Final Fantasy VII : Rebirth : Un portage solide
Version testée : Switch 2
Plates-formes disponibles : PS5, Xbox Series, PC, Switch 2
Genre : Action-RPG; RPG
Prix conseillé : 59.99€
Date de sortie : 3/06/2026
Studio / Editeur :
Clé fournie par l'éditeur, merci à eux !
Dans ma vie de joueur, il y a eu un avant et un après Final Fantasy VII.
Avant lui, le jeu vidéo n'était pour moi qu'un simple passe-temps : je n'y consacrais que peu de temps et je baissais les bras à la moindre difficulté. Et puis est arrivé FFVII, mon tout premier RPG. Celui qui m'a insufflé le goût de la découverte.
Évidemment, l'annonce du projet Remake de ce jeu mythique avait suscité en moi énormément d'attentes. Si je m'étais équipé d'une PS4 à l'époque, c'était uniquement pour y jouer. De même, l'achat de ma PS5 n'avait qu'un seul but : accueillir Rebirth. L'arrivée récente de ce dernier sur Switch 2 m'a ainsi donné l'occasion idéale de remettre les mains sur un titre auquel je n'avais plus touché depuis sa sortie initiale.
Estuans interius ira vehementi

Final Fantasy VII Rebirth reprend donc exactement là où Remake s'est arrêté. Le jeu s'ouvre d'abord sur une courte cinématique perturbante, où les protagonistes semblent avoir succombé à l'assaut de la tour Shinra survenu à la fin de la première partie. Mais après avoir quitté Midgar, les membres d'AVALANCHE se retrouvent sains et saufs à Kalm, où Cloud leur raconte son passé de SOLDAT aux côtés du légendaire Sephiroth. Ce dernier va d'ailleurs basculer dans la folie au cours d'une mission à Nibelheim, le village natal de Cloud et Tifa. Comme dans l'œuvre originale de 1997, ce flash-back est l'occasion idéale de prendre les commandes de Sephiroth et de constater toute l'étendue de sa puissance.
C'est de notoriété publique : par rapport au jeu d'origine, cette trilogie apporte une réécriture profonde, pour le meilleur et pour le pire. Le titre prend ici le soin de bâtir une narration plus cohérente, en s'attardant notamment sur la réaction de Tifa face aux souvenirs racontés par Cloud. De manière générale, Remake et Rebirth apportent une vraie couche d'épaisseur à chacun des protagonistes et développent magnifiquement les liens qui les unissent.
Si certains éléments de cette réécriture sont plutôt bien vus, je continue d'avoir un sacré problème avec les fileurs et le délire de mondes parallèles qui se met en place. Ce n'est pas du tout ma tasse de thé, même si je reste curieux de voir où tout cela va nous mener dans le grand final. Ceci dit, cette temporalité alternative offre un avantage non négligeable : elle nous donne l'occasion de jouer Zack, l'ami et « presque » alter ego de Cloud, l'un des personnages préférés des fans !
À côté de ça, on a un jeu qui peut être assez bavard et avec beaucoup de cinématiques. Heureusement, la plupart d'entre elles sont assez sympas à suivre et offrent des scènes tantôt intimistes, tantôt époustouflantes.
Veni, Veni, Venias

On se retrouve avec un système de type Action-RPG, bien nerveux. Chaque personnage a ses propres mécaniques et il est possible de passer de l'un à l'autre à la volée. Manette en main, je garde une préférence pour Cloud et Tifa, qui ont un style de combat particulièrement dynamique ! En plus des capacités spécifiques à chacun, les matérias équipées auront de l'importance. Elles permettront, comme dans le jeu original, d'utiliser des sorts ou des actions spécifiques. Attention cependant, car ces manœuvres coûteront des barres d'ATB. Ces dernières se remplissent automatiquement en cours d'affrontement, ou en fonction des coups et des parades donnés.
La grosse nouveauté ici, ce sont les actions synchronisées, un type d'attaque spécifique qui permet à vos héros d'agir de concert. Elles peuvent facilement remplacer les assauts standards car elles ne coûtent pas de ressources. En complément se trouvent les compétences synchronisées, de puissantes techniques exécutées en duo. Celles-ci dépendent de la jauge de synchronisation, qui se remplit à chaque utilisation de vos compétences de base.
Ce système d'actions et de compétences synchronisées va dans le même sens que l'écriture du jeu : elles permettent de montrer la connexion existante entre les membres du groupe, mais en intégrant cette connexion directement au gameplay. C'est plutôt bien vu !
Final Fantasy VII Rebirth apporte également un système de « Codex », qui permet entre autres de débloquer les actions et attaques synchronisées, mais également les Limites de niveau 3 des personnages.
Enfin, tout comme dans le premier Remake, Square Enix a ajouté de sacrées options de confort. Tout d'abord, on a la possibilité de commencer la partie en étant directement boosté, ce qui monte les différents personnages au niveau 65. En plus de cela, on retrouve les options pour doubler ou tripler les PC gagnés, avoir le maximum de Gils (999 999 999), ou encore de toujours frapper à 9999.

