REANIMAL – Un nouvel univers envoûtant
Version testée : Nintendo Switch 2
Plates-formes disponibles : PC, Xbox Series, PS5 et Nintendo Switch 2
Genre : Aventure-Plateforme (Cinematic platformer)
Prix conseillé : 39,99€
Date de sortie : 13 février
Studio / Editeur : Tarsier Studios / THQ Nordic
Clé fournie par l'éditeur, merci à eux !
Qu'il était difficile d'attendre REANIMAL, surtout après un Little Nightmares 3 qui a perdu un peu de son âme en changeant de propriétaire. Heureusement pour nous, REANIMAL s’impose comme le véritable héritier de Little Nightmares, à savoir, un cinematic platformer horrifique qui lorgne autant du côté d’INSIDE que de la propre histoire de Tarsier, même si tout n'est pas parfait, la faute à une version Nintendo Switch 2 un peu capricieuse techniquement.


Si vous craigniez que ce nouvel univers change un peu trop d'ambiance, je peux d'ores et déjà vous rassurer. On sent tout de suite qui est aux commandes et Tarsier Studios reprend tout ce qui lui tient à coeur, à savoir : des silhouettes d’enfants minuscules, des décors du quotidien déformés en cauchemars, des créatures vaguement humaines qui s'avèrent toutes parfaitement dérangeantes. REANIMAL reprend le langage visuel et thématique de l'équipe créative et pousse même le trip plus loin, via son duo de personnages (amis ou frère et soeur ? à vous de juger !), pris au piège sur une île qui semble digérer leurs peurs d’enfants. La structure évolue un peu, avec un hub contenant diverses zones distinctes, chacune centrée sur une obsession (station-service abandonnée, laveries inquiétantes, lotissements en décomposition), rappelant la progression chapitrée de Little Nightmares mais modernisant son approche avec des lieux plus vastes et variés. Là où Little Nightmares suggérait, REANIMAL se permet quelques scènes plus frontales, presque bestiales, tout en laissant une grande part à l'interprétation et en parsemant le monde de détails savoureux.

En termes de ressenti, REANIMAL pioche clairement dans ce qu’INSIDE a fait de mieux : l'inertie des personnages est toujours très accentuée, les animations sont soignées et regorgent de petites subtilités, la caméra cadre chaque fuite et chaque énigme comme un plan pensé à l’avance, pouvant parfois frustrer à cause de quelques blocages qui ont valu quelques morts à mon compagnon de fortune et moi-même. La progression alterne infiltrations, séquences de poursuite scriptées et petites énigmes environnementales basées sur le poids, la lumière et le bruit, sans jamais tomber dans le puzzle qui casse le rythme de l'aventure. C'est d'ailleurs une des grandes forces de l'oeuvre. Tout se fait avec une aisance redoutable, cassant presque le côté jeu vidéo de l'ensemble et donnant l'impression de vivre un film d'animation interactif. Comme dit plus haut, on a cette fois-ci un monde "ouvert", avec un bateau qui sert à passer d'une zone à l'autre en traversant une espèce de lac inquiétant. Faites attention aux détails, vous risqueriez de rater quelques surprises en suivant le chemin balisé !

L'intégralité de l'aventure peut se faire en coop (ce fut le cas pour moi), ajoutant encore un peu à l'immersion et à la tension. Il est primordial de garder les deux personnages dans le cadre, sinon c'est le Game Over après quelques secondes. C'est du détail encore une fois, mais ça renforce l'immersion et ce sentiment de fragilité qui rend les deux héros dépendants l'un de l'autre.
REANIMAL frappe fort avec une DA qui mélange décors réalistes en décrépitude et touches surréalistes animales, à mi-chemin entre cauchemar d’enfant (un classique pour le studio donc) et fable sociale. Les masques d'animaux, les silhouettes hybrides et les visages humains déformés créent une étrangeté constante, plus dérangeante que sur les Little Nightmares et bien plus viscérale. Je ne pouvais pas recommander LN à un jeune public, c'est d'autant plus vrai avec ce nouveau titre qui est parfois très dérangeant. La bande-son est de son côté assez discrète et travaille surtout sur l'environnement sonore : le vrombissement des machines, les craquements lointains, les quelques souffles hors champ, avec de rares moments musicaux qui viennent renforcer et ajouter un stress supplémentaires lors des poursuites ou des confrontations majeures. L’ensemble donne ce feeling d’être constamment menacé, même dans les rares moments de répit, ce qui ancre le jeu dans une horreur psychologique plus que dans le jumpscare auxquels cèdent souvent les jeux horrifiques.



Vient maintenant le moment de parler technique. Sur la Nintendo Switch 2, REANIMAL propose deux modes : Performance et Qualité. Une fois n'est pas coutume, ma préférence va envers le premier mode, qui vise la fluidité avec un framerate qui se cale autour de 60 FPS et reste plutôt stable, au détriment de quelques effets de flous et quelques apparitions tardives de textures. Le mode Qualité, lui, remonte la résolution, affine textures et éclairages, mais introduit des chutes de framerate perceptibles dans les séquences les plus chargées, ce qui se ressent immédiatement et casse régulièrement le rythme de l'aventure. Dernier point et pas des moindres. Lorsque l'on meurt ou qu'on charge un checkpoint, il faut composer avec un chargement de 10-15 secondes. C'est assez court vous me direz, mais quand on compose avec 2-3 secondes depuis plusieurs années, ça semble être une éternité !
REANIMAL n’est pas seulement un Little Nightmares sous hormones, c’est une véritable évolution de leur formule, plus ample, plus coopérative, et parfois plus cruelle. Il reprend le meilleur du cinematic platformer à la INSIDE, y injecte une dynamique de duo très réussie et une direction artistique qui marque la rétine, tout en trébuchant légèrement sur quelques soucis techniques. Sur Nintendo Switch 2, le titre reste très recommandable, à condition d’accepter ces compromis et de privilégier la fluidité à la démonstration technique.






