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Just Cause 4 – Nostalgique confrontation

Aaaah, Just Cause !

Une série controversée si vous voulez mon avis, puisque vous incarnez Rico Rodriguez, un agent membre d'une organisation - l'Agence - et dont la spécialité est de renverser les pouvoirs politiques, généralement des dictateurs dans un pays en proie au chaos sur fond d'explosions spectaculaires dignes de films d'action de renom. Mais ce n'est pas pour son thème que je trouve cette série controversée, c'est pour son irrégularité en termes de fun. Avec un premier opus sympa, puis 4 ans plus tard un deuxième épisode complètement jouissif, décomplexé et énorme coup de coeur personnel.

Et puis voilà Just Cause 3 qui pointe le bout de son pixel 5 ans après, mais bien en deçà de son prédécesseur en termes d'amusement : je m'y suis ennuyé car le fun s'était envolé au profit d'une jouabilité pas aussi intuitive et un dynamisme bien en dessous de ce qu'elle était avant.

Alors quand un numéro 4 débarque seulement 3 ans après l'opus que j'apprécie le moins, je me sens tiraillé entre le "YOUPIIIIIII !" et le "ARF !". Lequel va l'emporter ? Réponse dans le test...

Il n'y a pas à jouer 50 heures pour constater que le titre est très proche du 3ème, puisque les deux jeux ont énormément de points communs, à commencer par l'histoire, suite directe qui continue de mener Rico sur les traces de son héritage avec la découverte de l'existence de l'arme météorologique construite par son père pour le compte d'un riche et puissant homme qui martyrise Solis. Rico va devoir s'occuper de son cas et, par là, de libérer l'île, non plus pour le compte de l'Agence, mais bel et bien pour lui- même à la tête d'alliés de fortune : l'armée du Chaos.

Mais la relation entre les deux Just Cause ne s'arrête pas là, puisque techniquement les deux jeux sont proches, et on ne peut pas dire que les 3 ans d'écart flattent Rico dans ce Just Cause 4. Entre certaines textures basse résolution, bugs d'affichage, clipping à gogo non seulement à longue distance mais - et c'est là où c'est beaucoup plus grave - à quelques mètres de lui - il ne sera pas rare de voir des éléments du décor ou des véhicules apparaître comme par magie près de vous -  la série ne se montre pas sous son meilleur jour. Et même si certains paysages sont jolis vus de loin, de près, ils font un peu moins envie avec l'aliasing très prononcé. Et je ne vous parle même pas des cinématiques assez affreuses, véritable concentration de soucis d'affichage et d'aliasing dont souffre en permanence le jeu. Le seul défaut qu'elles ne vous montrera pas est la caméra catastrophique, puisque entièrement libre, partant n'importe comment lorsque la physique largement exagérée viendra vous frapper.

Ce n'est malheureusement pas tout, puisque l'IA alliée est complètement stupide. Entre les conducteurs du convoi que vous protégez qui foncent du haut d'un pont pour finir dans la rivière sans aucune raison vous renvoyant au dernier checkpoint et les alliés susceptibles de vous accompagner et qui vont même jusqu'à attendre sagement qu'on leur tire dessus sans même penser à s'abriter des hordes d'ennemis tout aussi stupides - mais nourris au John Rambo à chaque petit déjeuner, eux- vous renvoyant au précédent checkpoint car ils sont morts alors qu'un joli abri protecteur se présentait à 1 mètre d'eux !  Ou bien il arrive que le jeu ne prenne pas en compte que vous avez atteint les objectifs ce qui vous oblige à relancer le jeu avec son long chargement pour qu'il comprennent qu'enfin vous l'aviez en fait passé. Tout simplement frustrant.

Alors on prend une grande respiration, on profère des insultes aussi barbares qu'explicites et on décide de se balader. Pas de mission, pas de quête annexe, juste Rico et l'environnement. Prendre du recul de la frustration de cette IA et de ces bugs pour tenter de se ressourcer un peu avant de replonger. Car on replongera forcément puisque se balader dans ce gigantesque environnement, même une fois le gameplay maîtrisé,  n'est pas aussi dynamique ni stylé que dans le 2. Je sais, je fais énormément le parallèle avec celui-ci, mais le dynamisme de ce dernier, la fluidité des enchaînements d'actions y étaient exemplaires. Ici, on retrouve plus un feeling du 3, mais en un peu amélioré, un peu plus peaufiné, ce qui rend le contrôle de Rico un poil plus agréable, mais conservant toujours ce je ne sais quoi de : "c'était mieux avant !". Jusqu'au moment où on progresse assez loin dans le jeu pour avoir affaire au pitch qui sépare le 3 du 4. L'argument mis en avant pour investir dans Just Cause 4 : la météo...

Et si l'idée était bonne au départ, dans la pratique, on est plus sur un gimmick anecdotique qui ne changera pas grand chose. Tout au plus pourra t-il rajouter une légère variété à des missions répétitives. Certes, on se bat contre les éléments, certes, on peut même s'en servir optionnellement à son avantage, mais ce n'est clairement pas un argument de poids essentiel au bon déroulement du jeu.

Je sais, ce test peut sembler accabler ce Just Cause 4. Pourtant en soi, le jeu n'est pas si mauvais. Les problèmes techniques sont toujours présents, oui, et l'effet aléatoire de certains d'entre eux peut beaucoup jouer dans l'expérience de chacun, mais on arrive à s'y amuser en passant outre. Et puis il y a aussi les nouveautés vis à vis des gadgets associés au grappin, la customisation de ce dernier, la durée de vie pas si négligeable puisqu'on dépasse la vingtaine d'heures, hors missions annexes, tout cela joue en sa faveur.

La vraie question étant finalement: est-ce qu'on va s'y amuser beaucoup ou pas beaucoup ? Y répondre au cas par cas n'est pas évident, mais si vous ne jurez que par Just Cause 2, il y a de fortes chances que ce 4 soit comme une sorte de déception, le clou Just Cause 3 enfoncé encore plus profondément dans le cercueil d'une époque révolue.

Par contre, si le 3 vous a conquis, foncez. Comme c'est plus ou moins la même chose, vous ne serez probablement pas déçu.


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