Tattoo Tycoon – Sous l’aiguille, la pression du business !
Version testée : Xbox Series
Plates-formes disponibles : Xbox Series, Xbox One, Ps5, Ps4, Nintendo Switch et PC
Genre : Gestion, Simulation
Prix conseillé : 29,99€
Date de sortie : 24 octobre 2025
Studio / Editeur : Crazy Bunch / Handy Games
Clé fournie par l'éditeur, merci à eux !
Les jeux de gestion ont cette capacité étrange à transformer des métiers très concrets en boucles de gameplay presque hypnotiques. On a déjà géré des hôpitaux, des parcs d’attractions, des prisons, des stations-service… alors pourquoi pas un salon de tatouage ? Tattoo Tycoon part d’une idée simple mais efficace : nous placer derrière l’aiguille et nous faire comprendre que le talent ne suffit pas, il faut aussi savoir faire tourner la boutique.
On démarre modestement, dans un salon qui ne paie pas de mine. Peu d’équipements, peu de moyens, et surtout aucune réputation. Les premiers clients arrivent avec méfiance, demandent des motifs simples, et la moindre erreur peut impacter la satisfaction. Très vite, le jeu installe sa boucle : accueillir, comprendre la demande, réaliser le tatouage, encaisser, puis investir. Dit comme ça, ça paraît basique. Mais ce qui fonctionne, c’est la sensation de progression tangible. Voir son salon évoluer visuellement, sentir que les clients deviennent plus nombreux et plus exigeants, c’est là que le jeu accroche. Si Tattoo Tycoon repose avant tout sur sa boucle de gestion, le jeu prend tout de même le temps de poser un contexte narratif.
On y incarne un tatoueur qui décide de reprendre le salon de Maud, sa cheffe, alors que celle-ci est sur le point de fermer définitivement. Maud, dépassée par les difficultés financières, n’a plus vraiment d’options, et c’est là que le joueur intervient avec l’idée un peu folle mais ambitieuse de sauver le salon de la fermeture. Ce point de départ, simple mais efficace, donne un véritable sens à la progression : il ne s’agit pas seulement de faire grimper des chiffres, mais de redonner vie à un lieu qui compte. Au fil de l’évolution et du déblocage de nouveaux salons, on rencontre d’autres artistes tatoueurs, chacun avec sa personnalité, son style et son propre parcours. Ces échanges apportent une dimension plus humaine à l’ensemble et donnent le sentiment d’intégrer progressivement une communauté artistique. Le jeu ne transforme pas cette trame en grande fresque scénaristique, mais il s’en sert intelligemment pour donner un peu d’âme à la gestion pure, et ça fonctionne plutôt bien.


Le cœur de l’expérience repose évidemment sur la réalisation des tatouages, mais Tattoo Tycoon ne se limite pas à cette seule mécanique. Si les premières heures sont centrées sur la précision, la propreté du matériel et la gestion du temps pour satisfaire les clients, la progression ouvre rapidement de nouvelles perspectives. Le système d’étoiles joue ici un rôle clé : une fois les deux premières obtenues, de nouveaux salons deviennent accessibles, offrant un changement d’environnement mais aussi de nouveaux enjeux économiques et esthétiques. La troisième étoile, elle, demande davantage d’implication, puisqu’elle s’obtient en enchaînant les défis proposés par le jeu et en soignant la décoration du salon. Ce n’est plus seulement une question de technique, mais d’image et de gestion globale.
Autre élément intéressant, la possibilité d’embaucher un employé vient enrichir la dimension stratégique. On peut lui confier soit la réalisation des tatouages, soit les consultations avec les clients, ce qui change complètement la dynamique. On ne se contente plus d’exécuter chaque tâche soi-même, on commence à déléguer, à optimiser son organisation, à penser en véritable gestionnaire plutôt qu’en simple artisan. Ce glissement progressif, du tatoueur passionné au chef d’entreprise, donne un peu plus de profondeur au gameplay et renforce la sensation d’évolution sur la durée.


