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Lamplight City – Jour ! Nuit ! Jour ! Nuit !

Il est minuit, l'heure du crime.
Et c'est encore plus vrai dans les bas fonds de Nouvelle Bretagne.
Ses cheminées fumant sans cesse, ses machineries à vapeur sans repos qui rythment la vie de misère des pauvres au profit du confort des riches.
Le crime est le quotidien de ces taudis où le moindre morceau de pain volé est synonyme de vie prolongée pour la famille du coupable et où chaque vie prise violemment est l'opportunité pour une autre de faire sa place, que l'on soit noble ou vaurien. C'est une sale ville, mais personne ne s'attendait à ce que cette série d'intrigantes et anodines effractions dans une petite boutique de fleurs affecte toute une ville. Pire encore: qu'elle affecte autant ma vie.
Non mais c'est vrai quoi ! Mes sessions d'Overwatch se raréfient à cause de Lamplight City !

Lamplight City est un jeu d'enquête de type Point'n Click en 2D old school - à comprendre par là avec des sprites et des animations minimalistes qui nous renverront dans le passé vidéoludique et qui ne feront même pas toussoter le plus ancien des PC - où vous incarnerez le détective Miles Fordham accompagné de son sarcastique coéquipier Bill Leger, tous deux policiers de New Bretagne, le long de 5 affaires qui vont faire trembler la ville: meurtres, kidnapping, vols, barbecues... Et ces enquêtes seront menées à la pointe de la souris, tout simplement. Pas de gameplay complexe, le jeu proposant des commandes simplistes. Probablement trop, puisque les interactions se limitent à regarder, agir, parler et c'est le jeu qui choisit la seule option possible. Pas de possibilité de manipuler des indices pour trouver par soi-même de nouvelles pistes, aucun inventaire. Le joueur a tout juste besoin du clic gauche pour interagir et du clic droit pour faire apparaître le carnet d'enquête où sont répertoriés indices, témoignages, documents de l'affaire en cours.

C'est assez pauvre comparé à des jeux anciens de ce type comme Sam & Max Hit the Road, ma référence en la matière. Ce qui donne des enquêtes assez linéaires dont le déroulement est mécanique. Alors, certes, l'enquête peut tomber dans un cul de sac à cause d'un interrogatoire qui a mal tourné et on peut passer rarement à côté de preuves pour trouver le bon coupable. Certes, on peut désigner le mauvais coupable pour une affaire, ce qui ne sera pas forcément bon pour les enquêtes à venir et influencera plus ou moins sur la fin du jeu. Mais le jeu conserve une sensation de linéarité avec le même modus operandi et une difficulté qui n'évolue pas vraiment : cliquer sans conséquence sur tout ce qui change l'icône de la souris, parler avec des témoins / suspects / victimes avec de rares moments où les décisions modifieront leur comportement et leur volonté de coopérer et de trop rares séquences interactives de manipulation qui rendront le joueur un peu moins passif. Sans compter les pseudo-énigmes qui se comptent sur le doigt d'une main et ne sont clairement pas difficiles.

Et c'est bien dommage, parce que le fil conducteur ainsi que chaque affaire sont intrigantes dans leur histoire, le background politico-social du jeu, les personnages sont intéressants et ont eu le soin d'avoir leur propre petit background, mais le fait est que la mise en scène et l'implication minimaliste du joueur dans l'aventure font que finalement on évoluera dans le jeu davantage tel un fantôme qui ne fait qu'observer ce qu'il se passe que de participer réellement. Il est même dommage que certains éléments mis en avant de manière très importante durant quasiment tout le jeu n'aient finalement pas plus d'impact que cela, voire pas du tout sur le reste du jeu. Pourtant avec comme thèmes des sujets tels que l'intégration des machines robot à vapeur dans la société, le mysticisme (vaudou, spiritisme, etc), la politique interne au jeu, il y avait de la matière à ce que ces éléments aient un véritable impact sur les enquêtes en elles-mêmes, mais ces sujets ne se révèlent au final que des éléments de background très élaborés et anecdotiques. C'est un peu du gâchis de voir de tels efforts et une telle profondeur narrative ne servir à pas grand chose au final.

Et même la possibilité de fins multiples selon certaines de vos décisions n'est pas assez encourageante pour refaire le jeu. Lorsque c'est un des arguments commerciaux mis en avant pour vendre un jeu, on s'attend à ce que ce soit un point d'intérêt du jeu, non ? Mais au final, ça ne booste pas la durée de vie du haut de sa huitaine d'heures pour terminer l'ensemble. Ce qui peut la booster de beaucoup plus par contre, c'est si vous ne bitez pas un mot d'anglais ou d'allemand. Le titre ne proposant que ces deux langages du côté des voix comme des textes, aborder ce jeu narratif sans connaître l'une de ces langues pourrait bien être le réel challenge...

Le jeu n'est pas désagréable, bien au contraire, mais la passivité du joueur est telle que l'ennui poindra à un moment ou à un autre. Lamplight City est le genre de jeu qu'on appréciera pour le scénario, mais qui ne brillera clairement pas pour son gameplay et c'est bien dommage parce qu'avec un petit peu plus de challenge et d'implication auprès du joueur, il aurait pu tenir la comparaison avec de grands noms du genre...

Sorti le 13 septembre, le jeu du studio Grundislav Games est disponible sur Steam :


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