Bellwright – Ambitieux, sans doute trop
Version testée : PS5
Plates-formes disponibles : PC, PS5 et Xbox Series
Genre : Survie / Gestion
Prix conseillé : 29,99€
Date de sortie : 9/06/2026
Studio / Editeur : Donkey Crew / Snail Games
Clé fournie par l'éditeur, merci à eux !
Après avoir fait ses armes en accès anticipé sur PC, le très ambitieux Bellwright a enfin posé ses valises sur PlayStation 5 en ce mois de juin 2026. Ce titre hybride ne se contente pas de copier les énièmes poncifs de la survie en monde ouvert. Il tente le pari fou de fusionner l'artisanat, la simulation de colonie, le RPG narratif et la stratégie militaire à grande échelle, un pari risqué, surtout pour un studio modeste. D'autant plus sur console, où l'on peut vite se prendre les pieds dans le tapis dès qu'il est question d'optimisations et de concessions techniques diverses et variées.
L’intrigue commence de manière classique mais efficace. Accusé à tort du meurtre du prince du royaume, notre personnage (que l'on peut personnaliser via un créateur de personnage relativement complet) vit dans l'ombre depuis des années. La découverte d'un mystérieux complot le pousse à revenir sur ses terres pour laver son honneur. Les premières heures de jeu sont familières pour tout amateur de jeu de survie : on va ramasser des cailloux, cueillir des baies, fabriquer ses premiers outils de fortune et bâtir un petit cabanon pourri pour pas trop se les peler.
Mais Bellwright voit plus grand. On s'aperçoit vite en progressant qu'on va devoir apprendre à lever la caméra pour voir la verticalité et le gigantisme des structures à explorer puis potentiellement bâtir. D'un simple petite baraquement isolé, on va peu à peu être amené à voir ses ambitions grandir pour créer une véritable cité fortifiée, dotée de ponts, de tours de garde et de quartiers d'habitation complets.

Si vous aviez été bluffé par un titre comme Medieval Dynasty, Bellwright vous surprendra d'autant plus, tant le jeu se veut plus ambitieux, sa vision d'échelle est décuplée ici, tout comme la gestion des PNJ (personnages non-joueurs). Chaque recrue possède ses propres statistiques, ses traits de caractère et ses spécialisations (artisanat, agriculture, combat). L'automatisation des chaînes de production est assez pénible à prendre en main sur console, mais s'avère d'une profondeur addictive. Voir ses villageois s'organiser de manière autonome, transporter les ressources par charrettes et forger des armes sans que l'on ait besoin de micro-manager chaque action procure une immense satisfaction. Tout ça pour un ultime but : armer votre peuple, lever votre armée, sonner la cloche de la rébellion et mener des sièges dantesques pour libérer les villes du joug de l'ennemi. Avec mes 20 pauvres heures de jeu, je suis très loin de la fin, vu qu'on peut tabler sur plus de 100 heures pour faire le tour de ce que le jeu a à proposer.
Transposer une simulation aussi dense du PC vers la console est un exercice périlleux. En toute franchise, le contrôle à la manette s'en sort honorablement grâce à des menus radiaux contextuels plutôt intuitifs (même si apprendre les raccourcis va demander quelques heures...). En revanche, l'interface souffre d'un défaut qu'on voit un peu trop souvent sur les portages de ce type de jeu : la police d'écriture est ridiculement petite, ce qui rend la lecture des dialogues et des fiches de statistiques particulièrement fatigante sur un téléviseur. En parlant des dialogues d'ailleurs, on notera l'effort d'avoir proposé un doublage anglais... mais il vous convaincra difficilement, la faute à un jeu d'acteur tout bonnement inexistant sur l'essentiel des PNJ (et à de nombreux dialogues faits par IA non remplacés).

Le système de combat directionnel, fortement inspiré de Mount & Blade (ou encore Kingdom Come Deliverance), demande lui aussi un temps d'adaptation certain. Devoir orienter ses coups et ses parades au stick analogique s'avère parfois rigide et imprécis lors des mêlées confuses. Le timing est impitoyable, et la moindre erreur face à une patrouille se paiera par le trépas.
Techniquement, le bilan est en demi-teinte. Le moteur parvient parfois à afficher de très jolies choses grâce à un beau jeu de lumière, mais au global, il faut surtout se dire que les textures, les animations et les expressions faciales accusent un retard visible. Difficile de croire que l'on joue à un jeu sorti en 2026 quand on lance Bellwright (qui tourne toutefois comme un charme sur PS5 en mode performance). Enfin, on rira (ou pas) en observant les ratés plutôt rares mais pénalisants de l'IA des villageois, qui ont la fâcheuse tendance à se bloquer dans le décor, ou encore à marcher dans le vide.

Bellwright n'est clairement pas dénué de défauts, qui pourront s'avérer rédhibitoires pour certains. L'IA réagit étrangement, le doublage est mauvais, son système de combat est confus... et pourtant, il s'en dégage un charme certain. Le mélange des genres fonctionne plutôt bien et son ambition est grande. J'y vois un net potentiel, un petit diamant brut qu'on aurait oublié de tailler, et qui se retrouve pourtant sur une bague de fiançailles. C'est trop brut de décoffrage pour moi, mais je conçois tout à fait que vous puissiez y trouver votre compte !






