jeu se contente d'être à peine moyen, les nombreux bugs en plus : murs invisibles, bugs de collision, animations bloquées, etc.
Gardez bien en tête cet aspect bugué, car les bugs vont avoir leur importance pour la suite. Seul aspect que je retiendrai de positif : les gerbes de sang exagérées qui vont repeindre le sol et les murs au sens  littéral du terme !

Concrètement, le jeu est un jeu d'action dans lequel votre personnage possède la faculté de prendre 3 formes différentes, résultant sur 3 types de gameplay différents : humaine, loup et loup-garou.
La forme humaine sert essentiellement à interagir avec son environnement (parler, activer des éléments, faire des éliminations discrètes) alors que le loup garou sera la phase beat them all du jeu (vous ne pouvez l'activer qu'en présence d'ennemis) où vous déchaînerez votre rage et vos griffes acérées sur vos ennemis. Sous cette forme, vous aurez la capacité d'opter pour deux postures : une privilégiant l'agilité et une deuxième axée sur la puissance brute. Chacune de ces postures ayant des capacités propres. Sous cette forme de loup garou, une jauge de rage se remplira au fil de vos attaques. Une fois cette dernière remplie, vous pourrez entrer dans un mode berserk qui allie la vitesse et la force des deux postures. Un peu beaucoup de l'overkill si vous voulez mon avis, le jeu étant relativement facile.

Oui, mais qu'en est-il de la forme loup ? Cette dernière va rendre vos déplacements autrement plus rapides que sous la forme humaine. Et c'est bien là le seul réel avantage tant les phases d'infiltration sont bâclées. La faute à un level design pauvre, une IA adverse catastrophique qui est parfois surnaturellement alerte alors qu'elle est généralement plus conne que mes pieds (et le droit est quand même vachement con !), les fameux bugs mentionnés plus haut qui tantôt vont poser problème, tantôt vont vous rendre la tâche encore plus facile alors que le joueur n'a pas besoin de plus de choses pour se balader tranquillement sous les piqures de moustique de ses adversaires. Le jeu n'est clairement pas pensé pour l'infiltration. C'est plus un gimmick mal appliqué qui n'arrive même pas à la cheville des titres qui ont inauguré le genre. Comme si le jeu avait été rushé pour sortir dans les temps et que les phases de discrétion sont celles qui ont été sacrifiées pour finir au plus vite le cahier des charges.
La bande son, sans pour autant être mauvaise, ne se démarquera pas trop : du métal qui rythme bien l'action durant les phases de combat et qui disparaîtra pour une ambiance sonore très discrète le reste du temps. Les acteurs de doublage (les voix sont en anglais), ne sont pas mauvais du tout sans pour autant tomber dans l'excellence.

Si vous avez bien suivi ce test, vous concluerez donc que Werewolf n'est pas très bon. Oui et non en fait. Le jeu possède néanmoins de bonnes idées et un bon potentiel. C'est plus l'exécution qui pêche, un peu comme ces films de série B (voire Z pour les mauvaises langues) qui pour nombre de gens paraissent moyens, voire mauvais mais, pour un groupuscule de gens, va devenir en soi un pur plaisir coupable. Car oui, le jeu vidéo de série B existe aussi et Werewolf : The Apocalypse - Earthblood en fait clairement partie. J'aurais personnellement préféré un jeu avec un aspect infiltration clairement plus abouti au lieu d'être un prétexte pour faciliter les engagements de combat - et entre nous, si une suite devait voir le jour, je ne rechignerai pas à y jouer - mais la dizaine d'heures pour boucler le jeu se laisse jouer en tant que bon défouloir décomplexé car il y a largement pire comme titre (mais il y a aussi largement bien mieux). Le genre de jeu à caler 2 après-midis en attendant la sortie d'un titre plus consistant.


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