Ranger’s Path : National Park Simulator – Affaire à suivre
Version testée : PC
Plates-formes disponibles : PC
Genre : Simulation / Exploration
Prix conseillé :
Date de sortie : 10/03/2026
Studio / Editeur : To-Go Games / astragon Entertainment
Clé fournie par l'éditeur, merci à eux !
Je dois vous le confesser. Je me suis fait avoir par le marketing avec Ranger's Path. On m'a vendu un Firewatch-like. Autant vous dire que mon sang n'a fait qu'un tour et que quelques heures après, j'installais le jeu sur ma machine pour en profiter avec quelques jours d'avance. Force est de constater que même si on peut déceler de menues similitudes avec le jeu de Campo Santo Studio, on s'en éloigne très rapidement pour se rapprocher d'une simulation relativement classique dans son approche, mettant en scène la vie d'un garde forestier dans un parc National américain, qui devient rapidement l'homme à tout faire pour garantir la sécurité des visiteurs et pour améliorer leur confort au mieux.
Dès les premières minutes, Ranger’s Path tente d’installer une atmosphère apaisante : on débarque avec un lever de soleil orangé sur les cimes, les oiseaux qui chantent, la rencontre avec quelques autres employés et nos toutes premières "missions". Après avoir récupéré notre radio et s'être mis en tenue, on est directement plongé dans des activités très routinières. On ramasse des déchets, on répare des clôtures, on vérifie la validité des passes visiteurs, on signale des feux de camp illégaux et on observe au loin les animaux grâce à notre appareil photo. La boucle de gameplay est claire, fonctionnelle, mais rarement surprenante, et on ne peut pas dire que les différents mini-jeux soient bien passionnants… (tourner une roue pour viser, faire des haut bas à la souris pour scier, peindre une flèche en faisant quelques psscht avec la souris, j'ai connu plus intéressant).

Le jeu tente une approche assez "réaliste" de la vie du garde forestier, qui se veut être bien moins folle qu'on le voit en général dans différentes œuvres. Chaque tâche est conçue avec un souci d’authenticité : on a plusieurs outils qu'on se trimballe en permanence pour retoquer les bancs à terre, pour refaire le balisage, retirer les canettes… le tout avec différents petits mini-jeux qui viendront rythmer vos lentes journées. Cette approche est plutôt bonne et la boucle de gameplay est satisfaisante, même si elle peut sembler rapidement redondante. Là où un Firewatch créait l’émotion par le récit et l’isolement, en évitant trop de s'attarder sur le côté rébarbatif des tâches, Ranger’s Path fait totalement l'inverse et se contente de nous pousser à répéter cette boucle, qui varie parfois avec de petites urgences communiquées par radio.
Sentiment renforcé par le fait que le jeu se lance en accès anticipé et qu'il veut avant tout mettre ses mécaniques à l'épreuve pour les revoir en cas de besoin, modulo les retours de la communauté. Et c'est assez dommage, car on sent quelques petites bribes narratives par-ci par-là, avec quelques mystères qui planent, mais ça ne va pas assez loin pour motiver à enchaîner les journées. En tout cas pour mon profil de joueur qui a besoin d'une trame narrative pour avancer.


L'accès anticipé risque d'ailleurs de faire grincer quelques dents. Sauf miracle de dernière minute, à l'heure où j'écris ces lignes (le 8 mars, deux jours avant le lancement), le titre est parsemé de bugs en tout genre et l'absence de sauvegarde automatique rend la progression très frustrante. Exemple bête : je démarre ma toute première partie, j'effectue diverses tâches et pour une raison que j'ignore, l'un des mini-jeux restaient à l'écran alors qu'il était terminé. J'avance un peu, souhaitant réparer un banc quelques mètres au-dessus, sauf que je ne peux pas changer d'outil. Je tente donc de recharger ma partie, mais impossible d'ouvrir le menu de jeu. J'ai dû totalement fermer le jeu pour le relancer et recommencer une première partie parce que je n'avais pas sauvegardé.
Le changement de périphérique en jeu est aussi mal géré. On peut utiliser la manette ou le clavier-souris, sauf que quand on change en pleine partie, c'est un peu la loterie, soit tout se passe bien, soit quelques activités sont à faire avec la manette pendant que d'autres se font à la souris. La rénovation des petits panneaux à peindre par exemple, je ne sais pas le faire à la manette et je dois utiliser la souris pour faire les petites flèches.

En parlant de la peinture, ça m'amène à l'optimisation, qui est quasiment inexistante en l'état. Par exemple, ce mini-jeu de peinture fait fondre la fluidité du jeu en tombant systématiquement à 20 images, avant de remonter quand ce dernier se termine. Si toutefois votre configuration se révèle très solide. De mon côté, que ce soit en Ultra, High ou Moyen, je peinais à dépasser les 60 images/seconde, alors que les trois modes affichent pourtant un rendu bien distinct.
Il faut dire qu'une fois que l'optimisation sera au rendez-vous, ce sera un véritable bonheur de déambuler dans ce parc. To-Go Games a fait très fort. Le jeu est visuellement une très grande réussite. C'est chatoyant, vivant et on a presque l'impression de sentir l'air de la nature au travers de son écran. La flore et la faune sont aussi assez réussies. Seuls les visiteurs semblent tous être clonés et mal modélisés au final. Gageons que tout cela soit amélioré avec les mises à jour à paraître. La feuille de route se veut ambitieuse, avec 3 mises à jour majeures d'ici la fin de l'année.
En l'état, j'ai beaucoup de mal à vous recommander Ranger's Path : National Park Simulator. Pas que le jeu soit mauvais, loin de là, mais son lancement en accès anticipé me semble un peu trop précipité. L'optimisation est quasiment inexistante et la boucle de gameplay bien trop rapidement redondante pour que ce soit plaisant plus de quelques heures. Si vous êtes prêt à passer outre cette technique très en dent-de-scie et que vous rêvez d'être un garde forestier, pourquoi pas, mais j'aurais tendance à vous inviter à patienter quelques semaines, en espérant que les patchs d'optis arrivent vite.







