Publicité

GRID (2019) – De l’arcade à la sauce simulation

Dans le rayon des jeux de courses, l'offre est pléthorique, c'est peu de le dire ! Entre les jeux de simulation pure et dure (comme WRC 8 que j'ai testé récemment), les jeux plus axés arcade (comme les The Crew 2 et consorts), les jeux familiaux à la Mario Kart, il y en a pour tous les goûts ! Et certains essaient de réconcilier tout ce petit monde là, à l'image du nouvel opus de la série GRID, proposé par un studio qui sait clairement de quoi il parle en termes de voiture : Codemasters, étant en effet à l'origine de licences cultes, comme Colin McRae, F1 ou encore DiRT.

 

Un mode solo un peu fainéant

Le mode multijoueur étant relativement classique (choix de la course, voiture, etc), penchons-nous plutôt sur le mode solo. Autant vous le dire tout de suite, si vous aimez le mode Carrière scénarisé ou étoffé, GRID risque de vous décevoir.

Le mode Carrière se compose en effet de 6 catégories, chacune divisée en 13 Epreuves (26 pour la dernière) et qui se termine en apothéose avec une épreuve Showdown. On se contente donc d'enchaîner les courses, sans autre but que de gagner de l'argent et acheter d'autres voitures. A l'heure où les modes Carrière d'autres jeux proposent de la gestion et de la scénarisation, ce World Series fait bien pâle figure.

Heureusement, même si la forme n'est pas très attrayante, le fond, lui, est plutôt impressionnant. 91 Epreuves au total, qui nous emmène dans des Championnats très différents (Muscle-Car, Monoplaces, Stock-Car et j'en passe), dans des environnements eux aussi très variés, que ça soit urbains ou sur circuits.

Au final, l'impression qui se dégage de ce mode Carrière est "j'en fais le minimum". J'ai presque l'impression que les développeurs ont implanté ce mode parce qu'il en fallait bien un, mais c'est clairement une grosse déception pour moi. Sans parler de scénarisation, j'aurais aimé un mode un peu plus étoffé, avec des objectifs à remplir, autres que simplement gagner des courses.

 

Mot d'ordre : accessibilité

Pour qui a pu déjà tâté d'un jeu de la série, on est en terrain connu. On est loin des simulations exigeantes, avec un gameplay très serré. Ici, l'accessibilité est le mot d'ordre. Cela se traduit d'une part par des voitures faciles à manier, qui adhèrent bien à la route. Des aides visuelles sont également disponibles, comme les trajectoires idéales et le freinage recommandé, ou encore l'ABS. Des aides bien sûr qui peuvent être désactivées pour qui recherche un peu plus de challenge.

Flashback... It's just an illusion!

Une fonctionnalité emblématique de la série fait ici aussi son grand retour : le flashback (les amateurs de musique des années 80 apprécieront). Un petit tête à queue, un virage pas forcément bien pris ? Pas de soucis. Une simple pression sur une touche et la course se rembobine, un peu comme le ferait un stylo dans une cassette audio (les trentenaires comprendront... les plus jeunes, tant pis pour vous !). On peut alors remonter le temps jusqu'au moment adéquat et la course repart, comme si de rien n'était.

D'aucuns argueront que ça facilite bien trop les courses, d'autres diront que c'est une aide appréciable. A chacun de se faire son idée. Pour ma part, ça a tendance à couper un peu le rythme de la course, j'utilise cette fonction très peu souvent, uniquement lors des incidents les plus problématiques.

Mon pote le pilote

Autre fonctionnalité qui aurait pu s'avérer intéressante : la possibilité d'appeler son coéquipier à la rescousse, avec un système de commandes. Il peut par exemple venir bloquer un adversaire trop agressif ou encore libérer un peu le passage pour que l'on puisse avancer. Enfin, en théorie, car ce "coéquipier" a tendance à suivre les ordres qu'il veut... ou qu'il peut. Un système donc intéressant, mais au final très peu utile.

A noter la possibilité d'engager de nouveaux pilotes... option que j'ai trouvée un peu par hasard en me rendant dans mon profil, le jeu ne m'ayant à aucun moment donné des explications à ce sujet.

Ennemis jurés

Au même titre que le pilote allié, une fonctionnalité d'ennemis jurés est proposée, mais au final assez anecdotique, car elle a peu d'influence sur le déroulé de la course. Un choc trop rude ou répété, et un adversaire peut alors être désigné comme votre ennemi juré. Théoriquement, il devrait alors être plus agressif (en tout cas par rapport aux autres), mais la différence est à peine notable.

Des courses made in Hollywood

Côté graphisme et direction artistique, on ne peut pas le nier, c'est quand même du grand spectacle ! Voitures bien modélisées, environnements détaillés et variés, ce GRID en met plein les yeux. Et cela se ressent aussi dans l'intensité des courses. Il ne faut clairement pas avoir peur d'aller au contact, le jeu y incite fortement. Il est de toute façon très compliqué de doubler les concurrents sans une petite poussette par-ci, par-là.

 

Il va falloir passer la seconde !

Sous ce bon mot un peu facile se cache véritablement le sentiment que je retire de ce GRID. Codemasers a sur le papier de très bons acquis en termes de jeux de courses, la preuve avec les deux jeux sortis récemment des autres franchises (Dirt Rally 2.0 et F1 2019), ainsi que les GRID précédents, qui avaient déjà lancé la franchise sur de très bons rails.

Néanmoins, pour ce GRID cuvée 2019, on sent un cruel manque d'inspiration de la part des développeurs, qui se traduit par un contenu certes relativement important, mais sans saveur ou consistance.

Bien sûr, la la conduite est extrêmement agréable, c'est même pour ainsi dire le jeu de courses où j'ai pris le plus de plaisir à piloter ces dernières années. Ce côté arcade, avec un soupçon d'exigence, c'est le mélange parfaitement adapté à ma façon de jouer (je dis bien pour la mienne). Néanmoins, le plaisir de conduire risque pour beaucoup de ne pas être suffisant face au manque de contenu flagrant.

  • Gameplay accessible
  • Réalisation impeccable
  • Mode solo sans intérêt
  • Difficulté assez peu relevée, même en Difficile

Le jeu est disponible sur toutes les plateformes :


Jeux du moment

>> Liste complète <<