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Devil May Cry – Dante s’incruste sur Nintendo Switch

Même si j'ai adoré Devil May Cry 5, c'était néanmoins le premier titre de la licence que je testais (retrouvez mon aperçu ici). Avec passion, j'ai découvert un univers ultra-riche, passant de nombreuses heures à me documenter pour en découvrir davantage sur le monde et ses personnages, Dante et Virgile en tête, car je n'étais pas satisfaite par le résumé d'histoire proposé dans les bonus du dernier né de la série. Mais après avoir terminé le 5 en deux difficultés différentes, je commençais à m'ennuyer... Alors quand j'ai vu la sortie du premier annoncée sur la console de Nintendo au 25 juin, je n'ai pas hésité à me replonger dans cet univers démoniaque et j'ai saisi ma chance de retourner aux origines...

Le portage sur la Nintendo Switch de l'un des titres fondateurs du beat’em all n'est pas une mince affaire, d'autant plus quand il date de 2002 et qu'il n'était à l'époque sorti que sur PlayStation 2. Plusieurs générations de console plus tard, les technologies ont changé, et notamment les résolutions.

Un gros travail a été fait sur les cinématiques. L'introduction est assez bluffante, je ne m'attendais pas à une telle qualité, et c'est un réel plaisir de retrouver Dante et ses amis les démons sans qu'ils ne soient trop pixelisés. Ayant lui au contraire rajeuni, l'insolent détective chasseur de démon a plus que jamais la classe, effronté et sûr de lui, maniant avec esbroufe ses légendaires pistolets, Ebony & Ivory, et son épée Force Edge (très vite remplacée par Alastor, il n'obtient que bien plus tard la légendaire Sparda, une version transformée de Force Edge du nom de son père).

Une fois en jeu, cela manque malheureusement de cohérence. La partie en elle-même présente une résolution correcte, autant sur l'écran de la console que sur la télévision en mode dock, mais les interfaces sont elles restées en 1x1 avec de grosses bordures noires sur les côtés et un effet flou/pixelisé vraiment très datées. Je n'ouvre donc que le moins possible ce menu que je tente d'occulter. Car, en jeu, cela fonctionne pas mal. Malgré des textures un peu datées et des formes pas aussi harmonieuses qu'elles devraient l'être, l'animation est plus que correcte, faisant honneur aux capacités martiales de Dante. Le principal souci vient de la caméra fixe qui change automatiquement de point de vue en fonction de la position du personnage. Le choix n'est pas toujours très judicieux ou fluide. Alors, on monte un escalier, et hop on arrive en haut, et cela passe à une vue de côté, avant de sauter à une vue frontale, empêchant de bien voir ce qu'il y a dans les coins de cette nouvelle pièce... Sans oublier les moments où la caméra change totalement de sens : le personnage qui avançait se met à reculer, ce qui le fait retourner en arrière, le coinçant dans une boucle infernale ! Dans le tout premier niveau, j'ai passé un moment à errer, ne comprenant pas quoi faire et où aller, avant de voir qu'il y avait une porte derrière moi. Sauf que je n'avais pas poussé l'exploration tout à fait assez loin pour que la caméra me la montre et que je manquais de perspective pour réaliser que je me trouvais au centre du hall.

La jouabilité est bonne, et les combats restent dans la lignée des beat’em all, n'ayant ici pas grand chose à envier aux titres plus récents, si ce n'est par la caméra. Les ennemis sont coriaces sans pour autant être insurmontables, avec partout ces sphères rouges à ramasser pour améliorer le personnage. Il n'y a par contre pratiquement pas de tutoriel, il faut se débrouiller pour trouver les combos qui vont bien et les possibilités du personnage. Une fois Alastor récupérée, c'est par hasard que j'ai relâché la première fois la rage démoniaque de Dante. Il m'a fallu également tâtonner pour utiliser les pistolets, le raccourci n'étant pas des plus évidents, et j'ai vu que je pouvais me moquer des ennemis seulement lorsque je suis arrivée au troisième niveau (ce qui accessoirement contribue en plus à la note de style !).

Le style, parlons-en, est et reste le point fort du jeu, même dans cette résolution. Chaque combat est noté, allant de Dull (bof) à SSStylish (stylé !), avec une moyenne sur le niveau. Meilleure est la note de style, plus le nombre de sphères rouges données par l'ennemi est important, permettant à Dante de débloquer plus de techniques, pour être encore plus stylé ! Dante, le fils du légendaire chevalier sombre Sparda, est à la hauteur de son héritage.

Un point sur l'histoire et l'ambiance s'impose avant de terminer. Je connaissais la trame, même si je n'avais jamais joué au jeu, et je n'ai pas été déçue. Pour faire court, le jeu débute lorsque la jeune Trish, chasseuse de démon elle-même, contacte Dante, et le teste, ayant entendu parler de lui comme d'un homme à tout faire, acceptant n'importe quel sale boulot. Surprise par ses capacités, elle lui confie une mission pour laquelle il était destiné : le démon Mundus a réussi à s'échapper de la prison dans laquelle Sparda l'avait emprisonné il y a de cela deux millénaires, sauvant ainsi l'humanité contre son propre camp, Sparda étant lui-même un démon. Musique et graphismes sont à la hauteur de la trame, même si cela manque bien entendu de l'aspect magistral du 5. Sous une réalisation rigide et imparfaite, on voit déjà cette volonté de faire grand, sauf qu'à l'époque les technologies n'étaient pas encore prêtes pour les grandioses visions de la licence.

Pour conclure, je ne peux en soi conseiller ce titre : il y a bien mieux désormais si vous avez une envie frénétique d'abattre une foultitude d'ennemis dans des environnements gothiques flamboyants (à commencer par le 5 !). Mais la copie proposée est propre pour un titre datant de 2002, et je ne peux que saluer cet effort fait pour rendre de nouveau jouable ces légendaires antiquités. Si vous aimez la licence, si vous avez la nostalgie de cette époque ou si tout simplement vous avez envie de retrouver Dante le temps d'une petite partie, c'est exactement ce qu'il vous faut !

Devil May Cry - Nintendo Store - 19,99€


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