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Lost Ember – À la recherche des mémoires perdues

Lost Ember est un conte initiatique développé par le studio allemand Mooneye Studios, une structure de cinq personnes basée à Hambourg. Sorti le 22 novembre, il est disponible sur PC, ainsi que sur consoles PlayStation 4 et Xbox One (une sortie Nintendo Switch est prévue par la suite).

L'histoire débute quand une étincelle perdue (pour ceux qui ne parlent pas anglais, c'est la traduction littérale du titre, Lost Ember) rencontre une louve endormie. L'animal, que nous incarnons, accepte de lui venir en aide et la suit jusqu'à une grotte à proximité où un cadavre tient en sa main une amulette tribale. La louve libère l'objet, mais l'étincelle se voit toujours refuser l'accès à la cité des lumières, l'endroit où les âmes des esprits yanrans sont censés aller après leur mort. La légende dit également que les âmes perdues se réincarnent en animaux violents sur terre : leur punition pour n'avoir pas vécu une vie honorable en tant qu'être humain. Ainsi, la louve serait également une âme yanran n'ayant pas trouvé la paix...

Qu'elle soit contrôlée au clavier ou à la souris (une fois n'est pas coutume, j'ai préféré le contrôle à la manette, beaucoup plus fluide), la louve se déplace à travers l'environnement en 3D, capable de galoper relativement vite et de bondir sur de moyennes distances (que ce soit en hauteur ou en longueur). Elle nage correctement, une rivière ne posera pas de souci, mais dès qu'il s'agira de traverser un lac ou de plonger, la louve montre ses limites. C'est là où son don de marcheuse d'âme entre en jeu : en s'approchant suffisamment d'un animal, elle peut projeter son esprit, faisant disparaître son corps de louve pour prendre le contrôle total de l'animal ciblé. Le premier utilisé à cet effet est une espèce de petit cochon tout mignon :

J'ai contrôlé tout du long de l'aventure des dizaines d'animaux, qu'ils soient terrestres, maritimes ou aériens. Chacun possède des capacités différentes : voler, nager, grimper, détruire des obstacles, courir vite, creuser... Il y a aussi des animaux très inutiles comme le ver, le paresseux ou la tortue, mais bien amusants à incarner un court instant ! Dès que l'animal n'est plus utile, la louve lui rend sa liberté, et reprend son corps pour continuer son aventure. Il n'y a aucune violence, l'animal reprenant sa vie sans avoir été a priori choqué de cette prise de contrôle momentanée.

À travers six chapitres (et un prologue), le jeu emmène chercher des fragments de mémoire cachés, dévoilant le passé tumultueux de celle qu'était la louve quand elle était humaine, une jeune femme nommée Kalani, animée par l'amour et la vengeance, prête à tout pour défendre ses idées, peu importe les risques encourus... et les conséquences. Nous en découvrons également plus sur les coutumes de son peuple, les mémoires une fois activées redonnant pour un bref moment leur splendeur d'antan aux ruines. Je ne vous en dévoilerai pas plus, car ce serait sinon gâcher le plaisir de la découverte de ce monde étrange, surtout que la trame mérite d'être dégustée, l'histoire ne tombant pas dans les clichés habituels et réservant son lot de surprises jusqu'à la fin.

D'un point de vue purement technique, le gameplay est entièrement basé sur l'utilisation intelligente des spécificités de chaque espèce : voler vers une plateforme, se glisser dans une anfractuosité, détruire un mur, grimper sur une montagne, descendre un courant d'eau...

En complément des mémoires, des objets sont dissimulés un peu partout : des reliques et des champignons de plusieurs espèces. Lors de ma première partie, j'ai essayé d'être attentive, mais je n'ai pas non plus exploré chaque recoin, et je n'ai trouvé environ que la moitié de ces objets de collection. Un compte est ensuite tenu dans le menu principal, donnant accès aux chapitres de manière indépendante pour se rattraper si l'envie se fait sentir.

Je pense que vous l'aurez remarqué sur les captures d'écran : les graphismes sont magnifiques, avec des biomes variés, plein d'animaux tous plus ravissants les uns que les autres. Les effets de lumière, l'eau, le vent dans la végétation, le soleil couchant, la neige, les ombres, les animations... Il n'y a vraiment rien à redire sur cet aspect, qui est la grande force du jeu. Chaque nouvelle salle, chaque nouvelle corniche ont été pour moi l'occasion de prendre une nouvelle photo du paysage. Afin d'éviter au maximum l'utilisation de murs invisibles pour délimiter la zone jouable, Lost Ember s'appuie sur la végétation et les reliefs naturels, ce qui fonctionne plutôt bien. J'ai quand même réussi à me coincer une fois, mais cela n'a pas eu d’incidence négative : j'ai pu recharger au point de passage le plus proche, ce qui m'a fait perdre moins de 30 secondes de jeu. Si jamais la louve (ou l'animal incarné) tombe, elle réapparaît instantanément au dernier endroit stable où elle se trouvait. Force est de reconnaître que le jeu a été pensé dans ses moindres détails, chaque endroit est systématiquement fourni avec les bons animaux, que ce soit dans un sens ou dans l'autre dans le cas d'un tunnel par exemple, afin que le joueur ne se retrouve jamais bloqué.

La musique, d'influence classique, colle parfaitement à cette ambiance onirique. Sachant se faire discrète, elle est surtout utilisée lors de l'activation des mémoires pour ajouter une emphase aux moments importants, ce qui évite l'impression de répétition durant les phases de jeu. Le jeu n'en est pour autant pas silencieux, rythmé par les sons d'ambiance et les cris des animaux incarnés.

Demandant cinq heures environ à terminer, Lost Ember intègre pas mal d'exploits Steam, sans oublier tous les éléments à collectionner, ce qui offre une petite rejouabilité. J'ai par exemple réussi à rater 10 mémoires, et je n'ai incarné que 10 des 15 animaux. Il n'en reste pas moins que le jeu n'offre pas plus d'une dizaine d'heures de jeu environ, suivant jusqu'où vous laissez parler votre côté perfectionniste. Bien qu'un peu cher par rapport à ce temps de jeu, Lost Ember reste une petite bulle qui se déguste avec bonheur pour quiconque aime les animaux, les beaux paysages et les jolies histoires.

Vous pourrez le trouver sur Xbox One, PlayStation 4 et sur PC (version testée) :


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