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Phoenix Point – Retour vers le X-COM

Sorti le 3 décembre sur l'Epic Games Store, Phoenix Point est un jeu de stratégie au tour par tour créé par Snapshot Games, un studio indépendant basé en Bulgarie avec, à sa tête, le célèbre créateur original d'X-COM, Julian Gollop. Ainsi, Phoenix Point se veut le successeur spirituel de cette légende du jeu vidéo qui, à lui seul, définit désormais un genre. Un héritage difficile à supporter, mais qui ne peut qu'intriguer !

La création de la partie passe par un choix du niveau de difficulté, allant de bleu à légende. Désirant avant tout avancer dans l'histoire, et n'étant pas une stratégiste émérite, j'ai opté pour le premier échelon. Le didacticiel est optionnel, permettant de s'en passer pour les plus connaisseurs... ou les plus pressés. Je m'en garde bien et me retrouve dans une carte réduite, dans laquelle je contrôle un nombre limité d'unités face à des monstres pas bien doués.

Histoire

En 2022, le Pandoravirus a été libéré des glaces du permafrost de l’Antarctique. D'abord relâché dans l'océan, le virus a fait muter les créatures marines qui sont devenues des monstres hybrides, envahissant les terres et semant la mort sur leur passage. En 2029, la première Brume a recouvert les terres. Sous l'emprise de cet étrange brouillard, des millions d'humains se sont volontairement abîmés dans les flots, pour en ressortir changés, monstrueux. Une nouvelle race est née : les Pandoriens. Une guerre mondiale a éclaté de 2030 à 2035, les gouvernements sont tombés les uns après les autres, obligeant les survivants humains à se rassembler dans des Refuges isolés. La Brume est revenue en 2039, puis en 2046, affectant cette fois la faune et la flore et changeant à jamais l'écosystème de la Terre.

Au début du jeu, nous sommes en 2047, dans un monde régi par trois factions majeures, chacune ayant une façon différente de voir le futur de l'humanité :

  • la Nouvelle-Jéricho : une organisation militariste fondée par un ancien milliardaire, Tobias West. Pour lui, les Pandoriens sont  une menace pour l'identité humaine.
  • le Synédrion : un amalgame de mouvements politiques dirigé par une assemblée politique. Le mouvement est fortement ancré dans l'écologie sociale et le syndicalisme anarchique, défendant des valeurs comme l'égalité et la démocratie.
  • les Disciples d'Anu : une religion syncrétique formée par plusieurs secteurs, unifiée par un messie, l'Exaltée.

Nous incarnons une quatrième faction, le Projet Phoenix, une organisation scientifique créée en 1945 et rattachée aux Nations Unies. Elle essaie de rester neutre par rapport aux trois autres, mais ce ne sera pas toujours possible, d'autant plus que la Brume s'étend plus que jamais. Des décisions vont devoir être prises avant que l'indice de délire onirique (IDO) n'atteigne un seuil critique, au-delà duquel il ne sera plus possible de sauver l’humanité de ses cauchemars.

L'imagerie nous projette dans un univers proche des Grands Anciens de Lovecraft, des horreurs inconnues sortant des grands fonds pour hanter les terres émergées : des larves, des crabes, des méduses... Les ennemis sont difformes, possédant des mutations génétiques qui laissent cependant deviner sans mal ce qu'ils étaient autrefois. L'IDO n'est pas sans rappeler la santé mentale et tout pousse à croire que la plus grande menace reste encore tapie dans les profondeurs abyssales. Les décors sont sombres et brumeux, avec ce brouillard qui se répand irrémédiablement et entraîne des mutations. La bande-sonore est en adéquation avec l'ambiance, rajoutant à l'angoisse permanente dans laquelle nos survivants sont plongés, sans pour autant devenir lassante.

