Cozy Caravan – Un jeu tout pipou
Version testée : PC
Plates-formes disponibles : PC et Nintendo Switch
Genre : Aventure
Prix conseillé : 19,50€
Date de sortie : 8/1/2026
Studio / Editeur : 5 Lives Studios
Clé fournie par l'éditeur, merci à eux !
Cozy Caravan est un de ces jeux parfaits pour se remettre d'une fin d'année chargée et (souvent) animée ! Je cherchais une œuvre mignonne et sans prise de tête, et c'est exactement ce que j'ai trouvé avec ce titre. Un petit cocon douillet où le temps passe avec douceur. Une coupure d'autant plus nécessaire pour moi qui suis en train de me refaire la trilogie Mass Effect, bien plus cru émotionnellement et plus bourrin. Cozy Caravan ressemble ainsi à une parenthèse apaisante, un road‑trip tranquille où l’on prend la route , accompagné par une ribambelle de petites créatures avec qui on sympathise en rendant au passage quelques petits services.
Ce qui me fait craquer en général avec ce type de jeu, c'est la direction artistique. C'est très chatoyant, et pour autant assez doux. Il m'a toutefois fallu quelques minutes pour me faire aux animations. Les personnages ont des mouvements légèrement saccadés, comme sortis d’une production en stop‑motion (on peut le désactiver, c'est ce que j'ai fait), et sont entourés par des décors évoquant des dioramas. Les formes arrondies et l’absence totale d’agressivité visuelle contribuent à créer un monde apaisant, où l’on se sent immédiatement en sécurité, pour peu que l'on accroche à ce style, ça va de soi.

Sa structure de jeu est à la fois simple et étonnamment satisfaisante. La boucle principale s’articule autour d’un cycle hebdomadaire : pendant la semaine, on explore, on récolte des ressources, on cuisine, on fabrique des objets et on accepte de petites requêtes des habitants. Le week‑end, on installe sa caravane sur la place du village pour tenir un marché, vendre ses préparations et répondre aux commandes des clients. Cette alternance entre préparation et vente, entre le calme de la collecte et l’effervescence (somme toute relative) du marché crée un rythme naturel qui pousse à enchaîner les journées sans s’en rendre compte.
Pour animer l'ensemble, on a droit à toute une batterie de mini‑jeux et de petites tâches qui sont relativement sommaires mais qui parviennent, au final, à livrer une expérience étonnamment prenante. Les mini‑jeux de cuisine jouent sur des actions simples, on découpe, mélange, cuit, avec un timing permissif qui laisse assez peu de place à l'erreur. La conduite de la caravane est aussi réduite à sa plus simple expression, servant avant tout de transition contemplative entre les zones, l’occasion de profiter des paysages et de faire quelques haltes ça et là pour récupérer des ingrédients ou discuter avec les locaux.

En bref, c'est très simple et jamais punitif pour un sou. Le but affirmé est ici de flâner, passer d'une activité à l'autre le sourire aux lèvres et pouvoir améliorer ce que l'on veut sans devoir s'échiner à la récupération de trop de ressources. En cela, le jeu peut d'ailleurs frustrer. Si vous cherchez un jeu sur lequel buter des heures pour améliorer un élément de jeu, vous serez déçu. La boucle est rapide et est faite pour ceux ne pouvant consacrer que peu de temps à leurs activités ludiques.
A côté de cela, il convient également de parler de l'écriture générale du jeu, puisqu'on va être amené à régulièrement converser avec tout un tas de personnages. Vous allez faire beaucoup de rencontres durant le jeu. Les dialogues sont simples et souvent très mignons. J'irais même jusqu'à dire que beaucoup sont assez niais. Pour autant, ça fonctionne, tant tout semble écrit avec une sincérité désopilante. L’amitié entre les protagonistes, la présence rassurante des animaux, l’ambiance de communauté improvisée autour de la caravane, tout vise à donner le sentiment de faire partie d’un monde qui prend le temps de savourer chaque petit geste, et rappelle dans le même temps combien "ces petits gestes" sont important.

Une approche appréciable, mais qui montre certaines limites, surtout après plusieurs heures de jeu. De par sa structure, le jeu amène à une certaine routine qui peut vite sembler rébarbative. Très subjectivement aussi, j'admets que la gentillesse exacerbée de chaque individu provoque un malaise similaire à celui que j'ai eu en visionnant Pluribus (qui n'a pourtant pas grand-chose à voir, si ce n'est l'apparence gentillesse affichée). Ainsi, il me semble important de préciser qu'il convient de profiter du jeu par petites touches. En enchaînant les heures, on peut vite se retrouver écœuré par la proposition.
Cozy Caravan remplit très bien la promesse qu’il se fixe : proposer un jeu tout mignon, qui occupe agréablement le temps, tant qu'il est consommé à petites doses. Ce n’est pas vraiment une grande aventure, mais une succession de petits récits mignons, qui peut vous accompagner le temps de quelques soirées.