Si ces fonctionnalités sont super intéressantes pour quelqu'un qui a déjà terminé le jeu (ce qui est mon cas), je conseillerais aux nouveaux joueurs d'éviter de s'en servir. Elles peuvent vite gâcher l'aventure en transformant des combats de boss mémorables en simples affrontements de routine. Ça serait franchement dommage !
L'exploration est aussi un morceau important de FFVII Rebirth, puisqu'il s'agit cette fois d'un monde ouvert. Hélas, trois fois hélas, en ce qui me concerne c'est l'un des points faibles du jeu.
Square Enix applique ici la formule classique des open-world « à la Ubisoft », avec des tours pour dévoiler la carte et une tonne de points d'intérêt. Si ces activités sont totalement optionnelles pour ceux qui voudraient se concentrer sur l'histoire, elles restent nécessaires : c'est via cette exploration que le joueur peut débloquer de nouvelles matérias et renforcer celles d'invocation. J'ajouterais que la quête concernant les protoreliques est d'une importance capitale, car elle permet de débloquer l'affrontement le plus fun de tout le jeu ! De plus, ces phases d'exploration sont liées au personnage le plus détestable de Remake et Rebirth, l'infâme Chadley, qui va nous harceler toutes les deux minutes pendant nos trajets. À ce stade, c'est carrément du spam ! Personne ne t'aime Chadley, sache-le !
Ces phases d'exploration seront également l'occasion de s'essayer aux différents mini-jeux, qui sont nombreux. Certains sont carrément funs (comme le Queen's Blood, le jeu de carte de FF7), et d'autres sont franchement pénible. Je pense notamment aux phases de vol en chocobo, qui sont pas très amusantes, tant l'oiseau est peu maniable.
Difficile cependant de ne pas voir dans ces points d'intérêt une manière artificielle d'augmenter la durée de vie d'un titre qui se terminerait bien trop rapidement sans cela. En ce qui me concerne, c'est un carton rouge !
Ne me mori facias

On le sait, la Switch 2 n'est pas la console la plus puissante du moment, mais elle a plusieurs atouts, notamment sa portabilité (c'est bien plus léger qu'un Steam Deck !). En plus de ça, elle bénéficie des technologies d'upscaling, ce qui permet de soulager la console d'un point de vue calcul.
Toutefois, cette version Switch 2 de FFVII Rebirth doit faire quelques compromis. Adieu le 60 FPS : ici, le jeu est capé à 30 FPS, que ce soit en mode portable ou en mode docké. De plus, j'ai pu constater des baisses de framerate pendant ma partie, ainsi que du clipping, surtout présent en mode portable. Ce n'est pas très dérangeant en soi, mais ce sont des éléments qui font que cette version Switch 2 est un peu inférieure aux moutures PC et PS5, la Xbox Series S mise à part.
À l'instar de Kyotenshi, qui en parlait dans son test de FFVII Remake sur la même console, je trouve également que le rendu des cheveux est curieux, particulièrement en mode portable. En parlant du mode portable, ne comptez pas jouer pendant des heures au titre, à moins de vous balader avec votre chargeur (ce que je fais personnellement). En effet, comptez entre 2h et 2h30 maximum pour une session de jeu avant que la batterie ne soit vidée. Dommage !
Néanmoins, comme je l'ai déjà dit maintes fois, la direction artistique est bien plus importante que la finesse graphique ! Et de ce point de vue là, c'est une totale réussite. Que ce soit dans l'utilisation de la lumière ou dans le style général, FFVII Rebirth est beau, et ce malgré les concessions.
Un mot également sur les musiques... Comment vous dire... C'est une réorchestration des morceaux originaux et ils touchent particulièrement ma corde nostalgique. Les différents thèmes de FFVII sont sublimés, et c'est un vrai plaisir pour les oreilles.

Final Fantasy VII Rebirth est avant tout un cadeau fait aux fans du jeu original. Néanmoins, le titre possède de solides arguments pour séduire de nouveaux joueurs, que ce soit par son système de combat, ses musiques ou son histoire.
Cette version Switch 2, malgré ses compromis, reste un véritable tour de force. Pour un joueur nomade, c'est peut-être la version la plus intéressante, bien qu'elle ne soit pas la plus fine graphiquement. Un must-have pour les possesseurs de Switch 2 et les fans de J-RPG !