 

Bases

La première base d'opération se situe à Phoenix Point, une forteresse modulaire basée au nord de l'Afrique. Les zones obligatoires sont installées, même s'il faut en réparer certaines (ascenseur, garage, générateur d'énergie, relais satellite...). D'autres le seront au fur et à mesure, sans limite sur le nombre, offrant l'opportunité de les cumuler pour profiter de plus de bonus (mais qui dit plus de zones, dit plus de besoins électriques, donc plus de générateurs à installer...). Quatre zones concernent directement l'équipage : le centre d'entraînement génèrent 2 points d'entraînement par heure, la station médicale leur fait récupérer 4 points de vie par heure, les quartiers d'habitation redonnent 2 points d'endurance par heure, et la production alimentaire nourrit 8 soldats par jour.

Le garage accueille des véhicules terrestres et des vaisseaux. Par défaut, il n'y qu'un seul vaisseau, le Manticore, accueillant 6 passagers, mais d'autres se construisent, en restant dans la limite maximale (2 véhicules et 2 vaisseaux par garage).

Lors de mes explorations, j'ai découvert une seconde base, Phoenix Avionique, située en Irlande. En plus des zones supplémentaires qui boostent mon efficacité, elle me permet de gagner du temps en repoussant les frontières, réduisant le temps de voyage nécessaire pour remettre mes troupes d'aplomb entre les combats.

Il est à noter que, dans le cadre d'une attaque, les zones peuvent être endommagées ou détruites, cette interface permettant de visualiser d'un coup d’œil le statut de chaque installation. Mais je n'ai pas encore eu à subir d'attaques par les pandoriens ou les factions ennemies, je n'ai donc pas pu voir exactement comment cela fonctionne.

 

Geoscape

Représentant la Terre, le Geoscape est la carte stratégique du jeu, explorable grâce au Manticore, chaque équipage comprenant 6 soldats. Le temps défile alors sur la droite, pouvant être mis en pause à tout moment. Chaque heure compte, alors qu'en haut à droite l'IDO augmente graduellement, décomptant les jours restants à l'humanité.

Différents points d'intérêts sont disponibles. Une fois le vaisseau sur place, l'équipe part enquêter et, suivant les choix, cela déclenche un combat, offre des ressources, apporte des bonus, ou donne des informations primordiales. Des Refuges des trois factions sont également visitables (dépendant du niveau de relation), reprenant le même principe modulaire que la base Phoenix Point, avec de nouveaux soldats à recruter, des ressources à acheter (ou voler), et des missions à remplir (notamment les aider à se défendre contre des attaques pandoriennes).

 

Diplomatie

Comme j'en parlais en abordant l'histoire, le monde est divisé en factions, obligeant à composer avec les opinions divergentes des trois organisations. Chaque décision doit être réfléchie avec soin, chaque message analysé... Ma réponse à ce Citoyen de Synédrion a ainsi gravement endommagé les relations entre Synédrion et la Nouvelle-Jéricho, cette dernière ayant également une moins bonne opinion à l'encontre du Projet Phoenix.

Et cela arrive constamment...

Des quêtes spéciales sont à récupérer dans l'onglet Diplomatie, toutes sur le principe du volontariat. J'ai choisi pour ma part de m'aligner sur les décisions du Synédrion... même si à bien y réfléchir, avec seulement la moitié de la population des Disciples d'Anu, je me demande si je n'ai pas opté pour l'allié le plus faible des trois. Il est malheureusement un peu trop tard pour reculer, bien que mon attitude prudente m'a pour le moment permis de conserver des relations bienveillantes avec toutes.

Garder de bonnes relations avec les factions offre un avantage certain, permettant notamment de commercer et de recruter. En améliorant le niveau de relation, cela révèle l'emplacement des refuges (Favorable), partage les projets de recherche terminés (Aligné) et permet de rechercher tous les projets de recherche (Allié).

