StarRupture – Quand Factorio rencontre Starship Troopers
Version testée : PC
Plates-formes disponibles : PC
Genre : Survival Builder
Prix conseillé : 19.99€
Date de sortie : 6 Janvier 2026 (accès anticipé)
Studio / Editeur : Creepy Jar
Clé fournie par l'éditeur, merci à eux !
Si je vous dis Creepy Jar, vous pensez immédiatement à Green Hell, ce jeu de survie en Amazonie où une simple sangsue pouvait signifier la fin de votre partie. Le studio polonais a décidé de quitter la boue terrestre pour les étoiles avec un projet ambitieux, longtemps teasé sous le nom de code "Chimera", et désormais baptisé StarRupture.
Prenez la complexité industrielle de Satisfactory ou Factorio, ajoutez y la tension des vagues d'ennemis de Starship Troopers, et collez le tout en vue subjective (FPS) avec un moteur graphique qui décolle la rétine et vous obtenez StarRupture.
Sur le papier, c'est le mariage parfait. Mais attention, mélanger gestion d'usine complexe et shooting nerveux est un exercice périlleux. Le jeu sort tout juste en Early Access (Accès Anticipé), et la question est de savoir si StarRupture est une machine bien huilée ou une usine à gaz qui explose au premier démarrage. J'ai enfilé mon exosquelette, attrapé ma perceuse industrielle et mon fusil d'assaut pour vérifier ça.




Faire face à l'Apocalypse
Dans StarRupture, vous êtes un pionnier envoyé sur une planète au système solaire instable pour extraire des ressources précieuses. L'astre principal de ce système est capricieux : il provoque régulièrement des cataclysmes climatiques et énergétiques appelés "Ruptures".
Ne vous attendez pas à une narration cinématographique à la Cyberpunk. Ici, le scénario est environnemental. Vous atterrissez, l'IA de votre combinaison vous donne les objectifs basiques, et c'est à vous d'écrire votre propre histoire de survie.
L'intérêt narratif réside plutôt dans le "Lore" de la planète elle-même. Contrairement à Green Hell qui jouait sur la folie psychologique, StarRupture joue sur l'oppression industrielle face à une nature hostile. On sent que nous sommes des envahisseurs. La planète ne veut pas de nous, et elle nous le fait savoir à coup de tremblements de terre, d'éruptions volcaniques et, bien sûr, de hordes de créatures extraterrestres qui voient nos foreuses comme des agressions directes. C'est simple, efficace, et ça justifie parfaitement pourquoi on doit passer notre temps à bétonner la faune locale.




L'équilibre instable entre Création et Destruction
StarRupture repose sur trois piliers qui doivent s'imbriquer parfaitement : Explorer, Construire, Combattre.
Si vous avez déjà joué à Satisfactory, vous serez en terrain connu, mais avec une touche plus "brutale". Vous posez des fondations, installez des extracteurs de minerai, tirez des câbles électriques et des tapis roulants.
Il ne s'agit pas juste de "miner". Il faut gérer l'énergie (solaire, éolien, biomasse), mais aussi les flux de ressources. Si votre tapis roulant est saturé, votre foreuse s'arrête. Si votre foreuse s'arrête, vos générateurs n'ont plus de charbon. Si les générateurs coupent... vos tourelles de défense s'éteignent. Et là, c'est le drame.
C'est là que le jeu se distingue de ses concurrents pacifiques. L'activité industrielle génère des perturbations. Plus vous creusez, plus vous énervez la planète. Les ennemis attaquent par vagues. Au début, ce sont de petits insectes que vous gérez au pistolet. Très vite, ce sont des mastodontes blindés.




Vous ne pouvez pas être partout à la fois. Vous devez construire des murs, des tourelles automatiques et des pièges. Le moment de bravoure arrive quand une vague déferle : vous êtes sur le rempart, réparant une tourelle fumante d'une main tout en arrosant les monstres de l'autre, pendant que vos usines continuent de tourner en arrière-plan pour produire les munitions que vous consommez en temps réel. Cette boucle de "Logistique pour la Guerre" est grisante.
Le monde est ouvert et généré de manière procédurale (ou semi-procédurale selon les biomes). L'exploration est nécessaire pour trouver des ressources rares (uranium, cristaux exotiques) afin de faire évoluer votre technologie. L'ajout du jetpack rend les déplacements verticaux très plaisants.
Un chantier prometteur mais en travaux
C'est un Accès Anticipé, il faut donc juger le potentiel autant que le contenu actuel.
Comptez environ 20 à 30 heures pour atteindre le "Tier" technologique maximum disponible actuellement et avoir une base qui tourne rond. C'est honnête, mais les joueurs les plus voraces en feront le tour en un week-end intensif.
La force du jeu réside dans un gameplay pensé pour la coopération jusqu'à 4 joueurs. Un joueur peut se dédier à l'optimisation des tapis roulants et de l'énergie, un autre à l'exploration lointaine, et les deux derniers à la fortification et à la patrouille. Le jeu prend une toute autre dimension en équipe, transformant la micro-gestion frustrante en une symphonie logistique bien huilée.



La génération procédurale des cartes aide, mais pour l'instant, le bestiaire manque un peu de variété. Une fois qu'on a compris le pattern des 4-5 types d'ennemis principaux, la menace devient plus une question de "nombre" que de "stratégie".
Il manque encore des biomes et des paliers technologiques "End Game" (fin de jeu) pour nous tenir en haleine sur 100 heures et plus, comme le font les ténors du genre.
Unreal Engine 5 aux commandes
Le jeu est superbe. L'Unreal Engine 5 est utilisé pour créer des environnements alien crédibles, avec une végétation dense, des éclairages dynamiques (le cycle jour/nuit est magnifique) et des effets de brume volumétrique saisissants. Les catastrophes naturelles (les fameuses Ruptures) sont spectaculaires : voir un mur de feu ou une tempête approcher de sa base donne de vrais frissons.
Le point noir classique est que si vous avez une machine de guerre (RTX 4080 et gros processeur), c'est fluide. Pour les configurations moyennes, attendez-vous à des chutes de framerate violentes, surtout quand vous avez une grosse usine avec une vague de 50 ennemis et des effets de particules. Le CPU est mis à rude épreuve par la simulation logistique.
Le sound design est immersif. Le bruit constant des machines crée une ambiance industrielle "cozy" pour les fans du genre, brutalement interrompue par les cris stridents des aliens qui glacent le sang. La spatialisation du son est correcte, essentielle pour savoir d'où vient l'attaque.
Conclusion
StarRupture débarque avec des bottes de plomb et une ambition démesurée. Il réussit le pari risqué de fusionner la gestion pointue (logistique, énergie, craft) avec l'action brutale d'un FPS de survie. Ce n'est pas un jeu pour ceux qui veulent juste "tirer sur des trucs", ni pour ceux qui veulent "construire zen sans pression". C'est un jeu pour les gestionnaires de crise, ceux qui aiment résoudre des problèmes logistiques sous le feu ennemi.
Pour une sortie en Early Access, la copie est propre, très belle, et la boucle de gameplay est déjà addictive, surtout en coop. Si les développeurs suivent le même sérieux que pour Green Hell avec des mises à jour régulières, on tient là une pépite.


Points forts
Points faibles



