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Yakuza : Like A Dragon – La naissance d’un nouveau dragon

De Yakuza, j’ai raté quasiment toute l’histoire. Après un 1er opus qui m’avait plu à l’époque sur PS2, j’avais lâché la licence, la faute à une localisation restreinte à l’anglais et à des compétences trop limitées pour l’époque. Le temps aura ensuite eu raison de moi, et l’idée même de devoir rattraper autant d’épisodes dans la langue de Shakespeare ne me motivait pas des masses. Avec Yakuza : Like a Dragon, j’ai souhaité prendre le train en route, pour 2 raisons : une localisation française au rendez-vous (suite au succès de Judgement ?) et un héros inédit, ayant la lourde de tâche de remplacer Kazuma Kiryū, le héros emblématique des jeux Yakuza.

Ce 7ème opus nous fait incarner Ichiban Kasuga, un personnage fan du RPG japonais Dragon Quest et souhaitant devenir un Yakuza honorable et respecté. Malheureusement pour lui, son parcours en tant que Yakuza sera bref, son patriarche lui demandant de plaider coupable pour un meurtre qu’il n’a pas connu. Notre héros passera donc par la case prison et sortira après 18 ans passés derrière les barreaux, espérant reprendre sa vie d’avant en retrouvant le chef de la famille du clan Tojo. Son désir ne deviendra toutefois pas réalité, puisque Kasuga finira dans une benne à ordures après qu’une balle l’ait traversé de part en part, le laissant pour mort.

Rafistolé par un homme à la rue ayant été infirmier par le passé, notre Yakuza déchu va donc repartir de tout en bas, en cherchant à comprendre pourquoi son ancienne famille l’a trahi, et en faisant justice dans un quartier de Yokohama (une ville portuaire bordant Tokyo) où plusieurs clans de diverses nationalités s’affrontent, et où tout s’entremêle. La quête de Kasuga sera longue et fastidieuse, mais jamais elle ne faiblira. Pour quelqu’un qui découvre la licence en 2020, laissez-moi vous dire que je suis sur le cul. A l’heure où j’écris cet aperçu, je ne suis pas encore au bout de mes peines, j’en suis au chapitre 9 (sur 15) et j’ai réalisé une quinzaine d’intrigues secondaires pour un peu plus de 25h de jeu. Comptez le double pour venir à bout du titre qui dispose de chapitres à durée variable.

Le plus surprenant avec Yakuza, c’est cette faculté qu’il a d'alterner moments poignants et humour fantaisiste sans que cela n’impacte notre implication dans l’histoire. On peut verser quelques larmes après une cinématique dont l’intensité égale le 7ème art, puis rire quelques minutes plus tard en accompagnant un homme couvert de mousse qui a fui un soapland en urgence après avoir reçu un appel indiquant que sa grand-mère a fait un malaise.

Parcourir Yakuza Like a Dragon est un plaisir de tous les instants, et déambuler dans le quartier reconstitué à l’échelle 1:1 l’est tout autant. Le soin apporté à la reconstitution est maladif, ça fourmille de détails… et ça montre les quelques limites du moteur du jeu, qui est un moteur maison. Les décors ont tendance à scintiller parfois, surtout en journée, et la gestion des collisions est assez particulière, ce que l’on constate rapidement quand on tape un sprint et qu’on bouscule les nombreux citoyens alors qu’on est pourtant à presque 1 mètre de ces derniers. En dehors de cela, on notera les animations un brin rigides, mais rien de bien méchant au vu de la richesse globale du titre.

L’autre très grosse nouveauté de ce Yakuza pour les connaisseurs de l’œuvre, c’est son changement de formule, troquant son classique Beat Em Up par une formule J-RPG. Les combats se feront à présent au tour par tour, et l’on gérera le plus souvent une équipe de 3 personnages durant les nombreux affrontements du jeu. La fiche de personnage et l’interface globale sont un habile mix entre les interfaces classiques de J-RPG et celle de Persona 5. On ne retrouve certes pas ce soin maladif d’intégrer l’UI au jeu, mais les fiches de personnages s’en rapprochent. En sus d’un niveau global, on disposera également d’un niveau de job, que l’on pourra changer à sa guise afin d’accorder différents bonus à nos protagonistes. A noter également que nos personnages disposent d’un rang d’amitié qu’on pourra faire progresser en combattant avec eux (ou en prenant part à des dialogues facultatifs), ce qui débloque également bonus et capacités spéciales.

Craint par beaucoup, ce système m’a personnellement convaincu, même si on se retrouve parfois face à un mur en termes de difficulté, ce qui vous forcera à renouveler votre équipement et à aller affronter les badauds du coin pour prendre quelques niveaux avant de retourner dans le donjon pour battre le « boss » du coin. Mention spéciale d’ailleurs à la créativité des développeurs, qui ont utilisé le prétexte d’imagination créative de Kasuga pour déguiser les ennemis avec des tenues parfois totalement loufoques.

Je n’ai qu’une hâte : retrouver Kasuga et terminer l’aventure, qui, je le sais, ne pourra pas me décevoir, l’aventure ne faisant que gagner en intensité au fur et à mesure de ma progression. Yakuza : Like a Dragon est une œuvre comme en voit peu, un produit purement japonais qu’on nous permet enfin d’apprécier pleinement dans l’Hexagone, et qu’on ne doit surtout pas bouder.


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