 

Soldats

Le nombre de soldats est calculé en fonction des quartiers d'habitation installés dans les bases. Chaque soldat se définit par six attributs, avec trois de base (puissance, vitesse, volonté) et trois de soutien (perception, précision et discrétion). Ceux de base se montent, grâce aux points de compétences (PC) gagnés en grimpant de niveau avec les points d'expérience (EXP) accumulés. Débutant au niveau 1 avec une classe, le soldat gagne une seconde classe une fois niveau 4, chaque classe arrivant avec ses capacités à débloquer, là également avec des PC. Au-delà de quelques spécialités, j'ai pour le moment accès à trois classes Mastodonte (armes lourdes, armes greffées et jetpack), Unité d'assaut (fusils d'assaut et fusils à pompe), et Tireur d'élite (fusils de précision et pistolets).

En parallèle, des points Phoenix sont attribués en accomplissant des missions, des points communs à tous les soldats, les seuls pouvant être utilisés pour continuer à débloquer des compétences et des attributs une fois le niveau maximum de 7 atteint.

La mort est permanente, c'est à dire qu'un soldat tombé au combat ne reviendra pas, quand bien même le combat est gagné... Sa dépouille est abandonnée sur place et tout l'entraînement, ainsi que l'équipement, sont perdus. Les soldats s'équipent avec 3 objets tenus en main (pouvant être des grenades, des médipacks ou des armes), 3 éléments d'armure (tête, torse et jambes) et des greffes. Il est important d'emporter suffisamment de munitions et de consommables sur le terrain, afin de ne pas se trouver au dépourvu. Il est à noter que les soldats peuvent s'échanger du matériel en le déposant à terre en cas d'absolu nécessité.

Les objets se créent directement depuis la fiche du soldat ou dans l'interface dédiée, Fabrication, chaque objet coûtant des ressources trouvées lors des missions ou générées par les zones des bases.

 

Recherche

La recherche est primordiale pour comprendre comment survivre aux Pandoriens et abattre ses unités. De façon directe, cela débloque des schémas de matériel, ensuite accessible via l'onglet Fabrication. Cela donne aussi des informations très utiles sur les vulnérabilités des unités ennemies, ainsi que même des bonus spécifiques. Par exemple, après avoir étudié la Sentinelle de brume, j'ai désormais 15% de bonus à son encontre.

La recherche prend énormément de temps et dépend des bonnes relations entretenues avec les différentes factions. Plus les bases sont équipées de zones de recherche, plus cela ira vite.

 

Combats au tour par tour

Lorsque la situation l'exige, le jeu passe au tour par tour, changeant totalement son interface.

Les soldats présents dans le Manticore, pour un maximum de 6, se retrouvent au sol, placés de façon aléatoire autour du point d'extraction, qui reste accessible, permettant à tout moment d'évacuer une unité mal en point ou un civil innocent.

Chaque tour, une unité possède un nombre fixe de points d'action, décomptés sous la forme de barrettes bleues sous les portraits en bas à gauche, qui se rechargent à chaque tour. Tout demande des points d'action, que ce soit le déplacement, le tir, l'utilisation d'un objet, l'activation d'une compétence... Il n'y a pas d'ordre pré-défini : un soldat peut tirer, bouger, et tirer de nouveau. Tant qu'il possède suffisamment de points d'action, il est libre d'agir à sa guise.

Attention cependant car les capacités utilisent également des points de volonté, qui eux ne se régénèrent pas entre les tours. Si un soldat arrive à zéro, il panique. Il peut régénérer la moitié de sa volonté en combat contre 4 points d'action (donc en gros un tour sacrifié). Classique des jeux de stratégie, la Vigilance surveille un angle et déclenche un tir si un ennemi entre dans la zone surveillée. Le Mastodonte porte une armure capable de le propulser vers les hauteurs grâce à un jetpack, et d'ainsi parcourir de longues distances. Le cri démoralisant peut être pratique dans le cas de nombreux ennemis au contact, ôtant 2 points d'actions à tous les ennemis proches. Mais moi, j'adore surtout le tir de riposte, mes alliés se protégeant les uns les autres dès que l'un d'eux est touché (même si cela coûte des munitions, cela équivaut à un tir "gratuit" sans points d'action).