Tattoo Tycoon enrichit sa boucle avec plusieurs mini-jeux qui viennent rythmer les journées. Les consultations, par exemple, ne se limitent pas à un simple écran de dialogue. Le joueur doit poser des questions aux clients afin de cerner leurs goûts, leurs préférences et leurs attentes. Le système est clair et bien expliqué : différentes catégories sont mises en surbrillance, et au fil des réponses, des jauges se remplissent progressivement. Une fois complétées, elles se valident en vert ou en rouge, indiquant si l’on a correctement identifié les envies du client. Il faut alors sélectionner le bon tatouage, dans le style approprié et avec le thème correspondant, sous peine de voir la satisfaction chuter. Ce n’est pas particulièrement complexe, mais suffisamment interactif pour éviter toute impression d’automatisme.
La phase de réalisation du tatouage apporte, elle aussi, son propre mini-jeu. Selon l’emplacement choisi sur le corps, on devra tracer deux ou trois lignes avec précision, en suivant un tracé imposé. Certains endroits rapportent davantage, mais sont aussi plus douloureux pour le client. Il faut donc aller suffisamment vite pour optimiser le gain, tout en restant précis et en surveillant la jauge de douleur. Lorsque celle-ci devient trop élevée, il est nécessaire de nettoyer l’encre et de laisser le client respirer avant de reprendre. Ce petit équilibre entre rapidité, précision et gestion de l’inconfort donne un rythme intéressant à chaque séance. On n’est pas dans une simulation exigeante, mais le jeu réussit à instaurer une tension légère qui empêche de tomber dans une routine passive. L’ensemble forme une boucle cohérente : comprendre le client, proposer le bon motif, choisir stratégiquement l’emplacement, puis exécuter avec soin. Ce mélange entre lecture psychologique, choix économique et mini-jeu d’adresse renforce l’impression d’être à la fois artiste et gestionnaire. C’est simple dans sa conception, mais suffisamment varié pour maintenir l’attention sur la durée. Tout ceci peut bien sûr être délégué ou alors, passée en automatique, la consultation peut rapidement, à titre personnel, devenir un enfer quand les stencils ne sont pas disponibles ou que le thème n'est pas débloqué.



Côté progression, Tattoo Tycoon mise avant tout sur la sensation d’évolution constante. Le jeu trouve un bon équilibre entre montée en compétence et montée en responsabilité. Ce qui commence comme une activité presque artisanale, centrée sur la précision et le contact direct avec les clients, se transforme progressivement en véritable gestion d’entreprise. On passe de l’exécution minutieuse à la vision d’ensemble : organisation du temps, optimisation des revenus, amélioration de l’image du salon. Cette évolution fonctionne parce qu’elle est graduelle. Rien n’est brutal, rien n’est punitif. Chaque nouvelle étape donne l’impression d’avoir été méritée. On ne change pas simplement d’environnement, on sent que l’on a gagné sa place. Et c’est là que le jeu réussit quelque chose d’important : il rend la progression naturelle. On ne débloque pas seulement du contenu, on construit réellement son parcours. C’est simple dans sa structure, mais suffisamment bien rythmé pour maintenir l’envie d’avancer.


Visuellement, le jeu adopte une direction artistique simple mais cohérente. Ce n’est ni flamboyant ni particulièrement audacieux, mais l’ensemble reste lisible et agréable. Le salon évolue de manière visible, ce qui renforce cette sensation de progression. En revanche, l’ambiance sonore aurait mérité un peu plus de personnalité. Un salon de tatouage, c’est souvent un univers fort, une identité marquée, une atmosphère presque électrique. Ici, tout reste assez sage, presque trop propre pour un milieu qui pourrait être plus brut, plus vivant.
Avec sa boucle consultation-choix-exécution, ses mini-jeux accessibles et sa progression structurée autour des étoiles et du déblocage de nouveaux salons, Tattoo Tycoon propose une expérience cohérente et agréable. L’ajout d’une petite trame narrative autour de Maud et des autres artistes donne un supplément d’âme qui évite l’impression d’un simple simulateur de chiffres. Ce n’est pas le tycoon le plus ambitieux du marché, ni le plus marquant visuellement, mais c’est un jeu qui comprend parfaitement ce qu’il veut être : une gestion artisanale accessible, progressive et satisfaisante. Et parfois, c’est exactement ce qu’on recherche.


Tattoo Tycoon ne cherche pas à révolutionner le genre, et il ne prétend jamais le faire. Là où il fonctionne, c’est dans sa capacité à rendre satisfaisante une activité qui aurait pu n’être qu’un simple enchaînement de clics. Les mini-jeux apportent juste ce qu’il faut d’interaction pour éviter l’ennui, la gestion des consultations donne un petit côté “lecture du client” plutôt bien pensé, et la réalisation des tatouages, avec cette gestion de la douleur et du rythme, crée une tension légère mais efficace. Ce que j’ai apprécié, c’est cette transition progressive entre le tatoueur passionné qui sauve le salon de Maud et le gestionnaire qui développe plusieurs établissements, recrute du personnel et optimise son organisation. On sent vraiment la montée en responsabilité. Ce n’est pas profond au point de bouleverser le genre, mais c’est suffisamment bien dosé pour accrocher. Tattoo Tycoon est un jeu honnête. Il ne déborde pas d’ambition, mais il maîtrise son concept. C’est typiquement le genre de titre que l’on lance pour une session rapide… et où l’on se surprend à enchaîner quelques journées de plus pour décrocher l’étoile suivante ou optimiser un salon.



Points forts
Points faibles