Lors de son tour, tirer propose soit de pratiquer un tir basique, soit de localiser le tir sur un principe assez proche d'un FPS. Dans ce cas, les zones des cibles potentielles s'affichent au passage de la souris, permettant de cibler une partie du corps. Il faut alors prendre en compte la jauge de santé (en blanc à gauche) ainsi que les dégâts absorbés par une éventuelle armure (en orange à droite). Blesser un bras ou une jambe handicapera l'unité pour la suite du combat... mais cela est aussi vrai pour les soldats qui se retrouvent incapacités. Le tir ami est en place, et il arrivera d'ailleurs qu'un tir un peu trop serré à côté d'un compagnon rate, lui infligeant des dégâts (je ne parle même pas des grenades qui, mal ciblées, pourront faire autant de dégâts chez les ennemis que chez les amis).

Un système de brouillard de guerre masque les actions ennemies au-delà d'un certain périmètre de détection des soldats. Heureusement, afin de ne pas trop errer, un indicateur rouge montre l'endroit où les ennemis se trouvent, sans donner d'indication exacte sur le nombre.

J'ai eu jusqu'à présent trois styles de missions : protéger des infrastructures ou des caisses, évacuer des civils et attaquer une cible ennemie. La plupart des objectifs demandent dans tous les cas de détruire tous les ennemis. Une fois la mission terminée, un tableau des scores s'affiche, résumant l'état des troupes et les récompenses. Mes premiers combats n'ont malheureusement pas été très glorieux :

Heureusement, les choses se sont peu à peu améliorées, même si mes petits soldats ne reviennent pas toujours indemnes des combats, m'obligeant donc à retourner sur une base pour les soigner et à tourner avec deux équipes de six soldats pour ne pas devoir attendre. Il est à noter que si jamais l'issue de la bataille est fatale, il existe toujours la possibilité de redémarrer l'affrontement sans aucun malus. J'avoue que je n'y avais pas pensé quand j'ai bêtement envoyé mourir Lise et Ron au moment où j'apprenais encore à correctement gérer mes troupes !

 

Conclusion

Vous l'aurez compris, Phoenix Point propose un jeu complexe peu évident à prendre en main. Le tutoriel largue énormément d'informations en une très courte période, avec des écrans informatifs très fournis en texte, avant de laisser le joueur se débrouiller.

Bien que jouant dans la plus simple des difficultés, j'ai eu du mal à terminer les premières missions, encaissant de graves pertes dans mes effectifs, au point que j'en suis arrivée à penser arrêter au bout de 2 heures de jeu. Mais j'ai persévéré, j'ai recommencé les missions en connaissant le terrain, et je me suis améliorée, réussissant à mieux maîtriser les capacités de mes soldats et la synergie d'équipe. Il ne faut cependant jamais baisser sa garde, les ennemis sont coriaces, et ils n'hésiteront pas à s'engouffrer dans une brèche laissée ouverte. Il ne faut pas faire avancer ses troupes sans couverture, ni oublier de couvrir un angle. Les soldats doivent absolument partir préparés, équipés et reposés.

Le jeu n'est pas non plus exempt de petits bugs qui, s'ils n'en sont peut-être pas toujours, n'en restent pas moins agaçants. Un ver est tombé sur un toit, et il m'a fallu monter jusque là, pour qu'il explose sur un de mes soldats et que la mission se termine. J'ai plusieurs fois eu des ratés à bout pourtant, à se demander comment mon soldat a réussi à ne pas mettre une balle dans l'énorme bestiole devant lui. Que dire d'un énorme critique qui, en un coup, a mis à terre l'un de mes soldats ? Il y a aussi du texte tronqué dans l'interface, et même des parties encore en anglais.

Malgré ces petits à côté, si vous avez aimé X-COM, alors à mon humble avis, vous ne pourrez qu'apprécier Phoenix Point, un véritable retour aux sources par le créateur original (quand même !). Vous pourrez trouver le jeu sur l'Epic Games Store.


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